Toulouse : Le sondage qui rassure le PS. Debout la République trahi les "souverainistes" et les "patriotes".

Publié le 4 Novembre 2013

La semaine dernière, mon article sur les "liaisons fatales" de Debout la République et l'UMP m'a valu une volée de bois vert de la part d'un responsable de DLR.

Il se trouve que cette semaine, mon appréciation et les conséquences sont confirmées. DLR en jouant la carte de l'UMP fait le jeu du Parti socialiste. N'en déplaise à ce responsable, son parti "souverainiste" trahi les français s'alliant avec des européistes.

Gérard Brazon 

Le Journal du Dimanche

Les déboires de la gauche à Paris ne se répercutent pas à Toulouse. C'est le premier enseignement du sondage réalisé par Ifop-Fiducial. Si les municipales se déroulaient aujourd'hui, la gauche l'emporterait. Plus largement même qu'en 2008 ! Le maire sortant Pierre Cohen devancerait son challenger UMP Jean-Luc Moudenc avec 54% des voix contre 46% pour la droite. Bien sûr, il ne s'agit que d'une photographie de l'opinion locale car le contexte politique national sera forcément différent dans cent cinquante jours.

En l'état actuel, cette enquête, réalisée au moment où le gouvernement connaît de gros problèmes, nuance le climat de catastrophisme autour de l'exécutif. "Cela montre qu'il n'y a pas de traduction automatique en vote sanction pour les municipales des difficultés de François Hollande. Pierre Cohen est certes accroché mais il semble en mesure de conserver la ville rose", analyse Frédéric Dabi, directeur de l'Ifop.

Dispersion à gauche au premier tour

Pour autant, une double incertitude apparaît à la lecture de ce sondage. Le rapport des forces en présence au premier tour est très serré puisque les deux principaux candidats sont au coude à coude (35% chacun). Il existe donc une vraie incertitude quant à la liste qui sortira en tête. Ensuite, on constate une dispersion des voix de gauche au premier tour déjà observée dans d'autres villes. Si Pierre Cohen peut viser la tête, avec 35%, il serait à l'étiage du score de François Hollande lors de la présidentielle (34,5%). Mais le maire socialiste ferait 4 points de moins qu'en 2008. Un élément préoccupant pour le sortant.

"Il n'y a pas d'effondrement de la gauche mais plutôt une érosion, estime Frédéric Dabi. Le total des voix de gauche était de 54% au premier tour de la présidentielle contre 48% dans notre enquête." Dans le détail, c'est moins la liste socialiste qui est en difficulté que les autres listes de gauche. Le candidat du Parti de gauche recueillerait 5% (trois fois moins que Mélenchon à la présidentielle) et la liste EELV se contente de 7%. La deuxième incertitude c'est le score du FN. Il ne fait guère mieux que Marine Le Pen (10% contre 9% à la présidentielle). Serge Laroze flirte donc avec la barre de qualification pour le second tour, ce qui ruinerait les chances du candidat UMP.

Moudenc attire les voix du MoDem

Quant à Jean-Luc Moudenc, son score est appréciable. Il accroche le maire sortant et peut même espérer créer une dynamique en passant en tête. Il recueille 12 points de plus que Nicolas Sarkozy et attire à lui beaucoup des voix de François Bayrou. Son positionnement modéré est apprécié. Preuve que la liste centriste conduite par Christine de Veyrac (3%) ne lui nuit pas. Il n'en reste pas moins qu'avec 35 %, il est 8 points en dessous de son score du premier tour en 2008. Jean-Luc Moudenc a encore du pain sur la planche s'il veut espérer retrouver le fauteuil qu'il a occupé entre 2004 et 2008.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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