Si on parlait de la cohabitation? Par Béatrice Houchard

Publié le 8 Juin 2012

Par Béatrice Houchard

Qui affirme qu'il faut éviter "une cohabitation avec son cortège de conflits larvés et de paralysie"?  Jean-Marc AyraultFrançois Hollande en 2012? Non: Nicolas Sarkozy en mai 2007 au Havre, après sa victoire à l'élection présidentielle.

Qui assure qu' "une cohabitation avec les socialistes et la gauche serait évidemment préférable à une régression sociale pour cinq ans"? Jean-François Copé? François Fillon en 2012? Non, le socialiste Claude Bartolone le 9 mai 2007.

Dans ce jeu de rôles-là, les responsables politiques sont excellents et peuvent, à cinq ans d'intervalle, changer totalement de discours. Ont-ils vu leur candidat l'emporter à la présidentielle? Ils veulent évidemment gagner les législatives qui suivent, afin de mettre en œuvre leur programme. "Sans majorité à l'Assemblée nationale, rien ne pourra être réalisé" déclarait Nicolas Sarkozy en 2007. François Hollande, aujourd'hui, ne dit pas autre chose.

La gauche ne trouve plus aucun charme à cette cohabitation à laquelle elle faisait les yeux doux en 2007. A droite, les mêmes qui criaient à l'attentat contre les institutions de la Ve République en cas de cohabitation en 2007, se forcent aujourd'hui pour dire que, finalement, peut-être, on ne sait jamais, la cohabitation pourrait avoir quelque charme. La cohabitation, selon Jean-François Copé, permettrait " d'éviter la catastrophe du projet Hollande" (...) "Ne laissons pas la gauche accaparer tous les pouvoirs,  Sénat compris. Ne lui donnons pas l'Assemblée nationale! Alors nous ne serions pas en démocratie!".

Le seul qui avait essayé de concilier les deux pensées, c'est François Mitterrandlors de sa réélection en 1988. Le président socialiste avait assuré qu'il ne serait "pas sain" que la majorité soit trop large. Les électeurs lui avaient donné raison en envoyant à l’Assemblée une majorité d'extrême-justesse. (on notera d'ailleurs qu'il a pu gouverner avec Michel Rocard et les centristes de droite. Les mêmes que l'on retrouvent aujourd'hui à l'UMP. ndlr de Gérard Brazon) Cette année, François Hollande ne jouera pas le pousse au crime.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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