Témoignage d'un policier sur la peur - par Marie Claire Muller

Publié le 25 Septembre 2011

Quatre suicides de policiers en quelques heures ! Y a t-il un malaise dans la police et qu'en disent nos médias?Le témoignage d'un policier que j'ai trouvé  tellement humain !

Marie Claire Muller

La peur d'un flic

 

 

 

GUERRE

Ils sont en première ligne dans une guerre non déclarée. Une guerre que l'on appelle, les bons jours, la lutte contre la « délinquance », et les mauvais jours, celle contre la criminalité. Ils livrent les batailles de nos peurs. Parfois, ils se rassemblent au garde-à-vous, dans leurs tenues de grand apparat, les visages crispés, les yeux rougis, la colère à fleur de traits. Un ministre les passe en revue, généralement suivi d'un préfet. Il est en costume sombre, l'air grave. Il se penche avec compassion vers les proches du ou des défunts.

 

On n'entend pas ce qu'il leur dit. Ni, ce que murmurent les veuves. Au micro, le représentant de l'autorité va, lisant un texte, assurer que « tout sera fait pour que » et que « Sachez-le, nous ne laisserons pas impunis  ceux qui ». Il épingle une médaille sur des coussins rouges.

 

Ainsi l’état, de proche en proche, au hasard des faits divers sanglants, rend-il hommage à certains de ses fils morts à la guerre en temps de paix. Ils acquièrent une notoriété fugitive. On cite leurs noms, leurs grades, leur âge: vingt-sept ans, trente-quatre ans... Le nombre de leurs enfants, dont certains, à naître, ne les connaîtront pas autrement que par la mémoire des grandes personnes et des photos traînant sur des buffets de logements modestes.

 

Que voulez-vous dire ou faire de plus pour les flics  morts « en service » ? Que voulez-vous faire contre le mal qui les a emportés, cette violence dont leur métier consiste à nous protéger ?

 

Ah, bien sûr, parfois les flics exagèrent. Ils perdent leur sang-froid, ils se prennent pour des shérifs. Ils commettent, dans le feu de l'action, tempérament aidant, ce que l'on dénoncera comme « bavures ». Elles connaissent un grand retentissement. On décortique les faits. On interroge les témoins qui, dans la nuit, n'ont pas vu grand-chose, ou seulement une partie du film. Au pire des cas, quand la faute est évidente, il y a suspension administrative, judiciaire même. La police est chargée d'enquêter sur les collègues, présumés innocents par les lois, présumés coupables par les populations environnantes. Il y a des répliques, des ripostes, un quartier s'échauffe, des autos brûlent, des pierres volent, les « jeunes » s'énervent. Et puis l'on oublie les « bavures », réelles ou supposées. Et puis l'on oublie les violences. Comme, on oublie les policiers morts dont les obsèques auront fait la « une »  des journaux télévisés, pour deux ou trois minutes.

 

PEURS

Et vous voudriez qu'ils ne s'encolèrent jamais qu’ils restent de marbre, surhumains face à une adversité dont le caractère répétitif ne saurait les consoler ? Ce n'est pas assez de le dire, pour se rassurer, qu'il y a toujours eu des violences, des policiers ou des gendarmes blessés ou tués, de la peur sur les villes.

 

Aujourd'hui, on pourrait clamer, sans risque de se tromper : « La police a peur ». On pourrait dire que, ce n'est pas son rôle, à la police, d'avoir peur. Que, la frousse, c'est notre affaire à nous. Mais, que voulez-vous les choses sont ainsi. Pour être flic, simple flic, on n'en est pas moins homme.

 

Avec son histoire, sa formation, sa psychologie, ses attachements ses moments de basses eaux, ses moments de joie, ses désillusions, ses rencontres agréables, ses tournées pas joyeuses, ses aubes radieuses et ses nuits inquiétantes, son regard vers la pendule à l'approche de la « fin du service ».

 

Dans la peau d'un policier, il y a un homme. Dans la tête d'un policier, il y a des rêves, des tracas, les humeurs du moment, des soucis d'argent. Dans la vie d'un policier, il y a les heures d'attente et d'ennui, des « coups de bourre » et, surtout constamment, cette vision très particulière de la vie en société qui vous place au premier rang au spectacle des avanies, des défauts, des fractures.

C'est à la loupe qu'ils voient « dysfonctionner » les rues et les cités.

 

Dès que cela se passe mal quelque part, ils arrivent. Tout le monde est stressé : les victimes, bien sûr, mais aussi les témoins, les suspects, les proches des uns et des autres. Jusqu'aux badauds qui parlent en tremblant ou donnent des conseils.

 

On n'appelle jamais la police pour dire : « Venez vite, il se passe quelque chose de formidable, c'est merveilleux, vous ne pouvez pas rater cela ! ». Dans ces cas-là, ils sont priés de rester au commissariat ou dans leurs véhicules.

 

FLEURS

C'est seulement quand ils meurent pour de justes causes qu'ils croulent sous les fleurs.

Fleurs de rhétorique officielles (ou journalistiques) et fleurs de cimetière, en couronnes, en gerbes, en bouquets plus modestes déposés par des enfants.

 

Quand nous irons, dans les mille et un cimetières du monde, honorer nos morts, nos parents, nos aïeux, tous les regrettés à perpétuité, aurons-nous une pensée pour ceux qui y reposent, parce qu'ils avaient été nos délégués à la protection de notre tranquillité ?

 

Il se trouvera toujours des politiciens avisés pour tenter de tirer un profit de la peur policière.

Il se trouvera toujours à l'approche, des périodes électorales, des fourbisseurs de polémiques pour se placer dans le sillage d'une corporation constamment endeuillée.

 

Qu'on la juge de bonne guerre politicienne, ou de goût fort indécent, cette utilisation récurrente et récupératrice du mal-être des flics ne doit pas masquer la réalité toute simple.

 

De cette peur au ventre, de cette disponibilité à risques, de ces hantises qu'ils ramènent forcément, le soir, à la maison. Et de, ne pas négliger cette évidence aussi : Si nous ne sommes pas flics, nous, c'est que d'autres le sont. Pour nous. Avec tous leurs défauts et toute leur nécessité.

 

X, flic anonyme

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Marie Claire Muller

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zarmagh 24/10/2011 18:04



Citer la source serait bien...


http://www.pvr-zone.ca/flic.htm






francis Claude 25/09/2011 15:11



sachez claude germain que votre commentaire est trés réel de nos jours les victimes des racailles, sont des coupables présumés mais comme vous vous posez la question de savoir de quel bord sont
les policiers ou Gendarmes ,posez la aussi pour savoir pourquoi ils réagissent de la sorte.


c'est seleument par peur de sanctions s'ils vennaient par hasard a prendre votre défense et mettre en garde a vue quelques salopars pour le transferer au parquet, ou déja la ils vont etres pris
pour des anarchistes d'extréme droite un peu nazillons et les sanctions de leur hirarchie ne tarderons pas a tomber. depuis 40 ans ils sont muselés sanctionné trahis par les politiques qui
surtout ne veulent pas de vagues, car ils savent trés bien que si les forces de l'ordre sont lachés et qu'ils fassent leur travail nous irons trés vite a la guerre civile, ces racailles et
compagnie ne lacherons pas tous les avantages aquits depuis des décènies et tous leurs petits trafics illicites qui leur rapportent des fortunes ...aussi si un jour  un futur gouvernement a
le courage de vouloir rétablir l'ordre public il faidra alors que nos moutons deviennent des lions.J'ai pas mal de relations et de famille dans les forces de l'ordre et soyez sur que la plus part
d'entre eux n'attendent que ce jour béni. alors en attendant ils ce montrent sous un mauvais jour pour vous decourager de porter une plainte qu'ils savent ne pouvoir traiter jusqu'au bout...



Claude Germain V 25/09/2011 12:17



Sans rancune aucune contre la police...mais ???... ,une energumene racailleuse ,venant d'une cité de ??? est venu mettre avec ses gamins racailles et insulteurs ,est venu mettre
la gabegie dans notre residence pendant 1 1/2 an en nous insultant et menaçant des copropriétaires de violences diverses .Lorsque nous nous sommes retrouvés a déposer plainte au commissariat ,de
la part de la POLICE ,NOUS ETIONS LES COUPABLES !!! oui !!! oui !!! les coupables....NOUS !!!! ,parce que nous nous étions mis en travers de LA RACAILLE qu'il ne faut SURTOUT PAS DERANGER DANS
TOUS LEURS DROITS ....de tout detruire .....


Alors que l'on m'explique pourquoi la police ne cherche pas a se mettre les honnetes gens avec eux ??? expliquez moi ??? je cherche à comprendre ....la police ,les magistrats et les politiciens
en tete ,glorifient la racaille ...expliquez moi ....???? merci d'avance ...


Alors moi ...pour les policiers c'est triste ...mais leurs problémes ................je compatirais quand ils me diront de quel bord ils sont .....