Robert Redeker toujours menacé, toujours au secret

Publié le 3 Janvier 2012

 Propos recueillis par Jean-Jacques Rouch

son heure de gloire

Robert Redeker : « Jadis la censure venait d'en haut. Aujourd'hui, les demandes de restriction de la liberté viennent de la société civile. »/Photo DDM
Robert Redeker : « Jadis la censure venait d'en haut. Aujourd'hui, les demandes de restriction de la liberté viennent de la société civile. »/Photo DDM
Robert Redeker : « Jadis la censure venait d'en haut. Aujourd'hui, les demandes de restriction de la liberté viennent de la société civile. »/Photo DDM

Le 19 septembre 2006, Robert Redeker, professeur de philosophie au lycée de Saint-Orens publie une tribune dans Le Figaro intitulée « Face aux intimidations islamistes que doit faire le monde libre ? ». Ce texte lui vaut des menaces de mort diffusées par un site d'extrémistes identifié comme proche d'al-Qaida par la DST (surveillance du territoire), et les Renseignements généraux. Comme le révèle La Dépêche quelques semaines plus tard, Robert Redeker est placé sous protection policière. Il doit quitter son domicile et son travail. Il vit encore, cinq ans après, au secret le plus absolu.

On vous a vu récemment participer à des débats publics. Vous n'êtes donc plus sous protection policière ?

Au contraire, j'ai toujours une protection rapprochée. Pour toute apparition publique, des policiers descendent de Paris, viennent me chercher à mon domicile, me conduisent sur les lieux où je dois aller, louent si besoin est une chambre d'hôtel à côté de la mienne, puis me ramènent chez moi. Début octobre, je suis allé faire une conférence à Vienne. J'ai été accompagné par la police dans l'avion, et là-bas la police française a collaboré avec la police autrichienne pour une protection rapprochée de tous les instants. De même pour la conférence que j'ai faite à l'espace du judaïsme de Toulouse, fin novembre. Mes sorties sont bien encadrées. C'est très rassurant.

Concrètement, comment cela se traduit dans votre vie quotidienne ?

Par un grand nombre de précautions. Je travaille à mon domicile, mon adresse pour le courrier est une lointaine boîte postale, j'ai un lien direct permanent avec les gendarmes où que je sois. Si j'ai besoin d'aller à Toulouse, ou dans une autre grande ville, la police descend de Paris et me prend en charge pour mon déplacement.

Avez vous reçu de nouvelles menaces ?

Je suis attaqué très souvent sur internet, parfois avec un vocabulaire violent et menaçant. Certains sites islamo-gauchistes me vouent aux gémonies, jetant de l'huile sur le feu. Tout cela entretient un climat dangereux et menaçant.

A la lumière des événements récents, pensez vous que le liberté d'expression soit menacée dans ce pays ?

Elle l'est de plus en plus. Mais de façon nouvelle. Jadis, la censure venait d'en haut. C'est le pouvoir qui censura le film de Rivette « La Religieuse ». Aujourd'hui, les demandes de censure et de restriction de la liberté viennent d'en bas, de la société civile, d'associations, de communautés, qui, interprétant le monde selon leur horizon borné, ne tolèrent pas la liberté de l'esprit. Des intimidations de toutes sortes visent à provoquer de l'autocensure chez les écrivains, dessinateurs, directeurs de salles de théâtre, journalistes.

Quel serait votre plus cher désir au seuil de l'année nouvelle ?

Que la liberté gagne du terrain dans le monde.


Son heure de gloire

Contraint de quitter son poste d'enseignant, Robert Redeker est aujourd'hui attaché au CNRS (centre national de la recherche scientifique) comme chercheur en philosophie. Il se consacre désormais à l'écriture, il a publié récemment « Le Sport est-il inhumain ? ». Il est également membre du comité de rédaction de la revue Les Temps modernes et du comité de rédaction de la revue Des Lois et des Hommes. Il est aussi membre du conseil d'administration de Reporters sans frontière.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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island girl 04/01/2012 01:51


J'aime l'humour de Claude et je suis d'accord avec lui,et je ne sais si je retournerai un jour dans ce pays que je ne reconnais pas!

francis Claude 03/01/2012 10:43


trop ............drole, c'est une histoire qui ce passe dans une république bananiére ou les autorités ne peuvent pas faire respecté le droit a la différence?


merci de me dire ou que je n'y aille pas!!!!