Suisse : «L’islamisme menace nos démocraties» (Mireille Vallette)

Publié le 17 Octobre 2012


Le site suisse 
Le Temps publie un article signé Alexis Favre sur le dernier livre de Mireille Vallette intitulé Boulevard de l'islamisme.

M. Favre cite Saïda Keller, présidente du Forum pour un islam progressiste, qui se dit «persuadée que l’islam est compatible avec la démocratie». Elle est bien optimiste ! Aucun pays musulman n'est démocratique. Aucun pays musulman ne reconnaît la liberté de conscience. Même la Turquie, souvent citée comme un modèle, persécute les esprits libres : le compositeur et pianiste turc de renommée internationale Fazil Say a récemment annoncé qu'il songeait à s'exiler au Japon pour éviter la prison. Son crime ? Il a publiquement déclaré son athéisme sur Twitter, ce qui lui vaut une enquête de la police. 

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Mireille Vallette

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Pour Mireille Vallette, l’islamisme menace nos démocraties. Cette féministe de gauche incarne une ligne dure de la critique de l’islam. A l’heure où la France s’inquiète de la présence de cellules islamistes sur son territoire, le dernier livre de la Genevoise Mireille Vallette tombe, en Suisse, comme un pavé dans la mare.

Mireille-valette-boulevard-de-l'islamismeDans Boulevard de l’islamisme (Ed. Xenia), cette socialiste féministe pousse un cri qui ne manquera pas d’être entendu: l’essor du radicalisme musulman en Occident menace nos démocraties, et ceux qui s’en inquiètent sont empêchés de s’exprimer par une bien-pensance qui bâillonne le débat public. S’appuyant sur une multitude d’exemples recensés dans tout l’Occident, Mireille Vallette dresse un portrait au vitriol de la poussée islamiste. Revendications fondamentalistes décomplexées, exigences d’exceptions à la laïcité, atteintes à la liberté d’expression, prolifération des violences faites aux femmes: pour Mireille Vallette, l’islamisme radical et régressif gagne du terrain sous nos yeux. «En ce qui concerne l’islam, la liberté d’expression est très limitée», explique-t-elle. «A la moindre critique publique importante, vous recevez des menaces, parfois de mort.» Et, plus grave estime-t-elle, «notre système juridique tend aussi à restreindre cette liberté: de nombreux juges sont plus sévères avec ceux qui critiquent l’islam qu’avec des musulmans radicaux, qui font des plaidoyers pour l’application de la charia.»

Pire, poursuit-elle, «on n’entend jamais, ou si peu, ceux qui se disent modérés s’élever contre le radicalisme croissant». Inquiète de voir nos autorités lâcher du terrain en acceptant, par exemple, de laisser les petites filles porter le burkini pour les cours de natation, Mireille Vallette est très claire: «L’islam est totalement incompatible avec la démocratie. En revanche, les musulmans ne le sont pas, pour autant qu’ils renoncent à certains préceptes inhumains pour notre XXIe siècle. Ils doivent arrêter de dire que ce ne sont pas les textes qui posent problème. Et reconnaître que la discrimination des femmes en fait partie. J’aimerais entendre un imam me dire: «Voilà les versets qui vous font peur ? Nous y sommes opposés». Mais je ne l’entends jamais.»

Publiée aux Editions Xenia, Mireille Vallette partage désormais le même éditeur qu’Oskar Freysinger. Dans son livre, elle cite d’ailleurs plusieurs fois l’UDC valaisan, dont elle dit partager les positions sur l’islam.

Les éditions Xenia – dont le slogan est «Osez lire ce que nous osons éditer» – seraient-elles la nouvelle plateforme de l’islamoméfiance? «Je vous laisse la responsabilité de ce qualificatif», répond le patron de Xenia, Slobodan Despot. «Je dirais plutôt que mon catalogue aborde des sujets qu’il est difficile d’aborder ailleurs. Il est plus facile, aujourd’hui, de traiter du changement climatique que de la propagation de l’islam fondamentaliste. Notre ligne est donc la liberté d’expression absolue.»

Après avoir publié un premier livre de Mireille Vallette, Islamophobie ou légitime défiance ?, les éditions Favre n’ont pas voulu publier ce second ouvrage. Volonté de censure ? «Non», répond Pierre-Marcel Favre. «Nous avons estimé que, par rapport au premier livre, ce texte n’était pas totalement nouveau.» Et de reconnaître que la crainte des conséquences qu’aurait pu avoir une nouvelle publication a joué un rôle: «Entre le courage de notre maison d’édition et la responsabilité que j’ai de penser à la sécurité de ceux qui y travaillent, il faut parfois faire des arbitrages.»

Si ce dernier aveu semble étayer les craintes de Mireille Vallette quant aux menaces qui pèsent sur la liberté d’expression, son discours soulève néanmoins quelques interrogations.

Sur la méthode d’abord. Pour recenser les exemples de «l’actualité islamique» qui nourrissent son argumentaire, l’auteure s’est fondée sur les observations de «sites spécialisés»: Riposte Laïque, Poste de Veille, Bivouac-ID ou encore l’Observatoire de l’islamisation. Autant de sites militants dénonçant les dangers de la poussée islamiste. N’aurait-il pas fallu aussi instruire à décharge ? «Mon objectif était de montrer les dangers de l’islam radical que je vois se développer depuis des années», répond Mireille Vallette. «Et les ouvertures du côté de l’islam progressiste, je ne les vois pas.» Le lecteur sera donc obligé de s’en contenter.

Sur le fond aussi. Citée par l’auteure comme «une des très rares Suisses à se battre contre l’islam réactionnaire», la présidente du Forum pour un islam progressiste, Saïda Keller Messahli, salue «le courage et la persévérance de Mireille Vallette», mais ne la suit pas totalement sur l’incompatibilité de l’islam avec la démocratie: «On ne peut pas reprocher à un texte du VIIIe siècle de discriminer les femmes, parce que tous les textes religieux de cette époque le font. Je suis persuadée que l’islam est compatible avec la démocratie, parce que la capacité de se réformer existe en islam. C’est donc à nous, musulmans, de faire de ce texte quelque chose de vivant et de ne pas le prendre au pied de la lettre.» En revanche, Saïda Keller Messahli souscrit à la critique d’un angélisme de gauche face aux dérives de l’islam: «Je reproche à la gauche d’avoir trop voulu protéger les musulmans, et de ne pas avoir été claire sur le fait que les droits de l’homme ne sont pas négociables et qu’on ne peut pas faire de relativisme culturel.»

Enfin, estime Hasni Abidi, directeur du Centre d’étude et de recherche sur le monde arabe et musulman, «si les musulmans dits modérés, c’est-à-dire l’écrasante majorité, ne sont pas assez audibles, c’est aussi parce qu’ils veulent se définir d’abord comme citoyens, se fondre dans la société et ne pas être indéfiniment comptables de tous les faits et gestes des radicaux».

Source : La pasionaria de l’anti-islam, par Alexis Favre, Le Temps.ch, 11 octobre 2012.

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Pour répondre au commentaire de Hasni Abidi, je vous recommande l'article percutant de Paul E. Marek, un Canadien d'origine tchèque, intitulé Pourquoi la majorité pacifique n'a aucune importance.

Les enseignements de l'histoire sont incroyablement simples et clairs, écrit Marek : des minorités de fanatiques ont tué et massacré des millions de personnes parce que les majorités pacifiques n'ont pas réagi à temps. Quant à nous, il nous faut surveiller le seul groupe qui compte : les fanatiques qui menacent notre mode de vie, conclut-il.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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rosalie 17/10/2012 12:38


Personnellement je pense que, si les musulmans modérés ne se font pas entendre, c'est parce que, plus que de se fondre dans nos sociétés, ils ne veulent pas critiquer l'islam. Malgré leur envie
de se faire oublier, leur religion les enferme dans un endoctrinement dont ils ont du mal à se défaire ou dont ils n'ont pas envie de se libérer. Si vous dîtes (ce que j'ai déjà fait) à un
musulman que des musulmans ont tué, il vous répondra que ceux là ne sont pas de vrais musulmans, un point c'est tout....trop facile comme argument et surtout impossibilité d'aller plus loin dans
l'explication. S'ils veulent qu'on les accepte, il faut qu'un jour ils évoluent face à l'islam et se démarquent par rapport aux extrémistes fanatiques.