Syrie : la fitna est installée pour longtemps dans le monde musulman. Par Huineng

Publié le 17 Mars 2013

Tout doucement les pays de la zone arabo-musulmane (1.3 milliard d’habitants) glissent vers le plus meurtrier des conflits de histoire de l’Humanité.

Les querelles religieuses ne sont qu’un peu d’huile jeté sur le feu en train de couver d’une démographie incontrôlable. Selon les principes d’une  loi de causalité qui dépassent les musulmans, le Coran, sera-il la grande machine à perdre de l’Histoire. Mais remontons à la naissance de l’Islam pour comprendre ce qui se passe de nos jours.

Dès la fondation de l’Islam, le ver est dans le fruit : Mahomet n’ayant jamais eu de descendance mâle, va se poser très rapidement le problème de sa succession et il ne faudra pas plus de 50 ans après la mort de Mahomet pour qu’éclate le plus irréductible des conflits à l’intérieur de la Oumma musulmane

A peine 50 ans après sa mort en 632, les prophéties universalistes de Mahomet sont démenties par la scission de la communauté musulmane en deux clans irréconciliables remplis de haine et d’inimitié l’un pour l’autre, le sunnisme et le chiisme : la rivalité chiites-sunnites y plonge ses racines.

Selon les historiens, la déchirure – la fitna – s’est déclarée le 10 octobre 680. Ce jour-là dans la plaine de Kerbala (Irak actuel), la puissante armée du calife Omeyyade Yâzid, contestant le califat d’Ali gendre de Mahomet ayant épousé sa fille Fatima, écrase celle de Hussein fils d’Ali, qui refuse l’allégeance à Damas.

Hussein est tué et enterré sur place et sa tête décapitée envoyée à Damas au calife Yâzid. Son martyre deviendra alors l’acte fondateur du chiisme –  les partisans d’Ali – qui le célèbrent chaque année lors de l’Achoura. Au fil du temps, les chiites continueront à considérer que seuls les descendants de la famille de Mahomet ont autorité sur l’islam, alors que les sunnites, très majoritaires dans le monde musulman, estiment que seule la communauté des croyants respectant la sunna – la tradition – porte le message de Mahomet.

L’Irak restera la terre d’élection du chiisme ainsi que l’Iran voisin. Des communautés chiites apparaîtront au Liban, en Syrie, en Turquie, en Arabie, dans les pays du Golfe et plus tard au Pakistan. Souvent méprisés, les chiites ont toujours été considérés par l’islam sunnite triomphant comme une anomalie politico-religieuse.

C’est ainsi qu’apparaît une contradiction flagrante avec les prophéties unanimistes du Coran et de Mahomet, tous deux réputés envoyés de Dieu donc parfaits, qui prévoyaient que le monde judeo-chrétien finirait par s’entre-tuer jusqu’aux derniers, avant le Jour de la Résurrection :

Sourate 5 verset 14  « Et de ceux qui disent: « Nous sommes chrétiens (…) Nous avons donc suscité entre eux l´inimitié et la haine jusqu´au Jour de la Résurrection. Et Allah les informera de ce qu´ils faisaient ».

Or, c’est exactement l’inverse qui se déroule dans le monde contemporain, presque sous nos yeux grâce à la couverture médiatique et tout doucement les pays de la zone arabo-musulmane (1.3 milliard d’habitants) glissent vers le plus meurtrier des conflits de histoire de l’Humanité.

Aujourd’hui, l’arc réflexe qui se déploie de l’Iran à la Syrie en  faisant un détour par le Mali, a ravivé les anciennes lignes de fracture entre le monde sunnite et le monde chiite.

La destruction de l’Irak en tant que puissance régionale a largement contribué à semer la confusion. La frontière irako-iranienne – Chott al Arab – constituait historiquement la limite séparant le monde chiite du monde sunnite, le monde perse du monde arabe. L’intervention américaine a bouleversé cet équilibre millénaire ouvrant une avenue à l’Iran et au chiisme qui sont alors apparus comme une menace pour l’ensemble des pays sunnites.

L’Iran chiite soutient le régime de Bachar el-Assad, dominé par les Alaouites secte musulmane issue du chiisme.  Une chute du régime syrien couperait Téhéran du Hezbollah, son protégé chiite libanais qui se retrouverait isolé. L’Irak, pays où l’Iran exerce une influence déterminante, est à peu près logé à la même enseigne. Enfin, les pays musulmans sunnites, Qatar en tête, apportent leur appui aux insurgés syriens sunnites, dont la force principale est constituée par les Frères musulmans.  particulièrement.

http://www.liberation.fr/monde/2013/03/11/syrie-al-qaida-revendique-le-meurtre-de-48-soldats-blesses-ayant-fui-en-irak_887610

http://www.liberation.fr/monde/2013/03/07/syrie-manille-exige-la-liberation-des-casques-bleus-philippins-captures_886893

Une confusion générale où on ne sait plus « qui est avec qui » dans le monde musulman, s’est donc installée pour longtemps.

Huineng

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire d'Islam

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Francis NERI 17/03/2013 17:39





Assez d’accord avec Pierre ESCLAFIT. Comme lui je pense que l’islam porte en lui son autodestruction et qu’ils nous laissent
tranquilles quand ils règlent leurs comptes entre eux. Mais ce n’est pas si simple. Pour eux, quelques morts de plus ou de moins ne change rien à l’affaire, et ils se mettent vite d’accord… sur
notre dos !


Leur démographie et la certitude qu’ils seront mieux au ciel que sur terre leur donne un avantage considérable. L’individu ne compte
pas en tant que tel et ils pensent que LEUR groupe doit survivre, s’il le faut, à l’espèce humaine.


Donc ne baissons pas la garde et restons vigilants…enfin, préparons nous à combattre pour sauvegarder ce qu’il nous
reste de civilisation.      


Francis NERIdit :


http://semanticien.blogspirit.com


 

ESCLAFIT Pierre 17/03/2013 17:03


Qu'ils se réduisent par tous mes moyens ne me fait pas pleurer, tant qu'ils se réduisent entre eux, ma foi, c'est tout ça de moins que nous n'aurons pas sur le dos. C'est exactement comme les
règlements de compte de Marseille, si je pouvais je leur donnerai des munitions pour qu'ils aillent encore plus loin...Et je pense que les autorités chargées de ce problème ne sont pas trés loin
de penser comme moi. On connait cet amour de la mort qu'ont les musulmans, ils le disent eux mêmes, alors qu'on compte les coups c'est assez jouissif.