Savoir: Le National-Socialisme est une idée de la gauche d'avant la première guerre mondiale.

Publié le 12 Septembre 2014

La Commune de Paris est un soulèvement jacobin.  C'est aussi, pour les plus naïfs d'entre nous, un événement-culte. Du fond de la défaite de 1870, la liberté a surgi dans la ville-lumière.  Les acteurs de cet événement, les communards, sont donc forcément des héros citoyens. 

La Liberté guidant le peuple

  Source
Et puis les années passent… 
En 1878, une bonne partie des Communards déportés en Nouvelle Calédonie participent à la répression des révoltes kanaks, aux côtés des troupes coloniales.
A partir de 1886, plusieurs d’entre eux sont les animateurs du boulangisme, et en font un populisme de gauche, insurrectionnel et xénophobe. 
Par la suite, ils élaborent un socialisme national. Au moment de l’affaire Dreyfus, on les retrouve dans les rangs de l’antisémitisme militant. 
  
Le socialisme national et l’antisémitisme des communards sont bien attestés. Ils auront une postérité. Selon Zeev Sternhell et Marc Crapez (voir sources, ci-dessous), ils font partie des bêtes immondes qui ont engendré le fascisme français.

Quelques références : 

Boulangisme : Rassemblement national et socialiste sous le nom du général Boulanger (1837-1891). 
Ministre de la guerre en 1886, il devient dans l’imagerie populaire le « général Revanche ».

En 1887, à l’appel d’Henri Rochefort, il se voit porté par une élection partielle de la Seine, ce qui le met dans une position politique. Renvoyé de l’armée, il entre à la chambre des députés en 1888. Il est soutenu par la Ligue des Patriotes de Déroulède et par l’extrême-gauche.

Selon le socialiste français Lafargue, gendre de Marx, « les socialistes entrevoient toute l’importance du mouvement boulangiste, qui est un véritable mouvement populaire, pouvant revêtir une forme socialiste si on le laisse se développer librement » (lettre du 27 mai 1888 à Engels). Inquiété par le gouvernement, le général s’enfuit en Belgique. Il est poursuivi en 1889 pour complot et corruption. Il se suicide en 1891. Son mouvement à la fois nationaliste et socialisterassemblera les éléments de la tradition révolutionnaire française. 

  
Revue Socialiste : Journal des « socialistes indépendants », menés par Malon et Rouanet, 
qui prône un socialisme national et antisémiteOpposée au socialisme allemand (et en particulier à Marx), la Revue Socialiste se réclame du jacobinisme révolutionnaire. Selon Rouanet, la Révolution Française est le « plus glorieux événement, non seulement de l’histoire de France, mais de l’histoire du monde »

(La Revue Socialiste, N° 30, juin 1887, p 581). 
  
La France Juive : Livre d’Edouard Drumont, paru en 1886, qui connaîtra un immense succès.

Drumont fera du capitalisme une création juive, ce qui lui vaudra une grande sympathie

dans les milieux de gauche. 
  
Blanqui (Auguste) : Penseur socialiste révolutionnaire, partisan de la solution insurrectionnelle.

Il sera emprisonné pendant de longue années, d’où son surnom de « l’enfermé ».

Ses disciples, les blanquistes, seront très présent durant la Commune de Paris puis à l’origine

d’un socialisme national français, libre-penseur, xénophobe et antisémite.

Blanqui est partisan, selon ses propres termes, d'une "dictature parisienne".

Il est opposé à la démocratie : “le suffrage universel, c'est l'intronisation définitive des Rothschild,

l'avènement des juifs”.
  
Affaire Dreyfus : Crise politique (1894-1906), liée à l’accusation d’espionnage portée contre le capitaine Alfred Dreyfus. L’affaire provoqua un déchainement antisémite en France.

Le mouvement antidreyfusard voulait défendre l'honneur de l'armée, tout en jouant sur les cordes antibourgeoise, antisémite et nationaliste.

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoires des peuples

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