SOCIALISME ET CORRUPTION : LA SUITE DU FEUILLETON

Publié le 18 Mars 2012

 Par Minurne 

 Cela fait partie des privilèges des dominants : se tromper, mentir, voler sans qu'on puisse leur faire de reproches.

Quand il est pris en flagrant délit d'erreur, le chef de la horde de singes attrape le plus faible et le rosse. Nos modernes politiciens font de même : ils portent plainte, ou font rosser par leurs sbires celui qui a révélé la vérité (ou un bouc émissaire s'ils ne peuvent s'en prendre directement à celui qui les a dénoncés).

C'est ce qui est arrivé à Gérard Dalongeville, petit militant, maire d'une petite commune minière du Pas-de-Calais, socialiste depuis un siècle.

Les chefs de la fédération régionale du PS, pour couvrir leurs malhonnêtetés, l'ont laissé plus d'un an en prison pour des fautes qu'ils lui avaient fait commettre pour enrichir le parti.

 

 Hollande et Dalongeville (avant que ce dernier se mette à table)...

Les juges qui partout en France instruisent les affaires de financement occulte du parti socialiste comptent bien remonter jusqu'à la tête, en dépassant le niveau des rouages secondaires que sont les petits Dalongeville qui paient les pots cassés par les grands.

Ce n'est pas facile ni rapide. 

Pour prendre une métaphore, imaginons un aéroport. Les douaniers savent que certains des avions convoient des cargaisons frauduleuses. Ils en trouvent une et arrêtent le pilote commandant de bord.

Dans la tour de contrôle, il y a les chefs, ceux qui commandent et organisent le trafic. Ils font passer un message au pilote : "ferme-la et on te tirera d'affaire plus tard". Comme ce sont eux qui ont les ordinateurs de gestion du trafic, ils procèdent aux retouches de logiciels et de comptes nécessaires et ne seront jamais inquiétés.

Si besoin est, ils détruisent carrément les disques durs, comme l'a fait en 2009 Rémy Bargès, le Directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini à Marseille.

Au-dessus des chefs organisateurs et contrôleurs, il y a deux ou trois grands chefs, les parrains, à la direction centrale des aéroports à Paris. Ceux-ci, aussitôt informés du problème, évitent désormais de venir vérifier la gestion de l'aéroport. Si une question leur est posée, ils nient tout lien avec cet aéroport et son personnel pourris, affirmant que si le délit est prouvé, ils prendront "les mesures et les sanctions nécessaires", et puis ils se retranchent derrière un discours de morale et d'honnêteté à faire pleurer un vieux crocodile du Nil de sexe mâle.

 

Regardez Hollande : il parcourt la France en tous sens pour sa campagne électorale, mais...

vous ne le verrez pas dans l'Hérault serrer la main de son vieil ami Robert Navarro,

ni dans les Bouches-du-Rhône celle de Jean-Noël Guérini fidèle soutien de Martine Aubry,

ni dans le Tarn-et-Garonne celle du candidat à la primaire Jean-Michel Baylet récemment remis en examen,

ni dans le Pas-de-Calais celle de Kucheida,

ni à Strasbourg celle de Roland Ries…

 La règle est que rien ne doit remonter jusqu'à la rue de Solférino.

 Martine Aubry doit regretter d'avoir un jour téléphoné à Hénin-Beaumont pour imposer à Dalongeville de prendre sa vieille copine Marie-Noëlle Lienemann en pension à la mairie le temps d'arranger ses bidons. 

Et puis si un éléphant est menacé d'être éclaboussé ou compromis, on le déplace, comme Jack Lang de Boulogne-sur-mer à Saint Dié dans les Vosges.

 Pour prendre une autre métaphore, quand un arbre a des branches qui commencent à pourrir, on les coupe en vitesse ce qui permet d'affirmer que le cœur n'est pas atteint et que l'arbre est toujours aussi sain.

D'ailleurs, on est malins au PS, on coupe les branches soi-même : c'est le Sénat socialiste qui vient de lever l'immunité parlementaire de Roger Navarro et de Guérini. "Bonne décision" a déclaré Martine Aubry, ainsi, "ils pourront prouver leur innocence" !

 Guérini et Navarro

Le parti socialiste a repris à son compte les pratiques paternalistes en vigueur dans le grand patronat industriel au XIXe siècle. Il créait l'usine, mais aussi les logements ouvriers, les cantines, le service social, les hôpitaux, les maisons de retraite.

Les fils et les gendres créaient les entreprises qui deviendraient les fournisseurs de l'usine.

Les femmes et les filles étaient embauchées comme secrétaires, infirmières ou cantinières.

Ils tenaient ainsi en main tout le processus de production et le personnel qui, s'il n'était pas docile, perdait non seulement son emploi, mais celui de sa femme ou de sa fille, sa maison, le droit aux soins, etc.

Les patrons pouvaient s'enrichir rapidement et, pour que cela se fasse en toute tranquillité, ils postulaient à la mairie, à la députation, au Sénat, jouaient au bridge avec les magistrats et les commissaires, créaient même parfois un syndicat qu'ils finançaient.

Dernière minute ! On vient d'apprendre que Jean Claude Sabre, directeur de l'usine de retraitement des ordures ménagères de Lille s'est suicidé.

La justice a découvert dans ses comptes pour 750 000 $ d'irrégularités selon La Voix du Nord. Réaction de Martine Aubry "c'est un véritable drame". On compatit.

Mais on ne sait pas si elle fait allusion au suicide du directeur ou à la fermeture de la pompe à finances mise dans le collimateur de la justice. Jean Claude Sabre avait été trésorier de Martine Aubry aux dernières municipales, et trésorier de la Fédération PS du Nord.

Nous invitons ceux qui voudraient des informations complémentaires à lire l'article de Paul le Poulpe sur le site Riposte Laïque. Ils y verront notamment une video dans laquelle Mélenchon explique sans vergogne simultanément les petites magouilles électorales internes au PS et l'absence totale de parole de François Hollande. On a du mal à croire que ces 2 candidats rassemblent encore 40 % des intentions de vote à eux 2... Pauvre France !

http://minurne.blog4ever.com/blog/lirarticle-431391-8876924.html

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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LA GAULOISE 19/03/2012 08:34


Avant de jeter la pierre au president actuel, madame Royal ferait donc bien de balayer devant la porte de ses amis socialistes.