Syndicats: pourquoi les sympathisants votent de plus en plus Le Pen

Publié le 6 Février 2012

Reuter-Express

Syndicats: pourquoi les sympathisants votent de plus en plus Le Pen

Selon un sondage réalisé par l'Ifop, 25% des sympathisants de FO et 22% de ceux de la CGT veulent voter Le Pen à l'élection présidentielle. Comment expliquer ces scores aussi élevés?

Encore un sondage qui ne laissera pas indifférent. Selon une étude de l'Ifop, parue dans L'Humanité de ce vendredi matin, 19% des actifs proches d'un syndicat souhaitent voter Marine Le Pen. 

C'est l'organisationForce ouvrière qui est la plus touchée par la percée du Front national dans le monde des salariés. Selon l'Ifop, 25% de leurs sympathisants voudraient glisser un bulletin Front national dans l'urne. Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, interrogé par L'Express, ne se montre "pas vraiment surpris". "Dans un contexte de crise, c'est normal qu'il y ait un vote contestataire de la part de gens dans la difficulté." (Toujours le même discours rassurant qui consiste à considérer que les adhérents de FO sont de profonds demeurés incapables d'avoir une expression politique! En fait c'est la démonstration de la trouille qui submergent les dirigeants syndicaux qui voient et constatent que leur doxa socialiste et communiste ne prend plus. Lamentable. ndlr Gérard Brazon)

"Il y a, à FO, une diversité d'opinions, confirme Jérôme Fourquet, auteur de l'étude. Et dans les années 1970 et 1980, une part importante d'ouvriers proches du RPR et du gaullisme se tournait vers FO." Et non vers la CGT et la CFDT, historiquement liés au PCF et au PS. 

"Petit à petit, cet électorat de la droite ouvrière a lentement glissé vers l'extrême droite, comme on l'a vu à l'occasion des élections cantonales de mars 2011 au cours desquelles les partis de droite ont souvent été battus dans les cantons populaires au profit de la gauche et du FN. La droite 'populaire' a abandonné Sarkozy", analyse Fourquet. 

Une part non négligeable des salariés de gauche a aussi rejoint le parti de Marine Le Pen. Ce que le sondage démontre. 22%, 17% et 13% des sympathisants, respectivement, de la CGT, de la CFDT et de Sud pensent voter pour la présidente du Front national. "Certains ouvriers, politiquement de gauche, n'y voient pas d'incompatibilité", estime Jérôme Fourquet. 

"Un rejet du système"

La preuve: la moitié des sympathisants de la CGT, proches du FN, préfèreraient voter Hollande à Sarkozy au deuxième tour de la présidentielle de mai 2012. 

Ces derniers sont "touchés par les délocalisations, par la concurrence des produits fabriqués à l'étranger, et sensibles aux questions européennes", selon Fourquet, c'est-à-dire les thèmes de campagne du FN. Ce dernier "a capté les colères, les craintes et la demande de protection de cette classe populaire".

"Ce n'est donc pas un vote d'adhésion, (Amusant cette méthode qui relève de la méthode Coué! ndlr GB) avance Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC -dont 21% des sympathisants penchent pour un vote FN-, mais un rejet du système et des hommes politiques, qui selon les salariés, ne représentent plus le pays." Le syndicaliste songe à toutes "ces promesses non tenues".

"Consigne de vote"

Son homologue de FO, Jean-Claude Mailly pointe aussi du doigt "nos élites politiques" qui "devraient se poser quelques questions."  Pas la faute des syndicats, donc? "Tous les acteurs, syndicats et partis politiques, ont leur part de responsabilité, reconnaît Laurence Laigo, secrétaire nationale de la CFDT, chargée de la relation avec le monde politique. Il faut aller à la rencontre des salariés et leur donner des réponses face aux manques de repères." (Repères ou formatage socialisant qui ne fonctionne plus? Là aussi on retrouve le même mépris de la classe ouvrière supposée être de gauche et communiste et incapable de réaliser par qui elle est exploitée. Ndlr Gérard Brazon 

Selon elle, "les propositions de Marine Le Pen ne sont pas porteuses d'avenir". Les syndicats luttent donc contre les idées du FN. Sans grand succès, pour l'instant. Que faire de plus? "Pas grand-chose, répond Mailly, le syndicat ne doit pas non plus donner de consigne de vote.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Marie-Claire Muller 06/02/2012 17:10


Les salariés adhérents aux syndicats ne sont pas en manque de repaire comme le pensent les leaders syndicalistes .Les temps ont changé? et les veaux raisonnent et ne se laissent plus diriger; car
ils savent qu'on leur ment, qu'on les endoctrine pour pouvoir les manipuler et en effet jpb la farine lancée sur FH était symbôlique!!!

jpb 06/02/2012 16:43


A force de rouler les gens dans la farine ,un jour on en prend plein la g...e,la preuve pour fh.