Sahel : Paris et Washington prêts à intervenir ? L’émissaire français à pied d’oeuvre

Publié le 7 Juillet 2012

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Paris et Washington surveille de très près le chaos qui s’opère au Sahel, devenue une véritable poudrière, la nouvelle Somalie ou le nouvel Afghanistan, qui ne fera que s’amplifier en débordant sur l’Afrique du Nord et sub-saharienne. Seront-ils prêts à intervenir comme en Libye ? Le point  

La France est déterminée à empêcher des groupes comme Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) de constituer des bastions du terrorisme international dans le nord du Mali, a déclaré mardi le chef du gouvernement français Jean-Marc Ayrault. La destruction des mausolées à Tombouctou rappelle que nous sommes confrontés aux forces les plus obscurantistes, a déclaré le Premier ministre français devant les députés. Notre détermination sera totale pour empêcher des groupes comme Aqmi de constituer au Nord Mali des bastions du terrorisme international, qui menacent la paix et la prospérité de l’ensemble de la région, comme notre propre sécurité, a-t-il ajouté. mediarabe.info

Sahel: L’émissaire français à pied d’oeuvre

Le représentant spécial français pour le Sahel Jean Felix-Paganon poursuit ses consultations dans cette région confrontée au péril terroriste, en vue de présenter un plan d’action.

C’est dans cet objectif précis qu’il a été mandaté par le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius. Et le fait que le patron du Quai d’Orsay ait porté son choix sur un diplomate chevronné, traduit l’importance que Paris accorde au problème du Sahel, où l’activisme jihadiste menace la stabilité de toute la région. Le volontarisme de la France est aussi perçu comme un exemple en direction de l’Union européenne et du Conseil de sécurité de l’ONU.

Paris compte en effet sur l’implication de la communauté internationale aux côtés des Etats membres de la CEDEAO pour parvenir à un retour à la normale dans le Nord du Mali. Aussi la mission de Jean Felix-Paganon, qui a déjà été en poste au Caire, ne s’annonce-t-elle pas de tout repos. La première étape du périple de l’émissaire français a été Bamako.  Il y a remis au premier ministre malien de transition Cheick Modibo Diarra, un message de Laurent Fabius. Cette visite à Bamako en premier est un témoignage de soutien de l’Etat français aux institutions de transition du Mali qui font face à une crise sans précédent.

Car, en plus de l’instabilité exacerbée par le séparatisme touareg et le terrorisme d’Aqmi, la situation alimentaire aussi ne cesse de se dégrader dans le pays.

Après Bamako, plusieurs capitales de la région figurent dans l’agenda de Felix-Paganon. En premier le Burkina-Faso, dont le président est activement impliqué dans la médiation au Mali au nom de la CEDEAO. Blaise Compaoré a déjà pris langue avec les principaux groupes armés qui contrôlent le nord du Mali. D’abord avec les séparatistes touaregs du MNLA (Mouvement de Libération Nationale de l’Azawad). Puis avec des dirigeants du mouvement islamiste Ansar Dine.

Les deux groupes armés ont montré leur disposition à s’asseoir à la table des négociations, sans toutefois céder sur leurs principales revendications : l’indépendance du nord Mali pour les premiers  et l’application de la charia pour les seconds. Aussi l’étape de Ouagadougou pourrait-elle s’avérer particulièrement importante pour l’émissaire français.

Le Mali face à l’indécision de la communauté internationale

Les choses s’accélèrent dans le Nord du Mali, prenant un caractère quasi-incontrôlable au moment où la communauté internationale hésite encore sur la démarche à adopter pour enrayer l’irrésistible somalisation du pays.

Sur place, les extrémistes islamistes ont commencé à détruire des  symboles religieux et culturels de la cité millénaire de Tombouctou, après avoir neutralisé, une semaine auparavant, leurs alliés d’hier, les rebelles touaregs du MNLA, le Mouvement national de libération de l’Azawad.
Conscients de la virulence de la menace terroriste et des risques d’une contagion rapide à tout le Sahel, les pays voisins du Mali penchent pour une prompte intervention contre les groupes jihadistes. Regroupés au sein de leur organisation régionale, les pays membres de la CEDEAO préparent   l’envoi d’une force d’environ 3.300 hommes pour libérer le nord malien des mains d’Aqmi. Les dirigeants de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest se sont encore retrouvés le 29 juin dans la capitale ivoirienne, Yamoussoukro. Leur objectif est d’organiser une action pour enrayer la menace d’Ansar Dine, du MUJAO et des autres groupes terroristes. Si le France a assuré la CEDEAO de son soutien, les Etats-Unis, par contre, sont plus réticents à une intervention directe contre les groupes armés islamistes dans le nord du Mali. Washington estime en effet que les islamistes disposent d’importants armements repris à l’armée régulière malienne lors de leur offensive de mars dernier. De surcroît, les armes sophistiquées rapportées des arsenaux de Kadhafi lors de la guerre libyenne, font des groupes d’Ansar Dine et d’Aqmi de redoutables adversaires. Dans ces conditions, estime Washington, il serait hasardeux pour les 3000 hommes de la CEDEAO de s’attaquer de front à des groupes aussi bien retranchés. Le secrétaire d’Etat adjoint américain chargé des questions africaines, a précisé encore une fois la position des Etats-Unis sur la crise malienne. Lors d’une audition le 29 juin au congrès américain,
Johnnie Carson a estimé que la force africaine de la CEDEAO ne devait pas avoir un rôle offensif, mais plus tôt défensif.
L’objectif prioritaire, selon  Washington, est d’aider à la stabilisation de la partie Sud du Mali en aidant les autorités de Bamako à s’organiser contre une éventuelle offensive d’Aqmi et des autres groupes armés. Et en attendant de voir plus clair du côté de la communauté internationale, le nord du Mali continue de s’enfoncer dans le chaos et le risque constant de somalisation..

Mali: le Sahel face au syndrome somalien

Après l’interdiction de fumer, c’est au tour de la flagellation en public de faire son apparition dans le nord Mali. Dans les villes passées en mars sous le contrôle des séparatistes touaregs et des islamistes d’Ansar Dine,

des reporters font état de scènes de coups de fouet contre des personnes accusées d’adultère. A Kidal, Tombouctou et Gao, les habitants font progressivement l’apprentissage de la charia.

En dépit de l’opposition des oulémas et des citoyens maliens habitués à un islam clément, les chefs du MNLA et d’Ansar Dine essayent d’imposer des règles très strictes dans la cité antique de Tombouctou qu’ils contrôlent. La situation n’est pas meilleure dans la région de Gao et à Kidal. Les habitants ne font pas de différence entre le MNLA, Ansar Dine ou le Mujao, le Mouvement de l’unicité et du Jihad en Afrique de l’Ouest, dissident d’Aqmi. Pour eux, la présence de tous ces groupes lourdement armés est synonyme d’une situation précaire, dans l’attente d’un dénouement qui tarde à venir. Les habitants du nord Mali ne peuvent même pas compter sur les dissensions internes entre le MNLA d’une part, Ansar Dine et les jihadistes islamistes d’autre part. Si les premiers revendiquent l’indépendance de l’Azawad, les seconds nourrissent le rêve d’imposer la charia sur tout le territoire malien.

Mais ensemble, ils maintiennent un semblant d’unité pour affronter l’ennemi commun qui prépare la riposte de l’autre côté. En face, la réaction tarde pourtant à se mettre en place, à cause notamment des divergences entre les Etats membres de la CEDEAO sur l’opportunité de lancer rapidement une attaque ou de privilégier la voie du dialogue. La situation n’est pas non plus claire à Bamako, où l’absence d’interlocuteurs politiques légitimes dissuade la communauté internationale d’organiser promptement une réponse militaire.
Et sur le terrain, ce sont les populations locales qui paient le prix de l’attentisme, alors que les groupes terroristes font peser sur toute la région Sahélo-saharienne la menace d’une somalisation rampante.

Sahel: Washington et Paris renforcent leur surveillance aérienne

Selon le Washington Post, les Etats-Unis et la France auraient renforcé ces derniers temps la surveillance aérienne du Sahel. Les deux pays auraient établi leurs bases à l’aéroport de Ouagadougou.

Ces révélations interviennent dans la foulée de la décision de Paris de nommer un représentant spécial pour le Sahel. Jean Felix-Paganon qui s’est déjà rendu lundi à Bamako, devrait poursuivre ses contacts dans plusieurs autres pays de la région. A l’issue de ses concertations avec les dirigeants des pays concernés, le représentant spécial français devrait établir un plan d’action pour le Sahel. Ces développements interviennent alors que la zone du Sahel s’apparente de plus en plus à une poudrière. Les réseaux de narcotrafiquants, les groupuscules terroristes et les mouvements séparatistes armés qui ont noué une alliance d’intérêt, menacent la stabilité de nombreux Etats de la région.

Pour les Etats-Unis, le fait de s’établir à Ouagadougou leur permet de surveiller la Mauritanie, le Niger et bien évidemment le Nord du Mali. En somme, tous les territoires sur lesquels les groupes d’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique) et les autres groupuscules terroristes se montrent particulièrement actifs.

Le recours aux drones, comme au Yémen et en Afghanistan, serait de plus en plus envisagé. Mais, les Etats-Unis ne sont pas les seuls à se montrer vigilants dans la région. La France, également, organise des vols de reconnaissance d’ULM (Ultra-Léger Motorisé) aux abords des aéroports de la région, avant l’atterrissage et le décollage des avions d’Air France. Paris craint en effet des tirs de missiles sol-air, ces redoutables armes tombées entre les mains d’AQMI après la chute du régime du Colonel Kadhafi. Des forces spéciales françaises sont également basées en Mauritanie. Bien que ni les Etats-Unis, ni la France ne se disent disposés à intervenir militairement dans la région, ils pourraient toutefois apporter un soutien logistique et du renseignement aérien en cas d’opérations armées de la CEDEAO sous mandat de l’ONU.

Le cas du Sahel n’est pas isolé puisque, toujours selon des sources militaires et du renseignement américain, citées par le Washington Post, les Etats-Unis disposeraient d’une douzaine de « bases » aériennes sur le continent africain, regroupées en réseau. Ces « bases » qui seraient en fait de simples hangars situés à l’écart, sur des aéroports ou des bases militaires locales, se situeraient à Djibouti, au Kenya en Ouganda et en Ethiopie. Car officiellement, les Etats-Unis ne disposent que d’une seule base militaire en Afrique, située à Djibouti.

Mali : Les touaregs en perte de vitesse face aux islamistes

Le nord du Mali vit encore sous le coup de la lourde défaite infligée par les islamistes du MUJAO aux rebelles touaregs du MNLA, dans la ville de Gao. Une déroute qui risque de changer dangereusement l’équilibre des forces aux dépens du Mouvement national pour la libération de l’Azawad. Après les durs combats à l’arme lourde de mercredi, Gao est désormais sous le contrôle total des islamistes du MUJAO, le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest.

Les vingt morts tombés au cours de cette journée, illustrent la violence des combats entre les alliés de circonstance d’hier. Selon des témoignages recoupés, ce sont les islamistes du MUJAO qui ont ouvert les hostilités, en attaquant le gouvernorat de la ville qui servait de quartier général à la rébellion touarègue. Après plusieurs heures de combats, les islamistes ont pris le contrôle du bâtiment. Adnan Abou Walid Sahraoui, le porte-parole du MUJAO, a affirmé que les combattants de son mouvement avaient également pris possession de la résidence de Bilal Ag Chérif, le secrétaire général du MNLA, qui se serait enfui avec d’autres combattants.

Les affrontements étaient intervenus au lendemain des manifestations organisées à Gao, dans le nord-est malien, pour protester contre l’assassinat, le 25 juin, d’un conseiller municipal. Idrissa Oumarou était aussi enseignant et membre de l’ADEMA (Alliance pour la Démocratie du Mali), le parti du président de transition au Mali, Dioncounda Traoré. Les manifestations avaient dégénéré dans la violence et les tirs sur les manifestants. Aujourd’hui, la situation délicate des touaregs du MNLA risque d’empirer si les autres groupes islamistes d’Ansar Dine et d’AQMI présents à Tombouctou et Kidal, décidaient de soutenir leurs frères du MUJAO. Désavantagé par le rapport des forces, le MNLA a également des visées quasi-opposées à celles des islamistes. Alors que les séparatistes touaregs aspirent à l’instauration d’un état laïc dans le nord du Mali, les islamistes ambitionnent d’appliquer la charia, la loi islamique, dans tout le pays.

         News26

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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Claude Germain V 07/07/2012 23:15


J'espere plutot , sans etre plus courageux que Pierre ou Paul ... , me servir de la tondeuse et en mettre quelques un devant le peloton .......quel soulagement ce jour là ,au moins que mes 
petits enfants en profitent ........

Epicure 07/07/2012 18:01


Blabla diplomatique!!!


Personne en Europe ni aux USA, ne veut se battre et surtout pas pour des Africains qui sont loin et qui n'en reviennent pas!!!!!!


Quand on aura une sorte d'Aqmi sur lie sol français alors les Français se transformeront en Colonnes Infernales....Tout l'un ou tout l'autre: Maginot, ou La Tonsure et le peloton!