Souvenir Français.

Publié le 11 Novembre 2009

Un petit billet pour remercier la Déléguation générale du Souvenir Français des Hauts de Seine d'avoir utilisé l'un de mes poèmes "Le Clairon" pour fêter ce 11 Novembre.


Le clairon sonne au loin, forçant  les fatigues.

Ses regards morts sur des visages meurtris

Se lèvent, affirmant le doute, l’incompris.

Des larmes s’écoulent rompant l’immense digue.

 

C’est un soleil et non le temps d’une boucherie

Qui, ce jour, se lève. Des ombres s’avancent,

Le long des tranchées de la désespérance.

De la terre, s’ouvrent des bouches noires de carie.

 

Le clairon balaye les frontières de mort.

Des cris et des rires venant de l’ennemi,

Se mêlent aux joies de tous nos soldats amis.

Oubliée la haine, le désespoir et les torts.
(...)

Merci
Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire de France

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1917@hotmail.com 12/11/2009 00:15



Extraits de la lettre de Jean Blanchard à sa femme Michelle[5]



3 décembre 1914, 11 heures 30 du soir


Ma chère Bien-aimée, c'est dans une grande détresse que je me mets à t'écrire et si Dieu et la Sainte Vierge ne me viennent en aide c'est pour la dernière fois, ....


Je vais tâcher en quelques mots de te dire ma situation mais je ne sais si je pourrai, je ne m'en sens guère le courage. Le 27 novembre, à la nuit, étant dans une tranchée face à l'ennemi, les
Allemands nous ont surpris, et ont jeté la panique parmi nous, dans notre tranchée, nous nous sommes retirés dans une tranchée arrière, et nous sommes retournés reprendre nos places presque
aussitôt, résultat: une dizaine de prisonniers à la compagnie dont un à mon escouade, pour cette faute nous avons passé aujourd'hui soir l'escouade (vingt-quatre hommes) au conseil de guerre et
hélas! nous sommes six pour payer pour tous, je ne puis t'en expliquer davantage ma chère amie, je souffre trop, l'ami Darlet pourra mieux t'expliquer, j'ai la conscience tranquille et me soumets
entièrement à la volonté de Dieu qui le veut ainsi; c'est ce qui me donne la force de pouvoir t'écrire ces mots, ma chère bien-aimée, qui m'as rendu si heureux le temps que j'ai passé près de
toi, et dont j'avais tant d'espoir de retrouver. Le 1er décembre au matin on nous a fait déposer sur ce qui s'était passé, et quand j'ai vu l'accusation qui était portée contre nous et dont
personne ne pouvait se douter, j'ai pleuré une partie de la journée et n'ai pas eu la force de t'écrire...


Oh ! bénis soient mes parents qui m'ont appris à la connaître ! Mes pauvres parents, ma pauvre mère, mon pauvre père, que vont-ils devenir quand ils vont apprendre ce que je suis
devenu ? Ô ma bien-aimée, ma chère Michelle, prends-en bien soin de mes pauvres parents tant qu'ils seront de ce monde, sois leur consolation et leur soutien dans leur douleur, je te les
laisse à tes bons soins, dis-leur bien que je n'ai pas mérité cette punition si dure et que nous nous retrouverons tous en l'autre monde, assiste-les à leurs derniers moments et Dieu t'en
récompenseras, demande pardon pour moi à tes bons parents de la peine qu'ils vont éprouver par moi, dis-leur bien que je les aimais beaucoup et qu'ils ne m'oublient pas dans leurs prières, que
j'étais heureux d'être devenu leur fils et de pouvoir les soutenir et en avoir soin sur leurs vieux jours mais puisque Dieu en a jugé autrement, que sa volonté soit faite et non la mienne. Au
revoir là-haut, ma chère épouse.


Jean


 
Jean-Pierre Guéno et Yves Laplume, Paroles de Poilus. Lettres et carnets du front. 1914-1918, Paris, Librio, 1998. 187 pages.


1917@hotmail.com 11/11/2009 23:27


Jean-Julien Chapelant – Léonard Leymarie – Affaire Lucien Bersot –
Affaire des caporaux de Souain – Félix Baudy – Joseph Dauphin – Camille Chemin et Édouard Pillet – Les Martyrs de Vingré – Eddie Slovik – Eugène Bouret - Marcel Loiseau