"Rien n'est joué dans cette présidentielle". Par Yvan Rioufol

Publié le 20 Mars 2012

Par Yvan Rioufol

Rien n'est joué dans cette présidentielle. Les commentateurs qui espèrent et annoncent depuis des semaines la victoire de François Hollande pourraient bien être déçus à l'arrivée. Outre la lente remontée de Nicolas Sarkozy (qu'un sondage Ifop mettait lundi en tête au premier tour) et le peu d'enthousiasme que rencontre le projet socialiste et ses soixante propositions (qui les connait ?), deux facteurs peuvent affaiblir la position de Hollande au premier tour : le maintien entêté d'Eva Joly ( "J'irai jusqu'au bout", dit-elle ce mercredi dans Le Parisien) et la dynamique enclenchée par Jean-Luc Mélenchon (qui est déjà à 10% dans les sondages). Sarkozy, lui, a en main des cartes qui lui permettent de s'adresser à la fois au "populisme" de droite avec son discours sur l'immigration, et à celui de gauche avec son projet de traquer les exilés fiscaux. Ceux qui assurent qu'il se lepénise doivent convenir qu'il se mélanchonise tout autant. Quant à l'antisarkozysme qui sert de programme à son adversaire avec l'appui de la quasi-totalité des médias, il conforte le candidat de la droite dans sa posture de victime du système en place.

Oui, Sarkozy peut gagner en mai. Cependant, Marine Le Pen, dont il est heureux qu'elle puisse concourir après avoir obtenu lundi ses 500 signatures, peut redevenir une menace, pour lui ou pour Hollande, en faisant repartir une campagne qui s'est perdue dans des options économiques contestables et mal maîtrisées par la candidate. (Opinion avec laquelle je diverge totalement avec tous le respect que je dois à monsieur Rioufol. Ndlr Gérard Brazon) "Sans perspective d'alliance ni de présence au second tour, elle n'offre pas plus d'issue politique que n'en offrait son père en 2007", estime Patrick Buisson, (Ancien du FN) le conseiller opinion de Sarkozy, dans Le Monde de mercredi. Pour autant, force est de reconnaître que Marine Le Pen a su jusqu'à présent imposer d'utiles débats sur la cohésion nationale. Son opération de dédiabolisation semble convaincre une partie de l'opinion. Nicolas Dupont-Aignan, qui assure qu'il plaisantait quand il a répondu au Figaro Magazine qu'il prendrait Marine Le Pen comme premier ministre, explique néanmoins aujourd'hui : "Le Pen à mes ordres, avec ma ligne politique, cela ne me gêne pas". Cela s'appelle la fin d'un ostracisme. Le FN au second tour ? Rien n'est joué, dans cette élection imprévisible...

Je ne résiste pas à ajouter ce commentaire lu sur le blog d'Yvan Rioufol à la suite de son article:

La dédiabolisation du FN que vous faites remarquer et qui m'apparait effectivement devenir peu à peu une réalité est une excellente nouvelle qui va enfin permettre d'aborder plus sereinement des sujets jusque là trop occultés car devenus trop faciles à caricaturer par des médias en majorité acquis à l'angélisme de gauche.
En laissant un peu tomber ses propositions économiques qu'elle a eu du mal à présenter pour des raisons sur lesquelles je n'insisterai pas au profit des thèmes classiques du FN sur les risques liés à une immigration ruineuse et dangereuse qui deviennent de plus en plus d'actualité, MLP peut effectivement espérer lors de l'élection marquer le plus fortement possible le paysage électoral de l'empreinte anti communautariste. En tout cas c'est ce que j'espère, si possible au détriment des seuls Mélanchon et Hollande.

L'antisarkozisme primaire et le bilan tristounet du quinquennat qui se finit auquel nos concitoyens n'accorderont malheureusement aucune excuse vont rendre difficile d'empêcher la pire des alternatives, celle de l'ensemble du front de gauche qui rassemble les cocos masqués, les verts délirants et les nunuches de toutes rougeurs, de triompher en mai à moins d'un miracle.
La France qui sera bien isolée dans le cadre de l'UE en menant une politique contraire au bon sens et différente des autres pays en train d'essayer avec courage de réparer les énormes erreurs du passé pour tenter d'imiter l'Allemagne deviendra alors triste à observer.

J'ai honte à la France avait dit Griotteray en 1981. Je repenserai à ce Monsieur aprés le résultat du deuxième tour si mon pessimisme se confirme. 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Francis NERI 20/03/2012 17:45



Marie-Claire Muller 20/03/2012 17:30


C 'est vrai Raymond mais comme les valeurs sont inversés et qu'on appelle bien: mal et mal:bien; ceux qui trainent des casseroles comptent  sur le fait que le bon peuple a la mémoire courte
et est paresseux intellectuellement ce qui le fait suivre celui qui lui fait de belles promesses pour l'appâter  .on peut comparer ça avec une souris prise au piége en voulant attraper le
bout de gruyére tant convoité!La vérité, même constaté de visu, fait peur et seuls quelques courageusement lucides franchiront le rubicon!


A moins d'un sursaut salutaire le Pays va s'enfoncer et les responsables se réjouiront pour peu de temps car :"LE PEUPLE GRONDE!!!!"

raymond 20/03/2012 14:33


Moi ,je ne comprends pas que l'on puisse taire ses opinions ,je pense que depuis le General,on a une bande de margoulins,qui se partagent le gateau  FRANCE,qui pillent tout allegrement aussi
,meme si JMlePen avait le verbe quelquefois  malencontreux ,lui disait toujours la verite,le sida,l'immigration,hors je crois fermement en Marine,je pense qu'Elle a les capacites pour
gouverner et relever les defis de notre Pays.Le FN est un parti qui surement a moins de casseroles au cul que tous nos "vertueux"maffiosos de gauche comme de droite 

island girl 20/03/2012 13:13


Elle ridiculisera les boites de sondage...

mika 20/03/2012 12:58


J’ajoute que même que les instituts ne
croient nullement à leurs sondages tant ils savent que si le vote est confidentiel il devient secret dès lors qu’il concerne le FN.


Pourquoi s’en cacher ? Pour ne
pas offrir une occasion de plus aux nantis bien pensants de se dire indigner et de se donner bonne conscience en vous traitant de raciste. Les mêmes qui prétendent que la violence des quartiers
n’est que le corolaire de la pauvreté et qui nient les études prouvant que cette pauvreté sévit surtout dans la France profonde ou paradoxalement aucune voiture ne brule et ou les pavés ne
servent qu’à construire des maisons.


Cette France pauvre, discrète voire
mutique est depuis longtemps dans le gouffre, désespérée par 30 ans de promesses et d’errements, ne croyant ni à la droite qui ne lui laisse rien ni à la gauche qui lui prend tout,
ni à l’Euro qui les a ruiné ni a l’UE et ses 42 milles fonctionnaires au service de leurs propres intérêts et à la défense de leurs privilèges.


Cette France n’osant plus s’exprimer
est bien moins choquée par les déclarations de Marine Le Pen que par les intentions que certains, toujours les mêmes,  lui prêtent. Cette France, elle considère que c’est Marine Le Pen qui
pense comme elle et non l’inverse. Cette France, elle se sent insultée quand Marine le Pen est insultée et accusée quand on l’accuse à tort. Cette France, elle en veut à tous les médias qui
pensent et décident pour elle de ce qui est bon ou mauvais pour elle. Cette France, elle sait le prix de la démocratie tant il lui en coûte d’avoir confié son poulailler à des renards qui vous
racontent que la République est en danger dès qu’on s’apprête à ne plus voter pour eux.


Alors oui Messieurs les élus, c’est
vrai que cette France qui contrairement à vous n’à plus rien à perdre veut se réapproprier la démocratie que vous lui avez confisqué pour vous empêcher à jamais de parler ou d’agir en son
nom.

Claude Germain V 20/03/2012 12:38


Tres bonne reflexions ,mais bizarrement ,je ne sais si c'est un optimisme de bon ton ,la majorité des gens que je peux me permettre d'interroger ,pratiquement tous si ils sont sinceres vont voter
Marine le Pen .Alors question ???????...............