Tintin au Qatar, ou la vérité sur le « sauveur » de nos banlieues, par Philippe Jallade.

Publié le 3 Octobre 2012

Voici un témoignage très intéressant proposé par un lecteur de Résistance républicaine qui a vécu deux ans au Qatar. Où la vérité sur la misère noire de ceux qui ne sont pas Qataris et vivent au Qatar.

Ce témoignage éclaire les  inavouables dessous du richissime pays qui sait si peu quoi faire de son argent qu’il le jette par la fenêtre – traduisez  en France-  achetant « à tort et à travers » (du moins cherche-t-il à le faire croire) , et finançant même, dans un élan de générosité incroyable nos pauvres banlieusards issus de la diversité que ces –forcément- racistes de Français malmènent.  Or, le témoignage de notre ami Philippe est sans appel : il est au Qatar des immigrés qui vivent dans une misère noire et dans des conditions abominables et les dirigeants du Qatar n’en ont cure, préférant rendre la France dépendante de leur argent afin de mieux imposer, à plus ou moins court terme, les exigences d’un islam wahhabite à une population réduite en dhimmitude qui obéirait à la diversité… musulmane seulement, bien sûr !

Christine Tasin

 

1 : la situation de départ

De 2005 à 2008/2009, Ras Laffan, la zone de liquéfaction de gaz, au nord du Qatar, a connu de gigantesques travaux d’extension :

 . construction de nouveaux trains de liquéfaction, à côté desquels les trains existant semblent être des bébés ;

. construction d’usines de fabrication de produits dérivés, type GTL (gas to liquid), produits pétroliers liquides à partir du gaz ;

.  extension d’installations concernant l’eau (besoins énormes en eaux de refroidissement etc), l’énergie, les réservoirs de gaz liquéfié et autres produits, le port pour l’évacuation du gaz liquéfié par voie maritime, l’alimentation des voisins du Qatar par gazoduc.

 Ces travaux ont nécessité l’importation de dizaines de milliers de travailleurs supplémentaires, par des sociétés du Moyen-Orient, appelées par certains : « marchands de viande ». Tout ce monde était logé dans des camps dont la construction était moins rapide que l’arrivée de « la viande ».

2 : situation d’émeute à Ras Laffan

 En avril 2006 un camp de 9.000 travailleurs s’est révolté (quelques mois plus tard ils seront 25.000 dans ce camp prévu pour 20.000). Ces gens, ainsi que beaucoup d’autres, logés dans d’autres camps qui font éclosion à Ras Laffan à l’époque, travaillent sur des chantiers pilotés par une entreprise française.

 Un matin d’avril, des travailleurs logés dans ce camp bloquent le départ des dizaines de cars qui font jour et nuit la rotation entre le camp et divers chantiers.

Quand j’arrive, à 6h de matin, dans ce camp où j’avais à voir, non officiellement, quelque chose, l’accès en est déjà barré par les forces de sécurité de Ras Laffan.

  Un des responsables, Français, Ch’timi comme moi, me laisse passer à contrecœur. On ne sait pas ce qui se passe mais ça va péter. Foule énorme en attente dans la zone « bus ».

Je parviens à l’extrémité du camp, tout en longueur, pour tomber sur 20 gars qui mettent le feu à un bâtiment administratif du camp.

 Les types m’aperçoivent et foncent sur moi en hurlant et en me jetant des pierres. Peut-être me prennent-ils pour un des Libanais ou autres en charge du camp … et de leurs salaires.

D’habitude, aucun occidental ne va dans ce coin, où je m’étais montré ces derniers temps.

 Je parviens à dégager, en voiture ; ce n’est pas une route mais un chantier avec des ornières, des crevasses énormes, du matériel déposé ou hors d’usage qui obstrue le passage ; dans le rétroviseur, la meute me poursuit, rameutant tout le monde au passage. Des groupes en stand-by devant leurs baraquements s’élancent vers moi. Les cailloux pleuvent de partout sur la bagnole.

Parvenu au barrage des forces de sécurité, qui sont en train de s’étoffer, je préviens mon pote Ch’timi : «Maintenant ça pète, ils foutent le feu, et en plus, ces cons, c’est moi qu’ils poursuivent ».

Je fonce à mon lieu de travail. Pour ce faire je remonte d’abord à nouveau le camp, cette fois de l’extérieur sur une route qui longe l’enceinte. Un coup d’oeil au passage au bâtiment administratif, en préfabriqué, où j’étais quelques minutes plus tôt ; il finit déjà de brûler.

 Sur « mon » chantier, le personnel est déjà en cours d’évacuation par une autre piste; il s’agit de sous-traitants qui viennent d’en recevoir l’ordre de leurs patrons respectifs. Il y a aussi du personnel qui dépend directement des autorités de Ras Laffan ; là aussi tout le monde dégage. Ils habitent dans des petits camps anciens, pas en révolte.

 Coup de fil de mon boss, qui me dit de me tirer vite fait. Je l’envoie paître en rigolant.

Quatre fous qui m’aiment bien -deux Pakistanais et deux Philippins- désobéissent à leurs patrons et restent avec moi ; je ne leur ai pourtant rien demandé.

De temps en temps on jette un coup d’œil au loin en direction du camp à problèmes ; on s’attend à un mouvement de foule dans notre direction.

 Dans l’après-midi tout est calme ; l’oisiveté forcée me ramène au camp des émeutiers.

Sur  la route empruntée le matin, le long du camp, un véhicule de police tous les 40-50 mètres. Leurs occupants se demandent -et me demandent- d’où je sors. Je leur montre au loin les installations où je bosse, un peu retirées. Le simple fait d’évoquer la nature de mon travail est parfois un passe-partout, alors que tout est hyperfliqué dans la zone. A Ras Laffan, à part les grands axes boulot-dodo, on ne se déplace pas comme on veut ; il y était même interdit de courir.

 Le mouvement est retombé rapidement, tout aussi rapidement que l’armée qatarie est intervenue dans la foulée de la sécurité locale. Une file de bus passe devant moi ; à l’intérieur,700 ou 800 personnes du camp, gardées par quelques soldats. Direction Doha, et expulsion immédiate du Qatar m’a-t-on dit.

 J’étais logé alors dans le camp voisin.  Mon appart était le dernier de ce camp, juste au coin en face de l’accès au camp des émeutiers.  Pas beaucoup de voisins, des logements restant inoccupés. Des militaires Qataris ont pris possession des appartements vacants  et ont installé leur matériel, prêts à canarder tous azimuths. Leur séjour a été court. Les choses sont vite rentrées dans l’ordre à Ras Laffan.

 

3 – Explications 

 Pour expliquer cette révolte – qui aurait pu embraser toute la région-, certains en haut lieu ont d’emblée mis en cause les Népalais ; d’autres, à la base de la pyramide, sont allés dans le même sens et m’ont raconté des choses extravagantes.

 Il faut savoir qu’à Ras Laffan les ouvriers Népalais étaient considérés comme le bas-fond du « Lumpen-prolétariat », des simples d’esprit, des animaux.

 La nuit du 13 avril, un Népalais est mort dans ce camp, d’où rassemblement de la communauté népalaise autour du corps du défunt, prières etc… Un autre Népalais était mort deux ou trois nuits auparavant dans des circonstances mystérieuses.

 On m’a rapporté ensuite qu’il y avait eu récemment dans ce camp, 20 Népalais morts, voire 30.

Quelque temps auparavant j’étais allé plusieurs fois dans ce camp au milieu de la nuit -encore du non officiel, les camps, ce n’est pas mon job-  et j’avais pu faire le constat de leur état sanitaire :

:. des batteries de lavabos, à l’air libre, en quantité manifestement insuffisante,

. des douches et WC en quantité rare,

. l’accumulation d’eaux d’égouts à la surface du sol dans les zones d’ablution (pas de réseaux d’évacuation, à ce moment),

. logement dans des baraquements de 20 à 40 personnes, selon le statut, en une seule pièce, voire 80 –provisoirement ?- bien que la loi qatarie l’interdise.

Pas de problème pour pénétrer discrètement dans les baraquements  la nuit. Les portes restent ouvertes pour évacuer les odeurs et aérer (pas de clim/aération fonctionnelle).

Petite anecdote : le vendredi, après un passage au boulot, je vais parfois à Doha. A la sortie de Ras Laffan je prends systématiquement -malgré l’interdiction-, des types qui font du stop. Eh bien, je n’ai jamais senti rien de plus mauvais que l’odeur de ces Indiens, Pakistanais, Sri-Lankais…   que  je prenais. L’explication est simple : ils n’ont pas la possibilité de se laver tous les jours, alors qu’ils suent un max sur les chantiers.

 Les Népalais n’ont pas grand chose à voir avec le mécontentement qui s’est manifesté. Les vraies raisons sont l’insalubrité, la promiscuité, la nourriture mauvaise  et insuffisante, des retenues sur salaire (pour la nourriture… etc).

Un jour je dis à mon big boss, un Français « « Viens avec moi, je vais te faire voir comment ils vivent, comme des rats ». Sa réponse : « S’ils ne sont pas contents qu’ils s’en aillent ; dans leur pays ils sont encore plus mal logés ».

 Autre explication des problèmes : le mélange de toutes ces nationalités, vite rivales. La première discrimination est simple : musulmans et non-musulmans. Les tags qui fleurissent çà et là sur les baraquements, en arabe ou en mauvais anglais, ou en d’autres langues, sont édifiants. Chez les musulmans, les Pakistanais sont plutôt en queue de peloton. Quant aux Népalais, ils sont quasiment mis au ban par tous les autres (et les tags maoïstes dont certains d’entre eux sont les auteurs n’aident sans doute pas). Ajoutons un peu de Tamouls dont certains, au Qatar, rackettent d’autres Tamouls pour financer la guérilla chez eux.

 Pour toutes ces raisons, des troubles avaient déjà eu lieu peu de temps auparavant dans un autre camp situé dans la ville de Al-Khor, à 25 kms de Ras Laffan, sur la route de Doha.

Et il y eut à la même époque des troubles similaires dans des camps à Dubaï. Selon la presse qatarie, l’Emir de Dubaï aurait alors sollicité des Américains une surveillance des camps par satellite.

 Autre chose : la retenue du passeport.

Nul besoin de visa pour partir au Qatar. A l’arrivée on vous donne un visa de deux semaines (tourisme, affaires, visite à un proche). Si vous venez travailler pour une entreprise, il sera prolongé. On ne va pas au Qatar pour chercher du travail, mais quand une entreprise vous y envoie pour travailler, à la suite de quoi il y a visite médicale, puis délivrance du visa longue durée/permis de travail/titre de séjour.  Mais votre passeport est retenu. Quand vous voulez quitter le Qatar pour congés ou définitivement, il vous faut récupérer votre passeport. Ce système offre aux « marchands de viande » un bon moyen pour tenir en main leur cheptel, leurs esclaves.

Les « marchands de viande » disent aux mécontents : « Take it or leave it ». Mais ces derniers ne peuvent même pas partir puisque leur passeport a été confisqué à l’arrivée et qu’ils ne peuvent le récupérer que par le biais du marchand de viande/employeur/hébergeur.

Philippe Jallade

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire d'Islam

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LMarie-claire Muller 03/10/2012 17:15


TOUT LEUR EST PERMISILS ONT LE POGNON ET LES ESCLAVES !!COMBIEN D AFFAIRES SORDIDES AVEC COMME TOILE DE FOND TORTURES VIOLS ET MORTS DE PAUVRES FILLES EMPLOYEES PAR D HORRIBLES MEGERES
QUI PRIAIENT SANS DOUTE ALLAH AVEC LEURS MARI ESCLAVAGISTES POUR QUI LA VIE DES AUTRES N AVAIT AUCUNE VALEUR SURTOUT PAS CELLE DE CEUX QU ILS CONSIDERAIENT COMME DES CHIENS OU DES CHIENNES
!!!!Se sont les mêmes qui sont reçus en grandes pompes (ce serait bien dans le cul) par normal et d'autres avant lui