Roms : l'emprise mafieuse

Publié le 5 Septembre 2012

Policiers roumains à Paris

La sédentarisation annoncée par le gouvernement risque d’aggraver les tensions. Les Roms sont noyautés par des gangs qui exploitent leurs propres congénères.

Canicule ou pas, Villeneuve-d’Ascq (Nord) respire mieux depuis trois semaines ; comme si le démantèlement du campement illégal de Roms, le 9 août, avait soudain fait chuter la pression. Mendicité agressive, chapardages, bagarres… Les riverains le disent tout net : « Depuis l’installation des gitans, il y a deux ans, l’ambiance était devenue insupportable. Au début du mois, ils ont même tiré des coups de feu ! Maintenant, nous pouvons rouvrir les fenêtres sans avoir peur, sans être empestés par l’odeur de brûlé. »

 Conclusion d’un ch’timi pondéré : « Nous ne sommes pas inhospitaliers, mais nous n’étions pas loin d’en venir aux mains… »

Actuellement, de 15 000 à 25 000 Roms résident en France, dont une partie occupe illégalement 300 à 400 campements de grande ampleur. Partout, leur installation suscite des tensions, et provoque souvent une brutale hausse des crimes et délits : à Villeneuve-d’Ascq, l’arrivée des Roms a coïncidé avec une augmentation de 14 % des vols et cambriolages.

À Paris, une étude du ministère de l’Intérieur a noté une augmentation de 259 % de la délinquance roumaine et bulgare entre 2010 et 2011 ; au niveau national, la hausse est de 69 %. Une note de la Direction centrale de la police judiciaire divulguée le 23 août précise que ces délinquants agissent principalement « près des grandes villes et des secteurs touristiques ».

Pour calmer les esprits, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a fait démanteler sept campements illégaux ces dernières semaines (le dernier à Évry, ce 27 août). Cette réaction à l’impact limité – les Roms, expulsés avec une aide au retour, reviennent vite – a provoqué une polémique au sein du gouvernement. Lequel vient d’annoncer une série de mesures visant à « ramener la paix sociale » et « intégrer les Roms », le tout « sans créer d’appel d’air ». La ministre du Logement, Cécile Duflot, évoque des initiatives « alliant hébergement et accompagnement en matière de travail, de santé, d’emploi et de logement ».

Selon Philippe Moreau-Defarges, spécialiste des migrations à l’Ifri, ce dispositif encouragera les Roms à venir en France, seul pays d’Europe à les favoriser ainsi. Pour le criminologue Xavier Raufer, « un tel afflux rendra la situation chaque jour plus insoluble » et enfoncera paradoxalement ces populations dans l’illégalité.

Pas question, évidemment, de condamner une communauté entière pour les crimes de quelques-uns.

Mais d’après Raufer, « les Roms comptent dans leurs rangs des “criminels d’habitude”, dont ils sont d’ailleurs les premières victimes puisque ces spécialistes du trafic d’êtres humains exploitent avant tout leurs congénères ». Même s’ils veulent vivre honnêtement, nombre de “gens du voyage” sont contraints à la criminalité, sous peine de sanctions infiniment plus convaincantes que celles de la République française.

Le criminologue bulgare Tihomir Bezlov insiste sur la puissance de l’emprise communautaire : « Les millions d’euros transférés chaque année, via Western Union, depuis les pays de l’Union européenne vers “la famille” restée au pays en attestent. » En Roumanie, des villages entiers sont aux mains d’autoproclamés “protecteurs”, “princes” et même “rois” des Roms. Retranchés dans des palaces en marbre, couverts de bijoux, affublés de cravates en or et roulant carrosse en limousine blindée, ces faux monarques et vrais mafieux règnent sur des clans d’esclaves dépenaillés chargés de ratisser l’Europe à leur profit.

Trafic de métaux, de voitures, vols à la roulotte, à l’étalage, cambriolages, escroqueries, prostitution infantile… Loin de ne concerner qu’une poignée de voleurs de poules en goguette, cette criminalité est puissamment organisée. La preuve par le “paradigme du parcmètre” : à la fin des années 2000, les pervenches s’effaraient de voir leurs tirelires sur bitume forcées en moins d’une minute par des enfants de 10 ans. Cette virtuosité s’explique par le fait que des adultes avaient préalablement… découpé et volé des parcmètres pour entraîner les voleurs à la perfection ! Mi-août, ces petits as de la chignole ont réalisé un véritable fantasme de voyous : dans plusieurs villes, des caméras de surveillance ont filmé des Roms glissant une fourchette avec deux dents recourbées dans des distributeurs automatiques de billets, avant d’en faire affluer l’argent grâce à deux retraits successifs. Là encore, un coup de main qui ne s’improvise pas !

Les moins dégourdis ou les estropiés, eux, sont chargés de la mendicité organisée. Pour installer leurs troupes, des gros bras chassent les clochards “de souche” des centres-ville, puis quadrillent le secteur : un mendiant tous les 50 mètres. Pour apitoyer le badaud, ils se spécialisent dans les faux handicaps : fausses amputations, fausses plaies, faux pansements… Faux enfants également : certains nourrissons mis au bras des mendiantes sont volés dans des maternités balkaniques. D’autres sont arrachés à des prostituées ayant eu le malheur de tomber enceintes.

Et comme trafiquer c’est prévoir, un bon nombre sont délibérément estropiés en bas âge pour, plus tard, dissiper les soupçons du passant méfiant.

En France, les criminels roms jouent avec les failles de la législation, notamment l’ordonnance de 1945 sur les mineurs. Les enfants sont spécialement utilisés pour les cambriolages ou pour dévaliser les usagers des transports publics. Selon l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante, 75 % des vols à la tire commis dans le métro parisien sont le fait de jeunes Roms. Les vidéos étudiées par la police montrent le modus operandi de ces émules d’Oliver Twist, qui déboulent parfois à dix dans une rame : des “repéreurs” désignent une cible facile ; les pickpockets se regroupent pour créer un effet de foule facilitant l’action du “preneur”. Puis les objets passent à toute vitesse aux mains d’un, deux ou trois “receveurs”, jusqu’à créer une “distance de sécurité” suffisante pour éviter les ennuis… Fin 2010, la police a démantelé un gang d’une centaine de voleuses. Elles rapportaient chacune 200 à 500 euros par jour. Les récalcitrantes étaient battues, affamées ou violées. Les plus abîmées retournaient à la mendicité. Les autres étaient assignées à la prostitution.

En mars dernier, à Madrid, la police espagnole a d’ailleurs arrêté des proxénètes roms qui, pour mieux contrôler les femmes, leur avaient tatoué un code-barres sur le bras !

Dans des domaines moins risqués, des équipes de Roms se spécialisent dans le vol de fret sur les autoroutes. Ils repèrent un camion isolé, coupent la bâche au cutter, photographient le contenu avec un portable et prennent leurs ordres en direct auprès d’un “logisticien” basé au pays. Si la commande est validée, les pilleurs transfèrent la cargaison à des passeurs, chargés de la revendre ou de l’acheminer dans les Balkans. Ce tableau ne serait pas complet sans les fameux vols de métaux qui ont fait la célébrité des “fils du vent”. Avec près de 11 000 cas en 2011, le phénomène a augmenté de 600 % par rapport à 2007… date d’entrée dans l’Union europénne de la Bulgarie et de la Roumanie. Les gangs roms font leur ordinaire de centaines de mètres de câble électrique qu’ils font brûler – les fameuses odeurs du campement de Villeneuve-d’Ascq ! – pour en extraire le cuivre. Ils pillent aussi les plaques et croix métalliques dans les cimetières, comme c’est arrivé le 6 juin à Lille.

Aujourd’hui, la police s’inquiète de voir la criminalité rom se diversifier grâce à une implantation… que Cécile Duflot, ministre du Logement, rêve de renforcer ! Le 22 août, le Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco) a publié une note intégrant les groupes criminels des “gens du voyage” dans la catégorie des mafias. Le rapport concerne les communautés « de nationalité française, dorénavant sédentarisées (tsiganes, bohémiens…) », mais aussi « des Roms arrivés d’Europe orientale ».

Réaliste, Manuel Valls estime que la solution aux problèmes posés par les Roms doit être trouvée à l’échelle européenne. Il souhaite que les pays d’origine travaillent eux-mêmes à la sédentarisation de leurs minorités, grâce aux 4,5 milliards d’euros d’aide « à la cohésion sociale » versées par Bruxelles à la Roumanie et à la Bulgarie depuis 2007. Hélas, Bucarest et Sofia semblent incapables de dire où est passé l’argent versé aux “représentants” des nomades.

Il est vrai que cela ne les concernera bientôt plus : en 2014, les Roms pourront s’installer librement dans n’importe quel pays de l’Union européenne, sans risque d’expulsion. 

 

 Pierre-Alexandre Bouclay À lire également sur valeursactuelles.com :

Photo © Patrick Iafrate

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Faits Divers- Sociétés

Repost 0
Commenter cet article

LA GAULOISE 06/09/2012 08:40


  Notre pauvre pays est devenu le paradis de tout ce qui se fait en matière de racaille etrangere  tellement sure de l'impunité et de la " passivité" des français . Gaulois : réveillez
vous !!!!!

Claude Germain V 05/09/2012 21:15