SYRIE - Ré-information: "Les attaques chimiques sont un coup monté"!

Publié le 1 Septembre 2013

PaMarc Le Stahler pour Minurne

Des deux côtés de l'Atlantique, les peuples ont donc finalement réussi à déborder leurs dirigeants. Malgré la désinformation délirante des médias, ils ont compris dans quelle galère leurs gouvernements tentaient de les embarquer. Forçant Obama à surseoir provisoirement aux frappes initialement prévues cette semaine, et Cameron à se retirer purement et simplement de la coalition. Un coup de chapeau en passant au britannique qui a su, en bon démocrate, se plier au vote de son Parlement.


Il n'y a que Hollande qui, tout en se contorsionnant de manière pathétique pour retarder et alléger l'opération, reste droit dans ses petites bottes de petit chef de guerre, pressé d'en découdre pour récupérer - comme au Mali - un petit point dans les sondages. Ce petit point plus deux ou trois autres en octobre quand il aura réussi à faire croire au bon peuple de France que la courbe du chômage s'inverse, comme il l'avait annoncé depuis quelques mois suffirait à son bon plaisir. Personne - et surtout pas les médias - n'ira évidemment dénoncer le subterfuge des emplois fictifs et sans avenir destinés à faire sortir artificiellement et très provisoirement quelques dizaines de milliers de jeunes des statistiques de Pôle Emploi...

Nous le répétons : voler au secours de l'Armée Syrienne Libre, noyautée et manipulée par les islamistes, alors qu'il y a seulement quelques mois la France était intervenue au Mali pour briser l'offensive islamiste, a quelque chose de surréaliste...

Nous le répétons : combattre aux côtés de l'ASL, c'est aider les Nazis à investir la Pologne ! 

Malgré la désinformation massive, donc, les peuples ont enfin découvert qu'on les trompait.

Dans tous les pays d'Europe et d'Amérique du Nord, l'Opinion (avec un grand O !) a réussi à faire dérailler le train de la guerre. Fortement aidés, il faut le reconnaître par la position claire et sans faux-fuyant d'une Russie renaissante, et dont la voix se fait avec bonheur à nouveau entendre dans le "concert des Nations". 
 

Poutine serait-il en passe de devenir le Churchill des temps modernes ?

Quoi qu'il arrive maintenant, Hollande est perdu. Que, pour garder la face, les USA et la France ("nouveaux alliés éternels" comme c'est bizarre, pour un gouvernement de gauche !) fassent la semaine prochaine quelques petites frappes homéopathiques "histoire de", ce n'est pas impossible. Mais ça ne servira à rien ! 

Que ces frappes, si elles dépassent la ligne rouge, puissent dégénérer en conflit régional (en attendant mieux), cet imbécile d'Hollande et son gouvernement (sauf Fabius, qui saura bien sûr se défausser, c'est atavique chez lui) en porteront pour l'Histoire la lourde responsabilité.

Que l'ours russe décide enfin de s'en mêler, en coulant un ou deux bâtiments de la flotte alliée et on sera revenus, par la bêtise de dirigeants incompétents, à une crise proche de celle de Cuba en 1962 ! 

Parvenir, 24 ans après la chute de l'Union Soviétique, à recréer les conditions d'une crise d'ampleur mondiale serait quand même une sacrée réussite ! Chapeau l'artiste !

Sans chercher beaucoup, vous trouverez abondante matière à conforter notre juste opinion sur la folie aventureuse d'une intervention occidentale en Syrie. L' Observatoire de l'Islamisation, notamment, publie articles sur articles, sérieux, fondés, pesés, intelligents.

Mais nous voulions aujourd'hui vous faire partager cet article paru dans le magazine belge "Le Vif" et intitulé " Les attaques chimiques sont un coup monté". 

L'interviewé n'est pas n'importe qui : responsable de la Coordination Nationale pour le Changement Démocratique en Syrie, il sait de quoi il parle et on peut raisonnablement lui accorder quelque crédit...


Marc Le Stahler

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Syrie : "Les attaques chimiques sont un coup monté"

En exil depuis 35 ans, l’opposant Haytham Manna, responsable à l’étranger du Comité de Coordination nationale pour le changement démocratique (opposition syrienne non armée), s’oppose avec force à toute intervention étrangère contre son pays. 

Haytham Manna © Reuters


L’utilisation d’armes chimiques en Syrie pourrait amener les Occidentaux à "punir" le régime. Qu’en pensez-vous ?

HAYTHAM MANNA
 : Je suis totalement contre, tout comme la coordination que je dirige. Cela ne fera que renforcer le régime. Ensuite, une intervention risque d'attiser encore plus la violence, d'ajouter de la destruction à la destruction et de démanteler un peu plus la capacité de dialogue politique. Le régime est le premier responsable car il a choisi l’option militaro-sécuritaire. Mais comment peut-on parler de guerre contre le terrorisme et donner un coup de main à des extrémistes affiliés à Al Qaeda ? 


Les Occidentaux choisissent la mauvaise option, selon vous ? 

Depuis le début, c’est une succession d’erreurs politiques. Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont poussé les parties à se radicaliser. Ils n’ont pas empêché le départ de djihadistes vers la Syrie et ont attendu très longtemps avant d’évoquer ce phénomène. Où est la démocratie dans tout ce projet qui vise la destruction de la Syrie ? Et pensez-vous que ce soit la morale qui les guide ? Lors du massacre d’Halabja [commis par les forces de Saddam Hussein en 1988], ils ont fermé les yeux. Je m’étonne aussi de voir que les victimes d’armes chimiques sont bien davantage prises en considération que les 100 000 morts qu’on a déjà dénombrés depuis le début du conflit.

Qui est responsable du dernier massacre à l’arme chimique ? 

Je n’ai pas encore de certitude mais nos informations ne concordent pas avec celles du président Hollande. On parle de milliers de victimes, alors que nous disposons d’une liste de moins de 500 noms. On est donc dans la propagande, la guerre psychologique, et certainement pas dans la vérité. Ensuite, les armes chimiques utilisées étaient artisanales. Vous pensez vraiment que l’armée loyaliste, surmilitarisée, a besoin de cela ? Enfin, des vidéos et des photos ont été mises sur Internet avant le début des attaques. Or ce matériel sert de preuve pour les Américains ! 

Pensez-vous qu’une partie au conflit a voulu provoquer les Occidentaux à intervenir ? 

C’est un coup monté. On sait que les armes chimiques ont déjà été utilisées par Al Qaeda. Or l’Armée syrienne libre et les groupes liés à Al Qaeda mènent en commun 80% de leurs opérations au nord. Il y a un mois, Ahmad Jarba [qui coordonne l’opposition armée] prétendait qu’il allait changer le rapport de forces sur le terrain. Or c’est l’inverse qui s’est produit, l’armée loyaliste a repris du terrain. Seule une intervention directe pourrait donc aider les rebelles à s’en sortir… Alors, attendons. Si c’est Al Qaeda le responsable, il faudra le dire haut et fort. Si c’est le régime, il faudra obtenir une résolution à l’ONU. Et ne pas laisser deux ou trois pays fédérer leurs amis, pas tous recommandables d’ailleurs. 

Entre Occidentaux et Russes, quelle position vous semble la plus cohérente ? 

Les Russes sont les plus cohérents car ils travaillent sérieusement pour les négociations de Genève 2 [sensées mettre autour d’une même table le régime et les opposants]. Les Américains ont triché. Deux ou trois fois, ils se sont retirés, au moment où s’opérait un rapprochement.

Une solution politique est-elle encore possible ?

Tout est possible mais cela dépendra surtout des Américains. Les Français se contentent de suivre. Une solution politique est la seule qui permettra de sauver la Syrie. Mais l’opposition armée ne parvient pas à se mettre d’accord sur une délégation. 


Que deviendra Bachar al Assad? 

Il ne va pas rester. Si les négociations aboutissent, elles mèneront de facto à un régime parlementaire. Si du moins on accepte de respecter le texte de base de Genève 2 qui est le meilleur texte, avec par-dessus un compromis international. Mais laissez-moi dire ceci : quand on parle de massacres des minorités, et que le président fait partie d’une minorité, comment peut-on lui demander de se retirer ou ne pas se retirer ? Aujourd’hui, la politique occidentale a renforcé sa position de défenseur de l’unité syrienne et des minorités. Cela dit, personne ne pourra revendiquer de victoire : la violence est devenue tellement aveugle qu’il faudrait vraiment un front élargi de l’opposition et du régime pour en venir à bout.


François Janne d’Othée

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Roban 02/09/2013 15:59


Que les armes chimiques aient été utilisées ne fait pas de doute, mais par qui ?


Obama prétend qu'il a des preuves que c'est Assad et bien qu'il les montre !


En revanche les experts ont décelé une ogive de fabrication occidentale dans la banlieue de Damas alors que l'armée régulière syrienne ne possède principalement que des armes russes. D'autre
part, les mêmes experts ont vu dans un hôpital de Damas des soldats de l'armée régulière infectés par le gaz sarin. C'est ça les preuves d'Obama ? Et pourquoi brusquement, au grand désespoir de
notre chef de guerre, il recule devant l'intervention ? Il a sûrement reçu les infos des experts et appris que les turcs ont arrêté à leur frontière une vingtaine des djihadistes portant des kgs
de gaz sarin.


Quant à hollandouille, je me demande comment il va s'en sortir ? Il devrait demander à BHL d'aller en Syrie avec sa donzelle, laquelle pourrait satisfaire les ardeurs des rebelles !


 

island girl 01/09/2013 18:47


Dommage qu'il ne soit pas possible d'envoyer une photo sur ce site ....Obama tient une laisse vide d'une main et de l'autre une laisse avec rantanplan (à tete   de hollande)...."j'ai perdu
un de mes toutous il ne me reste que celui là!"

DURADUPIF 01/09/2013 17:35


Lisibilité et visibilité à la hauteur de leurs compétences: c.a.d NULLES. Les princes qui nous gouvernent sont élus au suffrage universel. Ne cherchons plus l'erreur !

L'EN SAIGNANT 01/09/2013 16:04


Répétez-le le plus souvent possible:< nous sommes dirigés par une bande de cons incompétents mais prétentieux de la pire espèce > .! Et, notre horizon est plus que "BOUCHÉ " .!