Tant pis pour les chrétiens ? Par Magnus Martel

Publié le 31 Juillet 2014

calife

 

Par Magnus Martel pour Bd Voltaire

Alors que tout le monde, en Occident, semble avoir les yeux rivés sur le souvenir de la Grande Guerre, c’est à celui de la Blitzkrieg de mai-juin 1940 que la progression des troupes de l’État islamique en Irak et au Levant renvoie aujourd’hui.

En moins de temps qu’il n’aura fallu aux grévistes de la SNCF pour mettre fin au calvaire de milliers de voyageurs, les hordes sauvages d’Al-Baghdadi s’emparaient d’une bonne partie du nord de l’Irak, un semestre après en avoir conquis l’ouest. Semblant marquer le pas devant une capitale majoritairement chiite, Iznogoud ne s’en faisait pas moins bombarder calife de l’État islamique par lui fondé, puis prenait les mesures d’« assainissement » de son nouveau territoire en pourchassant les chrétiens dans des conditions que nul ne peut plus ignorer avant de s’en retourner guerroyer en Syrie contre les forces de l’apostat Bachar.

Il y a quand même quelque chose d’étrange dans la tranquille montée en puissance de celui qui devrait assez logiquement et universellement être qualifié désormais d’ennemi public numéro 1 et de ses acolytes. Même si les médias n’ont pas manqué d’évoquer la soudaine progression et les crimes et atrocités commis par cette mouvance djihadiste, le silence assourdissant des chancelleries occidentales sur le sujet interroge. Certes, nous aurons bien eu droit à quelques gesticulations de façade mais rien cependant qui soit de nature à circonscrire l’incendie. Non seulement l’EI n’a pas véritablement subi de revers devant Bagdad mais il se paye même le luxe de relancer son offensive sur un second front, géographiquement opposé. Comme si rien ni personne ne pouvait lui résister.

Ce qui devrait apparaître comme un sujet de réelle inquiétude dans tous les pays civilisés passe bien après la guerre civile en Ukraine, l’affrontement israélo-palestinien à Gaza et les crashs aériens à répétition. Combien de victimes innocentes les salafistes de l’EI ont-ils fait en l’espace de deux mois à peine ? À combien de pillages se sont-ils livrés ? Combien de crimes de guerre et d’atrocités proprement insoutenables ont-ils commis tant en Irak qu’en Syrie ? Entendez-vous broncher la sacro-sainte communauté internationale et ses relais systémiques d’ordinaire si prompts à se mobiliser ?

Combien de temps aura-t-il fallu aux États-Unis pour mobiliser cette communauté contre l’Irak en 1990 puis en 2003 ? Alors que les crimes de Saddam Hussein étaient pour ainsi dire inexistants lors de l’invasion du Koweït et complètement fantasmés sous Bush fils. Combien de temps leur aura-t-il fallu pour bombarder la Serbie ? Ou se déployer au-dessus de la Libye de Khadafi, avec le beau résultat que nous constatons ?

À l’heure où il serait plus nécessaire que jamais de déployer aéronefs et troupes pour mettre un terme à une gangrène qui nous menace tous, l’Occident chipote. À moins qu’il ne s’agisse d’une question de priorité dans les agendas : briser l’arc chiite avant de décapiter l’utile calife. Tant pis pour les chrétiens.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

Commenter cet article