Tahar Ben Jalloun, un Goncourt de l’imposture par Ahmed Benani

Publié le 16 Février 2012

Vox Maroc Ce que le makhzen ne veut pas entendre

Par Ahmed Benani, Politologue et anthropologue des religions exilé en Suisse depuis 1969

Ahmed Benani

Tahar Ben Jalloun, TBJ comme on dit aujourd'hui, littérateur de kiosques de gare, doit son succès à l'académie Goncourt qui l'a récompensé pour ses contes fassis et autres, que lui racontait sa grand-mère.

Les académiciens du Goncourt en mal d'inspiration ont décidé un jour de plaire au grand public amateur d'exotisme et nostalgique de l'Atlas marocain colonial, allez va pour TBJ!

Alors que les marchands de quatre saisons vendaient des oranges marocaines pour Noël, les libraires suggéraient comme cadeau original le dernier Goncourt. TBJ est entré dans le panthéon de la littérature, donnant des aigreurs à Louis Ferdinand Destouches et à d'autres, au fond de leurs tombes. Plus prosaïquement, je dirais que les choses ont des origines plus troubles et plus complexes.

TBJ est venu en France étudier la psychologie sociale et accessoirement, il servait de traducteur-interprète aux médecins psychiatres et psychologue à Saint-Anne, ça lui faisait de l'argent de poche assurément. Mais son ambition était forte, alors il s'est mis à collecter tous les témoignages (anamnèses) de ces pauvres travailleurs immigrés et analphabètes à leur insu et à celui du personnel soignant; consultant en psychiatrie, ces travailleurs se plaignaient essentiellement de leur misère affective et sexuelle.

Avec les matériaux "volés", TBJ a fait sa thèse de 3e cycle, immédiatement commercialisée sous le titre "La plus haute des Solitudes". Ce roman-essai est le seul qui vaille la peine d'être lu de tous les gribouillages cartes postales et autres médiocrités orientalistes produits depuis lors. Mais Goncourt, on le reste sa vie durant et une décoration type chevalier de la Légion d'Honneur de la République vient rehausser ce prestige gagné de haute lutte.

Le sordide va aller en s'amplifiant avec la notoriété. Avec son épouse, TBJ ami des travailleurs immigrés souvenez vous-en, fit venir du bled une petite bonne qui va être des années durant taillable et corvéable à merci. Elle fut accusée de maltraitante des enfants de TBJ, ce qui lui valut coups, blessures et retenues de salaires. Jusqu'au jour où elle s'est décidée à fuir son enfer et à étaler son Odyssée à une presse médusée, dont le journal Le Monde pour lequel TBJ écrivait quelques chroniques.

Le clou de l'aventure de TBJ va être atteint quelques temps plus tard, (nous sommes en plein années de plomb dans le royaume du tyran Hassan). TBJ fait une déclaration fracassante dont on retiendra cette phrase : "Le plus grand Honneur que Sa Majesté Hassan II puisse me faire, c'est une visite officielle dans ma ville de Tanger"!! (Je cite de mémoire, mais tout est vérifiable dans la presse de l'époque). Hassan II fit le déplacement, c'était téléphoné cela va sans dire. Alors quoi! Rien, sinon qu'il est scandaleux que ce nain de la littérature, comparé à un Driss Chraïbi et son indépassable "Le passé simple", puisse aujourd'hui se pavaner, écrire sur le Printemps Arabe ou le 20 Février, comme s'il en était l'acteur phare, tout en restant le thuriféraire de Mohammed VI et le pourfendeur des islamistes. A vomir mes amis!

Ahmed Benani

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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