"Rêves d'avenir" de Jacques Attali- par Nancy Verdier

Publié le 16 Mai 2011

Par Nancy Verdier 

RÊVES d’AVENIR

  • Quand on ne sait plus que dire du présent, que l’on n’y trouve que peu de satisfactions ou que c’est un espace trop restreint pour y promener son attention, on fait comme Jacques Attali, on se projette dans l’avenir et on imagine le monde de demain.
     
    Depuis 1975, cet écrivain  utopiste, mélomane, éminence grise, politicien, économiste, j’en passe, a eu l'habileté – tout en évoluant dans une mouvance des plus confortables - d’écrire essentiellement sur ce qu’il croyait être notre société et d’imaginer son avenir. Il a également eu le mérite de prendre des thèmes d’études plutôt consensuels et dans l’air du temps,  qui ne se prêtaient pas vraiment à la contradiction  mais  aussi de se tromper sur bien des  choses, d’en  passer à la trappe pas mal d’autres, de n’apporter aucune solution concrète à des problèmes réels et de bâtir dans ses fictions un monde à l’image de son utopie mégalomaniaque.
     
    Depuis 1990 et plus précisément depuis la Chute du Mur de Berlin (9 novembre 1989) pas moins de vingt-cinq titres allant de Lignes d’horizon  (1990) (où il tente de donner un sens au monde agité qui se profile entre libéralisme et jeu financier) à Tous ruinés dans dix ans  (2010) (où il évoque la dette abyssale publique insupportable des Etats) puis, Sept leçons de vie (2010) ( où pour survivre à la crise il donne certains conseils dont le respect de soi, l’empathie, la résilience, la créativité et autres) et le tout dernier Demain qui gouvernera le monde ?  (2011) (où il dépeint un monde chaotique, dangereux entièrement incontrôlable et dérégulé et invite à concevoir à l’aube d’un nouveau 4 Août, « un gouvernement mondial »).
    Depuis 1990 donc, tout s’accélère et va crescendo, sans solution ni locale, ni globale et  c’est au Chaos que nous sommes tous convoqués….comme au Jugement Dernier. Une nouvelle crise financière et bancaire  se profile, pire que la précédente et pour laquelle le contribuable sera « invité » à  banquer.

  • La théorie du Chaos qui a fait flores ces vingt dernières années démontrait qu’une dynamique, un mouvement  n’était pas régulé en totalité par des lois physiques stables et qu’une part était laissée à l’improbable et au hasard, par opposition aux théories déterministes plus anciennes. Ramenée à la gouvernance d’un ensemble de structures humaines mouvantes, une ville, une région, un pays, cette théorie peut donner lieu à des interprétations diverses allant  de la tolérance au laxisme, au crime impuni et ainsi de suite.
    Vous voyez sans doute où je veux en venir, car en redescendant sur terre, je vois qu’un jeune adolescent a été tabassé par ses camarades à la sortie du collège à Garges - lès -Gonesse et qu’il est toujours dans un coma artificiel ; qu’un homme de 39 ans (Thierry Simon de la ville de Bollène dans le Vaucluse) parce qu’il avait les cheveux longs tirés en queue de cheval, a été battu à mort par des jeunes vauriens ; qu’un autre a été séquestré et battu par les copains de son amie que les accidents de la route sont en forte augmentation.
    D’aucuns nous font valoir que la sécurité à tout prix est synonyme d’oppression (« Pas de tout sécuritaire ») et que le gouvernement se doit d’offrir une représentation rassurante d’un « vivre ensemble » (d’un modus vivendi) – certes difficile à trouver, car chaque époque transpire sa propre génétique -   mais  pour lesquels un « équilibre des forces » est nécessaire. En conséquence  il vaut mieux vaincre les ennemis de la liberté individuelle et de la sécurité (routière)…..et laisser le champ libre aux fauteurs de troubles qui s’intègrent parfaitement dans le schéma Chaotique  dont il est question plus haut, et comme on dit, faire avec.
    J’ai bien dit « équilibre des forces », car s’appuyant sans doute sur ces fameuses lois physiques, un équilibre est à trouver entre la tension maximale et la vibration d’un corps. Un équilibre, entre le bien et le mal, entre l’acceptable et l’intolérable, entre l’innocente victime et le vaurien ou le prédateur en chasse. Et dans ce compromis permanent les statistiques sont là pour endosser le pire : les victimes et dommages collatéraux que l’Etat sacrifie sur l’autel du « Vivre ensemble ».
     J’ai bien dit « liberté individuelle » appliquée sur son tranchant négatif, c’est - à -  dire celle de tuer, de faire souffrir l’autre, au besoin battre sa femme. Mais à ce prix là, c’est la Liberté tout court (dans son acception noble) qui est en train de fondre comme neige au soleil, amputée de la liberté de parler sur certains thèmes… parole contrôlée. Car en réalité nous vivons sous un régime autoritaire et laxiste à la fois. Un régime autoritaire qui a su moyenner des avantages aux uns et des inconvénients aux autres. Sauf que les victimes de  ces trublions sont des gens simples, qui se rendaient en classe ou à leur travail. Des gens simples pour qui le quotidien devient un enfer, une angoisse permanente, une roulette russe. Des gens simples qui attendent peut-être aussi leur Nuit du 4 Août pour sortir de cet enfer, Nuit du 4 Août espérée par Jacques Attali pour la création d’un gouvernement mondial et la mise en place de règles et lois à l’échelle planétaire. On imagine ce que cela pourrait être. D’ailleurs il y a un probable candidat à cet effet en la personne de DSK, titulaire du FMI. Sa candidature est incertaine, il a déjà essuyé quelques critiques, peut-être va-t-il chercher à se défiler ?
    Et voilà qu’en ce dimanche 15 mai une bonne nouvelle tombe à pic que la morale ne réprouvera pas :
     
    Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand, affirme que Dominique Strauss-Kahn ne pourrait "pas être candidat à la primaire" PS, ni rester à la tête du FMI, après son inculpation pour agression sexuelle et tentative de viol.

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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guillot 18/05/2011 13:33



Il est bien connu que lorsque quelqu'un est à terre on lui donne le coup de grace


pour que jamais il ne se relève. C'est lamentable !