Social-nihilisme et National étatisme en fusion par Lucien Oulahbib

Publié le 24 Septembre 2013

 

Lucien Oulahbib

Ne plus à avoir à payer son tiers payant pour la SS revient à déresponsabiliser encore plus des individus dont souvent le mal est plus psychosomatique que simplement "physique" ; tout comme cette moitié de foyers fiscaux qui ne paye rien ne serait-ce que le franc symbolique. Loin de soulager les plus "pauvres" cela ne fait que les enfoncer encore plus dans leur rôle victimaire que les politiques leur confectionnent pour mieux vivre à leur place en leur nom.

C'est en effet au nom du peuple que la dépossession politique de celui-ci s'accentue.

L'individu n'est plus que le reflet de sa carte "vitale". Un reflet dévitalisé. Une combinatoire sans identité sans sexe sans responsabilité mais avec des droits à aller plus encore dans le "sans" : sans sang, cent sang, centaure, avenir cyborg assisté par les ordinateurs étatiques qui viendront vous monter et démonter.

L'État Moloch, au lieu de vous libérer en vous permettant que vous choisissiez la meilleure manière de vous protéger va au contraire vous absorber (comme les Borgs dans Star Trek) ce qui lui permet de mieux vous surveiller, de l'intérieur en quelque sorte, puisqu'il s'occupe déjà de tout, il suffit d'avoir des "droits" et en échange une "carte" vous donnera accès aux "services", vous voilà prévenu gosier ouvert prêt à gober toute la culture en préparation tandis que la médecine administrée désormais vous recoud en cas de pétage de plomb, vous le "déséquilibré" à terme, victime du "Système"…

Tant et si bien qu'aller attaquer un supermarché à Nairobi pourrait être remboursé par la Sécu mais oui.

Il suffira de basculer dans le système du social-nihilisme (dont le national étatisme est la version locale) : attrapé, le vénérable combattant sera considéré "déséquilibré" à cause du méchant "ultra libéralisme", et s'il est condamné à moins de 5 ans, ce qui est possible si l'on ne s'est pas fait prendre l'arme à la main (il suffit de la jeter derrière la caméra) le "déséquilibré" aura tout le temps de faire une probation utile avec bouquin à la clé émissions à la mode, humaniste désormais bien sûr.

Nous sommes ainsi au sein même de la société du reality show qui a désormais tout absorbé et où ce qui compte ce n'est pas ce que l'on fait mais ce que l'on explique comme dans l'art conceptuel (ce que vous voyez n'est pas une merde mais au contraire un travail très déféqué). Voilà la force précisément du discours actuel qui se pare bien sûr de toute la scienticité voulue avec ses milliards de notes savantes et de mis en plis Cartier. Ainsi Nairobi serait la "conséquence" des révolutions "arabes" en échec assène Gilles Kepel sur Europe 1 alors que les islamistes avaient un agenda bien avant celles-ci et que l'on voit par contre très bien ce qui aurait changé en cas de succès du point de vue islamiste : l'instauration d'une société sans supermarché et aussi sans "juifs" (il y avait des forces spéciales israéliennes en plus), entendez par là que tout ce qui est "boko" (occidental ou venu de lui) il s'agit de le rendre "haram" (impur) : combien d'écolos-trotskistes transis de haine "anti-capitaliste" ne se sentent pas représentés par ces purificateurs issus de "plusieurs nationalités étrangères" par dessus le marché si l'on peut dire.

Le social-nihilisme et le national étatisme font donc tout pour accentuer ce succès anti-boko : lancer les drones sur ceux qui ne connaissent pas le "true" islam aura certes pour conséquences désormais de tuer des chrétiens en attendant mieux comme le clament les grands guerriers de l'islam taliban joyeux de détruire des femmes et des enfants. Car il ne s'agit pas bien sûr de mener également le combat au niveau spirituel en montrant bien que les islamistes ont au contraire très très bien lu l'Islam, et qu'il s'agit donc pour les musulmans qui refusent leur lecture si fidèle d'en proposer une autre, de se démarquer vraiment, de décider qu'il n'est pas possible à terme de se réclamer du même livre. Sauf que les partisans du social nihilisme et du national étatisme viennent leur faire la leçon, ne leur laissent même pas le temps, en prétendant savoir mieux qu'eux, et donc en se portant au devant, ce qui fait évidemment rire les jeunes djihadistes qui savent bien que Hollande, Obama, Kepel, ne connaissent pas mieux qu'eux le coran et surtout la sira

Et puis aller combattre là-bas alors que le "djihad du sexe" bat son plein, voilà une aventure formidable qu'un "emploi jeune" ou un "contrat aidé" ne remplacera jamais.

Certes, la violence de part le monde a considérablement baissé depuis 50 ans, mais la violence invisible est plus incisive tel un scapel qui vous coupe de toute origine, passé, présent, futur, avec numéro de code dont on n'aura bientôt pas besoin de donner, il suffira de se faire scanner par le drone de la Sécu (globale).


Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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