Sionisme, antisémitisme, d'abord la haine du Juif !

Publié le 11 Mars 2010

Pendant que la gauche est attentive à la montée de l’extrême droite, qu’elle fait feu de tous bois dès lors qu’un mot, un geste, une allusion dans la presse ou de la part de politiques seraient incompatibles, disent-ils, avec les valeurs de la république, il y a un danger très présent. Une vraie et une réelle peste sévit. 
            Cette peste n’a pas de chemise brune, n’a pas de discours nationalistes ou patriotiques, elle ne défile pas le bras tendu en hurlant sa haine dans les rues de France. Non, cette peste sévit dans les écoles, les cités, les rues le plus souvent elle est verte.

Tandis que la gauche, par un tropisme curieux ou par stupidité profonde ne voit que des français franchouillard racistes. Qu'elle se place dans l’exigence et l’observance d’un discours formaté, lessivé si ce n’est javellisé dans la machine à laver du politiquement correct, des jeunes circulent et attaquent d’autres jeunes pour leur appartenance religieuse, leur différence.

Tandis que des internautes de gauche et autres médias sympathisants s’ingénient à contourner l’écueil du mot antisémitisme (la haine du juif) par l’expression sionisme, des français subissent des agressions du fait qu’ils sont juifs.
           A quoi cela sert-il de relater la Rafle du Vel-d’hiv si la poursuite et la chasse continue sous une autre forme, par d’autres et de façon sournoise. Une chasse jamais dénoncée.
          Désormais ce n’est plus le juif qui est agressé sur le territoire français mais l’israélien. Mais dans la réalité, cela revient au même. Cette haine est présente et se fait jour en permanence dans le silence assourdissant des associations droit-de-l’hommiste. Cette haine et ces attaques sont le fait de jeunes formatés et sous la coupe de religieux fondamentalistes qui importent les conflits du Moyen-Orient en France. Ils sont de plus en plus nombreux ces jeunes et ces prédicateurs de la haine et la gauche ne dit rien car cela remettrait en cause son discours politique. Elle devrait aussi condamner des palestiniens qui défilent avec des croix gammées et font le salut nazi dans les rues de Gaza. Certes c’est en cisjordanie, loin de France mais à l’heure d’internet et de la télévision par satellites, les distances sont réduites à quelques minutes. Silence de ces donneurs de leçons. Consternant. Alors j’édite une lettre du Président du CRIF qui relate un fait parmi d’autres.

Gérard Brazon

 

Scènes de la vie quotidienne, par Haïm Musicant, directeur général du CRIF

 

A Paris, capitale de la France, symbole du combat pour la liberté, l’égalité et la fraternité, Avi 14 ans, rentre de l’école, voici quelques jours.

 Portant kippa et tsitsit, il est presque chez lui quand il sort du métro. Là, l’attend une bande de sept jeunes, cagoulés sauf un seul. Ils le traitent de « sale juif ». L’un d’entre eux le frappe avec un poing américain. Des coups violents lui sont portés. Après quelques minutes, les agresseurs s’enfuient sans inquiétude.

 Le SPCJ conseille à Avi de porter plainte, la police ouvre l’enquête mais prévient : elle sera difficile à mener.

Cette agression s’ajoute à la longue liste insupportable des actes antisémites. Rarement mentionnée dans la presse nationale, elle n’est pas un élément de plus pour alimenter les statistiques. C’est la vie d’un adolescent, et de sa famille qui est bouleversée. De toute une communauté aussi.

 Après s’être attaqué dans un premier temps à des bâtiments, désormais sécurisés, il est plus lâche de s’attaquer à des juifs isolés, jeunes de préférence.

 Une étude d’Erik Cohen, a démontré que l’école laïque n’assume plus la sécurité physique et psychologique des enfants juifs. En 2010, un tiers des enfants juifs sont dans des écoles publiques, un tiers vont dans des écoles juives et un tiers ont rejoint d’autres établissements privés.

 

Voici près de dix ans que les jeune s juifs doivent apprendre à faire avec. Avec cette situation inacceptable, qui leur impose d’éviter certaines rues et lignes de métro. On ne peut pas, on ne doit pas s’habituer.

Les autorités publiques ont déclaré la guerre à l’antisémitisme, mais celle-ci sera t-elle gagnée ? Il faut plus d’éducation, de poursuites, de répression. Sans oublier l’amélioration de l’insertion dans la cité des agresseurs de juifs. Les parents ont aussi un rôle à jouer.

 

Surtout ne pas désespérer ni renoncer. Nous prenons à leur juste mesure les paroles de nos gouvernants qui déclarent que « s’attaquer à un juif, c’est s’attaquer à la République », nous leur faisons confiance pour lutter contre les antisémites. Nous nous félicitons des initiatives de la société civile. Mais…

 

Dans cette période où le « chacun pour soi », semble l’emporter sur le « vivre ensemble », dans cette époque de confusion idéologique où l’antisémitisme se camoufle timidement sous le masque de l’antisionisme, et où s’estompe peu à peu le souvenir de la Shoah, il n’est pas trop tard. Pour rassembler les forces saines des pays qui refusent la fatalité et ne veulent pas d’une France défigurée.

 

(Article publié dans Actualité juive du 4 mars 2010)

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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