Rio+20 : La guerre perdue de l’écologie.

Publié le 23 Août 2012

Paul VaursInnovation-Democratique - Point de vue d'un Royaliste

 

Drapeau de FranceS’il n’en est rien sorti de tangible, le sommet Rio + 20 aura au moins permis de faire un constat accablant : les batailles pour l’environnement ont bel et bien été perdues.

Rio + 20 devait travailler sur le réchauffement climatique, ses effets et les mesures à prendre d’urgence ; sur la protection des océans au-delà des zones économiques exclusives ; sur les priorités du futur ; sur l’économie verte, censée permettre la croissance économique dans le respect de l’environnement : bref, répondre aux défis présentés il y a 10 ans au Sommet de Johannesburg pour un développement durable. Rien de tout cela n’aura été sérieusement discuté.

Il reste à prendre acte de cet échec complet de l’écologie politique au niveau mondial et à en analyser les causes. Au moins savons-nous maintenant qu’écologie et ultra-libéralisme sont incompatibles à tous les niveaux. Échelles de temps (décennie pour l’une, milliseconde pour l’autre), objectifs (gestion durable contre saccage du milieu), moyens, pouvoir des groupes de pression, méthodes : ultra-libéralisme cinq, écologie zéro. Et ce n’est pas fini, on vient de le voir en France avec le dossier du pétrole guyanais. Tant que l’on subira un tel système, qui depuis trente ans récupère et adapte à son bénéfice toutes les législations vertes, aucune réforme protégeant l’environnement ne pourra être mise en oeuvre. L’écologie politique doit choisir : soit transformer en profondeur et tout de suite le système économique, soit se limiter à sauver - forcément à la marge - ce qui pourrait l’être.

Ce que l’on appelle l’économie verte est pourtant au coeur du discours ultra-libéral, qui la présente comme une grande pourvoyeuse potentielle d’emplois, grâce au développement des énergies du futur et aux activités responsables. Il faut montrer toute la fausseté de ce discours. Le but inavoué de l’économie verte :

  • c’est une réécriture des enjeux écologiques par le système financier, où les préoccupations légitimes sur l’avenir de la planète sont traduites en résolutions à fins uniquement spéculatives ;
  • la dérive de la taxe Carbone en est un cas d’école : il s’agissait au départ de taxer le CO, rejeté dans l’atmosphère pour inciter les industriels à réduire leurs émissions. Or cet instrument, excellent a priori, a été confié aux intérêts privés qui ont organisé un marché international du carbone soumis à tous les excès, spéculations et tricheries des marchés financiers ; tout cela bien sûr sans aucun effet sur la réduction du CO2. C’est le même mécanisme qu’avaient appliqué les multinationales en faisant voter des lois qui autorisent les brevets sur le vivant, ce qui leur a permis de confisquer l’agriculture via les OGM, et la nature via les brevets sur le génome.

Rien n’est jamais perdu, mais si nous n’y prenons garde, la taxe sur les services écologiques va subir le même sort que les taxes carbone. Or elle a le grand avantage, en mettant un prix sur le vivant, de pouvoir limiter le saccage gratuit de la Nature (1). En effet, contrairement à ce que dit ATTAC (2), ce n’est pas tarifer la nature qui pose problème : dans un monde où la logique comptable domine tout, on ne peut y échapper ; c’est que les États et les organisations internationales ne soient pas les gestionnaires exclusifs de ces taxes. En faire des instruments financiers négociables par le marché veut dire que le système ultra-libéral pourra gérer à sa guise l’ensemble de l’environnement, avec pour seul objectif d’en tirer de l’argent.

Notons aussi que cette défaite de l’écologie et cet abandon à la finance ont été accélérés par la crise économique mondiale, devenue l’unique souci des populations : c’est vrai qu’entre un risque de chômage aujourd’hui et un (hypothétique ?) cataclysme climatique plus tard, l’urgence est vite établie. Il y a là une lourde responsabilité de la part de gouvernements qui n’ont pas su montrer que tout était lié, et que la crise vient en grande partie de spéculations sur les matières premières dues à un commencement de pénurie.

C’est donc acquis, nous allons subir le pire des scénarios du GIECsur le réchauffement climatique, avec ses retombées : sécheresses, inondations, bouleversements écologiques, épidémies, vagues de froid et canicules en série, etc.. Il ne nous reste plus qu’à tenter de sauver ce qui peut encore l’être. Alors, quelles actions ?

Se préparer, aux niveaux politique, social, économique, à affronter les effets inéluctables du changement climatique, de l’effondrement de la bio diversité, du saccage et de la pollution généralisés de la planète.

Ne pas refaire avec les taxes sur les services écologiques la même erreur qu’avec la taxe carbone. Il faut pour cela aller plus loin que les avancées timides du Sommet et exiger la constitution immédiate d’une véritable Organisation des Nations Unies pour l’Environnement, qui regroupe dans une même structure, non seulement le PNUE (4), comme le veut Rio + 20, mais la FAO, le PNUD et les autres agences internationales liées à l’environnement. C’est elle, dotée de pouvoirs et de moyens, en liaison avec les gouvernements, qui doit gérer les taxes écologiques.

Agir au niveau local, en priorité sur la bio diversité, dont les pertes sont irréversibles : développer les sanctuaires naturels, les réserves de flore et de faune, les aires marines protégées, etc..
Rappeler que si les citoyens subissent le court terme, c’est le long terme qui provoque et entretient les crises. Pour notre pays, cela revient à réactiver le Grenelle de l’Environnement et reprendre tous les dossiers abandonnés par le gouvernement précédent.

François VILLEMONTEIX

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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Epicure 23/08/2012 13:04


Le C02 est une foutaise contre laquelle nous ne pouvons pas plus de 10% d'action alors que la Pollution chimique-plastique dont toutes les espèces dont la nôtre! crèvent et crèveront,
est de NOTRE seule responsabilité et donc être combattue à 100%.... OR PERSONNE N EN PARLE ?!