Sémantique : comment Marine Le Pen les fait tourner en bourrique…

Publié le 11 Février 2014

Nicolas Gauthier pour bd Voltaire

Mettre les bons mots sur les vraies choses : tel est le début de la sagesse. On ajoutera qu’en politique, celui qui maîtrise le vocabulaire aura toujours une longueur d’avance sur ses concurrents. D’où le paradoxe d’une Marine Le Pen s’étant appropriée la vulgate républicaine.

Et cette étrangeté voulant que le Front national fasse désormais figure de dernier mouvement gaullien… D’aucuns objecteront qu’à sa naissance, en 1972, il n’était que tièdement gaulliste. Certes, mais n’était aussi que modérément lepéniste, étant, à l’origine, création d’Ordre nouveau, groupuscule issu d’Occident, dont les fondateurs s’en allèrent ensuite essaimer, qui au Parti républicain (Alain Madelin et Gérard Longuet), et d’autres au RPR (Alain Robert et d’autres).

Pourtant, dès sa fondation, les gaullistes historiques furent de la partie – Georges Bidault devait même en être l’une des têtes dirigeantes. Il y eut ensuite des André Figueras, des Pierre Sergent, des Roger Holeindre. Tous gaullistes de choc en leur prime jeunesse – la Résistance –, puis gaullistes contrariés – l’OAS. Dès le début, tout cela était déjà bien compliqué, surtout lorsque devant cohabiter avec des patriotes de l’autre camp, pas précisément celui des vainqueurs : François Brigneau, André Dufraisse, Roland Gaucher, etc.

Mais allez expliquer ces subtilités à des journalistes ayant plus fait leurs universités à L’École des fans qu’à la Ligue communiste révolutionnaire… En 2011, à Tours, Marine Le Pen prenait la tête du parti et n’évoquait en la circonstance qu’une seule référence historique : la Résistance et son esprit.

Pour qui la connaît un brin, il n’y avait ni calcul ni posture. Elle mettait juste ses pieds dans les pas de son père. Lequel affirmait, lors d’un entretien accordé à l’auteur de ces lignes : « La différence entre l’extrême droite et moi, c’est que ces gens ne sont là que pour réhabiliter leur passé. Alors que moi, je suis ici pour préparer l’avenir. D’ailleurs, trente ans durant, j’ai traîné l’extrême droite comme un boulet. »

D’où ces mots partisans façon Druon et Kessel, cette exaltation de la résistance à l’envahisseur, allemand hier, bruxellois désormais. « Résistance » : mot devenu mantra avant de tomber en totale déshérence. Mot que Marine Le Pen n’eut plus qu’à ramasser dans le caniveau, là où d’autres l’avaient abandonné. Mieux, ce vocable devenu vide de sens, elle a fini par lui redonner corps et, surtout, crédibilité ; pas forcément parce que plus crédible, mais parce que seule sur ce marché sémantique des plus mouvants.

Et de fait, elle les fait tous tourner en bourrique. Eux qui célèbrent l’esprit de la Résistance en s’en allant jouer Montoire dans le Berlin d’Angela Merkel. Eux qui se gobergent du sain esprit xénophobe des maquis pour nous vendre une immigration de masse dont le Général ne voulait pas ; ce d’autant plus qu’elle était le fait d’un grand patronat qu’il vouait de longue date aux gémonies. D’où colère médiatico-politique.

Colère de ceux qui se gargarisent de démocratie – alors qu’ils négligent le peuple, voire le référendum de 2005 – tout en divinisant une République qu’ils n’ont de cesse de fouler aux pieds, le jacobinisme de naguère ayant fait place à un communautarisme favorisant toutes les communautés, hormis celle d’origine, ayant malgré tout un peu contribué à façonner ce vieux pays qu’est la France.

Marine Le Pen ? Républicaine. Démocrate. Jacobine, même. Qui se donne des allures de Jeanne d’Arc tricolore. Étonnant ? Pas tant que ça. À la demoiselle de Domrémy, les arbitres des élégances démocratiques préfèrent les Femen. Quant au drapeau, il n’est plus que torche-cul. Ainsi, Marine Le Pen n’aura fait que brandir les symboles abandonnés par ceux qui s’en faisaient naguère les scrupuleux gardiens. Lesquels se plaignent désormais, il va sans dire.

La prochaine fois, les gars, faudra être plus soigneux avec vos affaires…

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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L'EN SAIGNANT 12/02/2014 10:58


Bravo Nicolas GAUTHIER.
"QU'EN TERME GALANTS ET PERTINENTS, CES CHOSES LÀ SONT DITES"  

Marie-claire Muller 11/02/2014 23:25


Fabrice De Fouchier     sur BOULEVARD VOLTAIRE·
Meilleur commentateurECOUTEZ BIEN CECI. C'EST PROPREMENT STUPEFIANT !
> 23 h 15... LE CABINET DU PREMIER MINISTRE APPELLE GUILLAUME DE THOMAS, ANIMATEUR DU MOUVEMENT "LES TONDUS" (RESEAU DE PETITS ENTREPRENEURS) POUR EXERCER SUR LUI MENACES ET PRESSIONS...
>
> Ca ne dure que 3 minutes, ce sera sans doute censuré dans les prochaines heures.
> C'est une illustration supplémentaire de la fascisation tranquille du régime de Hollande qui, sous ses allures de goujat débonnaire, cache plus sérieusement des instincts de dictateur.
Faites attention, ça n'arrive pas qu'aux autres ! Cet homme et ce régime deviennent dangereux !
>

> http://tapeacall.com/vyfnbrtnfq

mika 11/02/2014 21:16


Marine Le Pen : "Le FN, un parti de résistance" Vidéo 1mn40


 


https://www.youtube.com/watch?v=M6ojFL9SjsY

mika 11/02/2014 21:10


Autre article du même Nicolas Gauthier...


Une fois de plus, les médias sont pris en flagrant délit de nier les mots afin de mieux faire l’impasse sur les maux. Bien plus grave qu’une simple
figure de style, sachant que nier la chose équivaut fatalement à masquer la réalité. Ainsi, la preuve par les faits divers.


Le 11 août, un militaire est placé en détention, « suspecté
d’avoir projeté d’attaquer la mosquée des Minguettes à Vénissieux », à en croire Le
Monde.


Il s’appelle Christophe Lavigne, a servi en Afghanistan et n’est « pas
encarté dans une quelconque organisation », admet le quotidien vespéral, lequel le décrit encore comme « solitaire,
fragilisé par une rupture sentimentale ». Pas vraiment le profil d’un ennemi public numéro un, d’un Mohamed Merah ou d’un Anton Breivik. Il n’empêche. Pour
un méfait potentiel, auquel « il
avait déjà renoncé », à en croire les enquêteurs, son prénom, son patronyme, son parcours ont été jetés en pâture à la presse. Nul doute qu’il sera viré de
l’armée et ira rejoindre la horde des chômeurs.


Mais il est d’autres cas de figure dans lesquels les mêmes médias sont autrement plus prudents…


Marseille, le 9 août, le jeune Jérémie Labrousse est poignardé à mort par un
voyou ; lequel sera interpellé peu après. Qui est-il ? Il faudra quelques jours pour qu’on l’apprenne. Habitué des
tribunaux, condamné à six mois de prison en 2013, il s’appelle Ali Hamadou. Une chance pour la France, donc…


Mais là, pas de généralisation, pas d’enquête sur le profil de l’assassin, les livres qu’il lit ou la musique qu’il écoute.


Au contraire de Christophe Lavigne : un fait divers sans portée sociétale.


La Garenne-Colombes, le 7 août, un autre drame. Une femme de 32 ans est rouée de coups ; on la retrouve, quasi miraculée, baignant dans son sang. Quelques minutes plus tard, une autre femme, âgée de
21 ans, est violée aux abords de la gare locale. Le 14 du même mois, si Le
Monde relate l’affaire, pas un mot sur l’état civil du prévenu ; tout au plus apprendrons-nous qu’il s’agit d’un multirécidiviste bénéficiant d’un
régime de semi-liberté. Heureusement
Le Figaro est un peu plus prolixe, concédant qu’il s’agit d’un certain Sofiane M. !


Autrefois, on parlait encore « d’individus
de type méditerranéen », histoire de faire comprendre qu’il ne s’agissait pas de vieux Normands de souche. Mais à force de passer la réalité au prisme du
politiquement correct, certains journalistes ont fini par se couper de la réalité ; histoire, on l’imagine bien, de ne « pas
faire le jeu du Front national ». Comme nos généraux de 14-18, les plumitifs en question se retrouvent immanquablement en retard d’une guerre.


Tétanisés par la peur de se voir taxer de racisme, ils en ont même oublié que Malek Boutih, ancien patron de SOS Racisme, dans un livre
intitulé La
France aux Français ? Chiche !, coécrit avec notre consœur Élisabeth Lévy, était pourtant le premier à reconnaître qu’« à
Fresnes, on peut compter les Blancs…» L’islam, première religion carcérale de France, telle est la réalité. Dans un souci d’équité, on dira aussi que les Gaulois sont majoritaires
dans la délinquance sexuelle et que nos compatriotes juifs ne sont pas les derniers à se voir nourris, logés et blanchis aux frais de l’État pour carambouilles financières… Et alors ? Il
n’est pas besoin de lire les journaux, mais seulement de se promener dans la rue pour savoir que si tous les enfants issus de l’immigration ne vous gâchent pas la vie en permanence, ceux qui vous
la pourrissent sont généralement enfants issus de l’immigration.


Au sommet de l’État, Christiane Taubira, garde des Sceaux, persiste à estimer que la prison n’est pas la solution. Peut-être, mais Christiane
Taubira non plus. Quant à Manuel Valls, il se contente pour le moment de jouer au faux dur ; un peu comme, naguère, un certain Nicolas Sarkozy. Et dans ce jeu d’ombres, la palme revient à
François Delapierre, bras droit de Jean-Luc Mélenchon : « Valls,
c’est l’extrême droite du mouvement socialiste ! »