Souvenir d'Histoire: dans la veine de la "révolution" par les financiers !

Publié le 22 Octobre 2013

Amis financiers et spéculateurs du XXIème siècle, je veux vous compter cette sombre période de notreHistoire de France où vos ancêtres, dont fait partie votre serviteur, ont failli vaciller.

Robespierre, un caillou dans la chaussure

 Source Diktacratie.com

Tout s’était si bien déroulé en cette année 1789. Comme prévu, notre bourgeoisie d’affaire était arrivée au pouvoir sous couvert d’une révolution populaire. On avait détruit les privilèges de ces profiteurs du Clergé et de la Noblesse en lançant la foule des gueux en première ligne. Une foule à qui on aurait pu faire avaler n’importe quoi. Il est vrai que l’homme descend de plusieurs degrés sur l’échelle de la civilisation alors qu’il se mêle à la foule.

 

On allait enfin pouvoir se partager le gâteau hexagonal.

Un petit coup de novlangue par-ci en s’autoproclamant Tiers-état. Quelques récalcitrants mâtés dans le sang par-là, à l’aide des soldats de La Fayette. Il a toujours aimé amuser la galerie celui-là ! Et l’affaire était ficelée. La vision politique de Voltaire était exhaussée : une nation bien organisée est celle ou le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui et le gouverne.

 

 Vive la liberté, l’éga…heu, la liberté et la liberté !

Chacun était enfin libre d’exploiter son prochain. Que d’émotions cette révolution populaire. Pas le droit de vote pour les pauvres, pas d’union des travailleurs possible. Du haut de votre siècle, José Manuel Barroso doit en faire des rêves érotiques, le fripon.

 

Seulement voilà qu’un avocat de province, chef de famille à 9 ans, vint jouer le donneur de leçon. À nous, les vrais révolutionnaires ! En fondant les lois sur la richesse, on ferait, selon lui, de la constitution même la corruptrice de la vertu. Drôle d’énergumène que ce Robespierre ! Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, il dénonça l’hypocrisie des droits de l’homme alors que quelques grandes compagnies s’adonnaient à l’esclavage.

 

Une des icônes de notre monde de la richesse mobilière, la si gracieuse Madame de Staël, tendit à s’étrangler. Comprenez-la, la pauvre. Elle qui a connu cette douce époque où son père, le ministre des finances Necker, prêtait son propre argent au roi, à 14% d’intérêts, alors qu’il était en fonction. Dire que deux cent ans après, votre ministre des Finances ne sera que le simple intermédiaire des usuriers… Toutes les valeurs se perdent.

 

Pour soi-disant faire le ménage dans notre révolution aboutie, l’effronté Robespierre, adorateur deRousseau, proposa ensuite que les députés ne puissent pas se représenter. Certes, ce n’était pas du Chouard, mais tout de même il y allait fort le bougre. Et fichtre, pourquoi ne pourrait-on pas être député à vie ? Si on laissait se propager de telles idées, les enfants de députés n’auraient bientôt plus eu le droit de faire le même métier que leur père ! Et pourtant, les fils de paysans le faisaient bien, eux !

 

Autre sujet, autre fâcherie, cet hurluberlu décida de faire voter un décret déclarant que la France ne ferait plus jamais de guerre d’agression et ce, même au nom de nos nouvelles valeurs de liberté, sous le fallacieux prétexte que personne n’aime les missionnaires armés. Mais personne ne lui a dit que la guerre ça rapportait ? Que les fournisseurs militaires (nouveau petit clin d’œil à notre ami Voltaire) avaient tout de même le droit de s’en foutre plein les poches ? Que pour entrer en guerre le nouvel Etat devrait emprunter ? Narbonne, le ministre de la guerre d’alors, n’avait-il d’ailleurs pas proclamé qu’il fallait faire la guerre parce que le sort des créanciers de l’Etat en dépendait ? Un bien brave ministre ce Narbonne, lui qui fut mis en place par sa maîtresse, l’incontournable et si « ouverte » madame de Staël.

 

Maximilien était définitivement trop dangereux pour nous autres, exploiteurs de tous bords. Fallait l’acheter comme on l’avait fait avec ce truculent Danton pour qui les livres scolaires francs-maçons et libéraux auront diablement plus de considération. Peine perdu. « On n’y réussira pas, proclama Mirabeau, c’est perdre son temps que de vouloir corrompre Robespierre, cet homme n’a pas de besoins, il est sobre et a les mœurs trop simples. »

 

En effet, après réflexion, comment voulez-vous corrompre un homme affublé de tous les pouvoirs qui se permet l’outrance de vivre dans une seule pièce ?

 

Cependant, le pire restait à venir. Ce vulgaire demanda la peine de mort contre les accapareurs et les spéculateurs de denrées de premières nécessités. Il alla même jusqu’à s’offusquer que le responsable des finances en personne fomente cet agiotage. Si les financiers ne peuvent plus spéculer, autant qu’ils se fassent boulanger ! Il proposa aussi, ce mécréant du profit inique, que la constitution républicaine marque les limites au droit de propriété, sous prétexte que la limite de la propriété c’est la vie ou la dignité d’autrui. Je vous entends déjà du haut de votre XXIème siècle : « Mais alors, c’est vrai, des gens de gauche ont vraiment existé ? » Face à ces idées monstrueuses, Mirabeau et son panache ont à nouveau eu le courage de se lever :

 

« Monsieur Robespierre est disqualifié pour la politique car il croit tout ce qu’il dit ! »

 

Manifestement non rassasié, Robespierre se remit à table en évoquant le droit de pétition et le droit à tout homme de publier ses pensées, par quelques moyens que ce soit, et que la liberté de la presse ne pouvait être gênée et limitée en aucune manière. C’est qu’il s’attaquait à nos formateurs d’opinions ce fourbe !

 

De tels hommes ne pouvaient définitivement être laissés libres de s’exprimer sous peine de ruiner nos profits sur le dos de la plèbe. Pour l’arrêter, on a dû avoir recours à la subversion et à un guillotinage en règle. Après tout, chacun son tour.

 

Toutefois, avant de décapiter ce sanglant orgueilleux, et de pouvoir annoncer sous la voix de monsieur Boissy d’Anglas qu’ «  un pays gouverné par les propriétaires est dans l’ordre social », nous avons mobilisé nos peu de reste de charité parfois chrétienne pour lui permettre d’exprimer ses dernières volontés…

 

Nous voulons une patrie qui procure du travail à tous les citoyens ou les moyens de vivre à ceux qui sont hors d’état de travailler.

Nous voulons une cité où les transactions seront la circulation de la richesse et non pas le moyen pour quelques-uns d’une opulence fondée sur la détresse des autres.

Nous voulons une organisation humaine où les mauvaises passions seront enchaînées : l’égoïsme, la cupidité, la méchanceté.

Nous voulons substituer la droiture aux bienséances, substituer le mépris du vice au dédain du malheur. »

 

Quand on sait qu’il croyait vraiment à ce qu’il disait…cela fait froid dans le dos.

 

 

Chers descendants rapineurs du XXIème siècle, ne nous plaignez point en conjecturant que cette épreuve fut douloureuse. A vrai dire, elle a même eu un mérite. Celui, de nous inciter à passer à la vitesse supérieure. Et, c’est avec l’appui d’un petit général corse que nous créerons dans la foulée une banque privée, La Banque de France. Oui, j’ai bien écrit « privée »

Robespierre, un caillou dans la chaussure

Jérôme Pages du site Lectures au peuple de france.fr

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire de France

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