"Sécu" : pour deux points de CSG de plus par Philippe Mabille

Publié le 25 Septembre 2011

l'édito de La Tribune - 23/09/2011 | 10:38 - 

"Sécu" : pour deux points de CSG de plus

 

Par Philippe Mabille, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.
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L'opération de communication du gouvernement sur l'apparente "amélioration" du trou de la Sécu ne fera pas long feu. Derrière les chiffres, qui pourraient donner l'impression d'une maîtrise des dépenses, se cache le train de la dette sociale qui n'a fait que s'allonger : 130 milliards d'euros aujourd'hui, balayés année après année sous le tapis. D'abord, le déficit de 13 milliards d'euros et des poussières, escompté pour 2012, reste largement supérieur à celui du début du quinquennat. L'affichage d'une baisse de 40% en deux ans de la facture laissée aux générations futures est un trompe-l'oeil : il repose sur des hypothèses optimistes sur l'assiette des cotisations sociales et masque une fuite en avant dans la hausse des recettes.

 

Ensuite, entre les déremboursements, les forfaits sociaux, les taxes diverses (tabac, boissons sucrées ou non, complémentaires santé), sans oublier les revenus de l'épargne, l'équivalent de deux points de CSG (qui rapporte 10 milliards d'euros par point) a été prélevé sur le quinquennat. Pas mal pour un président qui s'est fait un point d'honneur de ne pas augmenter la CSG... Certes, on ne peut pas reprocher à Nicolas Sarkozy de chercher à équilibrer les comptes. C'est le principe de base du contrat de génération défini dans les ordonnances de 1945, "socle" de notre modèle social. Il a fait une réforme non prévue des retraites, mais celle-ci, on le sait, ne suffira pas à sauver notre système par répartition.

 

S'agissant de l'assurance-maladie, on peut être plus sévère. Car, pour ces deux points d'équivalent CSG, on n'a pas réformé en profondeur notre système de soins. On a essayé, avec l'hôpital, d'importer les règles de l'entreprise (loi Bachelot) : échec par refus corporatiste. On n'a pas su réguler les revenus de la médecine libérale, clientèle traditionnelle de la droite. Et surtout, sans le dire, on laisse s'installer une sécurité sociale à plusieurs vitesses. Résultat : de plus en plus de Français, petits et moyens, ceux qui sont entre la CMU et les salariés bénéficiant des meilleures mutuelles, renoncent à se soigner, pris entre les files d'attente des hôpitaux, les déserts médicaux et une santé qui coûte de plus en plus cher. 


Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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isabelle 26/09/2011 04:56



Il est moins risqué d'aller râcler les fonds de poches des petits que de supprimer toutes ces aides scandaleuses et indues.


Appauvrissons le peuple plutôt que de courir le risque d'échauffourées, après tout, ce n'est que le peuple !



riziere 25/09/2011 13:58



Il est à noter ce qu'oulient beaucoup d'observateur que le rgroupement familiale permis sous Giscard d'Estaing a favorisé l'aide aux soins aux étrangers qui n'avaient ou presque pas cotisé à
notre système social. Ensuite on a créer l'AME aide médicale aux étrangers qui viennent quand ils en ont besoin se faire soigner, on a créer la CMU dont les bénéficiaires principaux sont des
étrangers, puis on a créer l'ATA  aide transitoire à l'asile pour ceux qui demandent le droit d'asile soit 400€ par mois, puis l'ASPA aide aux personnes agées qui n'ayant jamais cotisées en
France en bénéficient soit 700€ par mois...etc etc Toutes ces allocations et ces aides sur le compte de qui ? De la Sécu et des caisses de retraites. nPersonne ne veut le dire mais c'est une
réalité .