Résultats électoraux, résultats économiques, résultats politiques...

Publié le 7 Décembre 2011

Elections, en Russie, en Egypte, en Tunisie, l'AKP qui perdure en Turquie, quel est le secret des résultats électoraux ?

 

  • Le scrutin en Russie indique une usure du pouvoir, mais aussi une réelle popularité des gouvernants, malgré ce que l'on dit en occident.

Il reste que des points noirs se profilent à l'horizon : corruption, économie de rente, luxe tapageurs des oligarques, évasions de capitaux.

Bien entendu, il y a  eu des fraudes, mais c'est bien connu, ces fraudes n'ont pas lieu en occident, que ce soit en Floride, en Ohio, ou dans la banlieue parisienne, où certaines élections sont régulièrement invalidées, et il n'y a pas non plus manipulation par exemple avec l'aide sociale...

 

En réalité, tous les régimes manipulent, plus ou moins les élections, certains le font habilement, certains de manière plus frustre, mais parle -t-on aujourd'hui de la pantalonnade de l'élection présidentielle US de 2000 ? Au moins, la manipulation de 2004 est elle passé inaperçue.
Bien entendu, les machines à voter, c'est fait pour faciliter la tâche (des fraudeurs). Parce que frauder de manière classique, c'est long, coûteux, et nécessite une infrastructure considérable.

 

Le parti "Russie Unie", recule de 64.3 à 49.50 %, la percée communiste est forte : de 11,57 % à 19.1 %, comme la percée de Russie Juste (de 7.7 à 13.2 %).

A droite, c'est le parti libéral démocrate qui progresse le plus, de 8.1 à 11.7, il est surtout nationaliste.

Le petit roquet qui crie le plus fort, ce sont les vrais libéraux, passés de 1.5 % à 3.3 %, caricature du "parti de l'étranger" (ses plus forts résultats sont à l'étranger), criant à la fraude sur l'air des lampions, et amplement répercuté en occident.

Pourtant, en la matière, le vrai parti d'opposition, c'est le parti communiste. C'est surtout lui qui aurait été victime des fraudes. . Ainsi que la gauche, et les ultra-nationalistes...

Mais cela est plutôt évacué en occident...

Les partisans de l'occident, font plutôt dans la catégorie "nains de jardin".

 

  • Dans le monde musulman, c'est la poussée islamiste. Forte en Egypte, plus faible en Tunisie, elle est la rançon :

- de la répression antérieure,

- de l'état passé de l'économie.

Mais là, on voit mal comment l'accession au pouvoir des islamistes entrainerait une stabilisation de la situation.

Distribuant l'aide sociale, il en ont tiré les dividendes (pour les frères musulmans), mais sans solution pour l'avenir.
En effet, au niveau économique, ils sont loin d'être "en rupture", et même très classiques, y compris pour les salafistes, contraints souvent à des virages à 180 % sur certains sujets maintenant qu'ils sont aux portes du pouvoir. 

 

Passé un "état de grâce", c'est leur capacité à donner des revenus et du travail qui sera jugée. Le voile et la Charia, ça ne remplit pas l'estomac.

La situation économique s'est aggravée, et une première relance ne pourrait venir que de "l'industrie" habituelle egyptienne, c'est à dire le tourisme...

Vu le contexte, de paupérisation en Europe, de troubles en Afrique du nord, c'est peu probable.

 

  • La Turquie, quand à elle, vote AKP, parti installé au pouvoir depuis 10 ans. Mais son miracle économique, certain, n'est pas exempte des tares constatées en Occident : piétinement des salaires, recours à l'endettement, déficit énorme des comptes extérieurs.

On lui demande d'ailleurs les mêmes efforts qu'en occident : "réduire le coût excessif du travail"...

A cela s'ajoute bien entendu, les mauvaises relations avec les voisins. Si elles se sont améliorées relativement avec certains, elles se sont aggravées avec la Syrie, aussi avec l'Iran, qui a averti que le BMDE turque serait le premier visé en cas de guerre, inégales avec l'Irak et le kurdistan irakien, sans parler de son énorme minorité Kurde...

Et les dernières rodomontades avec la Syrie, ont pris des accents ottomans intolérables aux oreilles des voisins...

 

Sans compter, qu'attaquer la Syrie, ce sera sans doute aussi, attaquer l'Iran et le Hezbollah et le Hamas...

 

Donc, le triomphe des islamistes sunnites ne seraient que le prologue à la confrontation avec les chiites ???

 

Par Patrick REYMOND " La Chute"

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

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