Retour sur l’excision et l’infibulation : des suites médicales graves. Par Sophie Durand

Publié le 4 Juillet 2012

 

Sophie Durand - Riposte Laïque

Il est difficile d’en parler, comme de tout ce qui concerne la femme en islam : c’est un tabou, et l’évoquer est dangereux pour ceux et celles qui le font :

http://www.elle.fr/Societe/News/Liberia-menacee-pour-avoir-ecrit-un-article-sur-l-excision-1976770#

Riposte laïque a parlé déjà de l’excision :

 http://ripostelaique.com/pourquoi-naja-belkacem-ne-dit-elle-pas-que-lexcision-fait-partie-des-coutumes-de-lislam.html

http://ripostelaique.com/revolutions-arabes-a-tunis-un-islamiste-defend-lexcision-au-nom-dallah.html

Ces articles très instructifs n’ont pas assez insisté faute de place ou de temps sur la barbarie  des suites médicales de l’excision (http://fr.wikipedia.org/wiki/Excision) et surtout  de l’infibulation, qui interdit tout rapport sexuel. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Infibulation)

Il est à noter aussi que l’excision parfois appelée circoncision féminine, n’a rien à voir avec la circoncision masculine comme certains essaient de le faire croire. La circoncision masculine (à ne pas confondre avec la castration) est « seulement » l’ablation d’un morceau de peau. ( Qu’on me corrige si je me trompe.) L’excision étant l’ablation d’un morceau de nerf (le clitoris), elle est  beaucoup plus douloureuse, et atteint trop souvent des organes voisins.  Il y a d’ailleurs un risque non négligeable de décès chez la femme lors de l’opération elle-même.

Il faut redire bien sûr et souligner que non seulement on assure par là le contrôle sexuel de la femme et sa soumission, car plus jamais, sauf exceptions, la femme excisée et infibulée ne connaît le désir de l’acte sexuel, rendu d’ailleurs matériellement impossible jusqu’à désinfibulation,  mais que de plus elle a pour cet acte une répugnance causée par la douleur vive ressentie pendant l’opération,  douleur qui ne s’efface jamais de la mémoire, et est ressentie ensuite à chaque union avec le sexe masculin. Par ces opérations le mâle assure la fidélité de la femme, non par amour mais par l’insoutenable violence subie et par le dégoût invincible qui s’ensuit.

Mais plus encore, et c’est ce sur quoi je souhaite insister, en ce qui concerne le coté sanitaire seul, en raison de la plus ou moins large et maladroite ablation, de la suture très serrée subie dans l’infibulation, et de l’étroitesse de l’orifice laissé, la femme excisée et infibulée peut connaître divers troubles graves.

D’abord, la rétention urinaire, qui rendra difficile et douloureuse la miction, rétention souvent cause d’infections urinaires et par là, rénales. Mais si l’opération a été trop profonde et maladroite, en raison de la proximité des organes la femme peut connaître aussi l’incontinence urinaire et même fécale, avec tous les problèmes liés à cette absence de maîtrise de l’urine et des selles, l’un des problèmes étant forcément le surcroît d’exclusion sociale de la femme, déjà exclue de la vie en société par le système machiste dans lequel elle vit.

Elle peut connaître aussi des infections à répétition par suite de l’atteinte ou de l’ablation des glandes de Bartholin, qui se situent à l’entrée du vagin et sont destinées à lutter, justement, contre les infections.

Il peut y avoir également une rétention des règles, à cause de l’étroitesse de l’orifice laissé. Le sang alors envahit tout l’appareil génital et y stagne.  Dans certains cas, (je ne sais selon quelle fréquence) cela va même jusqu ’à la création, à la longue, d’une poche de rétention du flux menstruel juste avant l’orifice du vagin, poche qui prendra une place difforme et boursouflée, exériorisée  ou non au fil des ans, remplie de flux souvent infecté, risque de septicémie, de tétanos car ce flux n’est pas fait pour être conservé ainsi, et cette rétention de plusieurs litres est une source de douleurs, de désagréments variés,  qui se termineront parfois aux urgences hospitalières, et d’une odeur tellement nauséabonde que là aussi la femme sera encore plus exclue socialement.

En ce qui concerne les premières relations sexuelles, il faut désinfibuler la femme :  le mari est la plupart du temps obligé de forcer le passage, voire de le trancher lui-même avec un couteau ou un sabre : belle et tendre nuit d’amour assurée pour la jeune mariée, et qui ne peut que perturber psychiquement le mari lui aussi, obligé d’adopter un comportement de violeur, ce qui est un autre thème à lui tout seul.  Dans les cas les plus difficiles, on doit recourir aux soins de la chirurgie pour ouvrir le passage, et la nuit de noces peut se terminer aux urgences. Le mari peut aussi prendre plusieurs semaines, traumatisantes, pour « consommer », en charcutant au fur et à mesure l’orifice pour l’agrandir. De toute manière l’acte sexuel reste douloureux pour la femme et  souvent aussi pour  l’homme vue l’étroitesse obtenue artificiellement.

L’accouchement est rendu difficile par l’étroitesse du passage,  par l’épaississement, la perte d’élasticité et le durcissement des tissus opérés et des cicatrices, et il en est ralenti, ce qui peut causer des souffrances foetales, et  un handicap de l’enfant, qui ne peut pas respirer en temps utile et dont le cerveau manque donc d’oxygénation. Dans quelques sociétés la mère peut être répudiée pour avoir donné le jour à un handicapé. Ou pour être devenue stérile, car la stérilité peut résulter d’un accouchement perturbé. Parfois cette longueur de l’accouchement peut entraîner tout simplement le décès de l’enfant et celui de la mère.

Notons également que souvent l’ouverture doit être agrandie chirurgicalement lors de l’accouchement, et que la femme est souvent réinfibulée après, à la demande du mari, avec tous les nouveaux risques d’atteinte des organes voisins, risques de nouveaux dégâts causés à des tissus déjà atteints,  de cicatrices réouvertes, charcutées et surinfectées.

Tout cela sans parler des suites psychologiques : dépressions, suicides, couples détruits, etc.

Je possédais il y a quelques années un document détaillé là-dessus, de plusieurs centaines de pages, dont je me suis séparée,  pensant que cette barbarie allait être éradiquée.  Grossière erreur hélas car elle est en recrudescence et concernerait 130 ou 140 millions de femmes dans le monde. Pratiquement la totalité des femmes égyptiennes sont excisées : 98 %. Sans parler du continent africain et de l’immigration en Europe, et en France. Mais on peut tout retrouver sur le net, et noter que mon petit résumé est certainement en dessous de la vérité. Ce document, issu d’une organisation internationale, est resté en partie gravé dans ma tête.

Enfin soulignons que ces opérations ne sont pas issues de l’islam, elles existaient avant lui, mais elles ont été récupérées par lui et l’islam a une large responsabilité dans leur perpétuation, justifiée par des « personnalités » musulmanes telles que Qaradawi et donc les frères Ramadan : http://pointdebasculecanada.ca/index.php?option=com_content&view=article&id=1386-quand-les-laquosavants-musulmans-raquo-justifient-les-mutilations-genitales&catid=9&Itemid=103, lorsqu’elles ne sont pas carrément encouragées par des imams : de l’imam Ghanim dont parle Chantal Crabère, à cette émeute fomentée par d’autres imams pour défendre l’excision : http://fr.allafrica.com/stories/200905150628.html, en passant par les salafistes, qui la mettent carrément dans leur programme : https://blogs.mediapart.fr/blog/claude-ribeyrol/230612/que-la-revolution-est-belle

Le prophète paraît-il a dit que l’excision rendait plus belle la femme et faisait honneur au mari, ce qui montre bien la perversité de l’opération  et des opérateurs : comment le mari peut-il se réjouir de la diminution  voulue et organisée de son épouse ? Il me semble que l’amour véritable,  au contraire, souhaite un (ou une) partenaire toujours plus entier, toujours plus lui-même, en tout cas sans aucune  diminution programmée, ni physique ni mentale, et surtout sans risque médical imposé.

Tout ceci est sans doute déjà connu de tous mais on n’insistera jamais assez. On me pardonnera je l’espère d’avoir été aussi crue dans mes explications, mais sans doute la réalité l’est encore plus, et il faut montrer toute la barbarie inouïe de cette pratique, qui, ironie de la situation, se retourne en fait contre l’homme lui-même par l’épouvantable état sanitaire qui en résulte pour la femme, dont Mao disait qu’elle constitue quand même la moitié de l’humanité. Mais pour certains elle est moins que du cheptel, et cela  est intolérable, insoutenable et insupportable.

Sophie Durand

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

Commenter cet article