Tous les jours 13 000 vols, 2 000 agressions, 200 viols. Par Laurence Havel.

Publié le 13 Février 2013

 Par Laurence Havel Institut pour la Justice

Je voudrais vous parler d'un livre qu'il faut lire de toute urgence pour garder les yeux ouverts sur ce qui se passe réellement en France. Ce livre, c'est « La France Orange Mécanique », de Laurent Obertone.

Laxisme judiciaire, abandon des victimes, mépris des policiers, ensauvagement d'une nation.

Ce livre s'attaque à tous les tabous de l'insécurité, explique dans le détail comment et pourquoi la criminalité a explosé depuis les années 60, sans qu'aucun gouvernement ne puisse, ni ne veuille, l'endiguer.

Pourquoi refuse-t-on de faire face, de chercher à comprendre cette ultraviolence inédite, quand on sait que dans notre pays se commettent tous les jours 13 000 vols, 2 000 agressions, 200 viols. Tous les jours.

La France Orange Mécanique, c'est la vérité des chiffres. La réalité d'une agression. Qui s'efforce de les dissimuler ? Pourquoi ? Nul n'est censé ignorer la réalité. En lisant ce livre, vous saurez.

C'est pourquoi, je vous recommande vivement ce livre. Vous y trouverez la confirmation de ce que dénonce l'Institut pour la Justice. Vous pouvez vous procurer ce livre dans votre librairie ou directement en cliquant ici : www.amazon.fr/France-orange-mécanique-Laurent-Obertone/dp/B009S2LKLY/ref=zg_bs_689215031_1

Laurent Obertone est diplômé de l'École Supérieure de Journalisme de Lille et considéré par Michel Houellebecq comme l'une des grandes signatures de demain. Je vous recommande d'écouter ce qu'en disent le journaliste Robert Ménard, le criminologue Xavier Raufer, et le magistrat honoraire Philippe Bilger en visitant cette page.

Mais vous pouvez juger par vous-même, avec cet extrait que l'Institut pour la Justice a obtenu en exclusivité. C'est l'histoire - terrible mais vraie - qui ouvre La France Orange mécanique. À lire jusqu'au bout :

« L'homme s'est mis à marcher quand elle est passée devant lui. Elle a alors accéléré́ le pas, en osant un coup d'œil par-dessus son épaule. Il était trapu, le crâne rasé, la peau sombre, vêtu d'un blouson noir. Il marchait derrière elle, les mains dans les poches. Elle avait vu ses yeux. Ses yeux qui l'avaient regardée.

Malgré tout ce qu'on lui avait appris, la confiance en soi, l'auto-défense, les beaux discours de bienveillance envers les inconnus, le rejet des préjugés... la peur, cette peur honteuse était là, marchait sur ses pas. Il lui semblait même que l'homme venait de dire quelque chose. Elle s'entendit essayer d'articuler ce qui ressemblait à un non. Paralysée par la peur, la proie n'a pas la force de se retourner, de faire un scandale, de tenter d'effrayer son prédateur. Elle continuait à marcher. Comme face à un molosse qu'on devine dangereux, elle s'efforçait de ne pas montrer sa terreur, pour ne pas l'encourager. Pour l'instant rien ne s'était encore passé. Elle avait des amis, des projets. Sa vie d'étudiante suivait son cours. Mais il allait se passer quelque chose, au fond d'elle, la fille le savait. Quelque chose qui détruirait son passé, son avenir, et qui l'éloignerait à jamais de l'insouciance. (...)

L'étudiante a pressé le pas. Lui aussi. Le bruit des pas, tout proche. Nouveau coup d'œil. Il était là. Ses mains n'étaient plus dans ses poches. Devant elle, l'escalier qui menait au parking. Sa voiture. À quelques mètres du salut, la peur qu'elle s'interdisait d'avoir la rattrape soudain : elle est saisie par des bras puissants, soulevée, violemment jetée du haut de l'escalier. Une chute de dix mètres qui lui brise la colonne vertébrale. Le souffle coupé, meurtrie de multiples fractures, la jeune femme agonise. Elle ne peut plus bouger, tétanisée par la souffrance. C'est grave. Horriblement douloureux. Pourquoi ? Pourquoi a-t-il fait ça ? Va-t-elle mourir ? Ce n'est pas terminé.

Comme dans ses pires cauchemars, elle ne peut plus fuir, pas même bouger. Son cerveau ordonne, le corps ne répond pas. Ce n'est plus son corps. C'est déjà celui de ce prédateur qui le traiîne à l'abri d'un bosquet pour s'en repaiître. Il la frappe. Lui sourit. La frappe. Pourquoi ? Elle supplie. Pourquoi ?

Il n'y a pas d'explications. Bien au-delà de la douleur physique, quelque chose s'est brisé en elle. Une scission intérieure entre ce corps cassé, cette horrible réalité et son âme qu'elle vient de perdre, oubliant tout, jusqu'à ce qui devait être son existence normale. Mais on ne peut s'abstraire de la douleur, de ce corps étranger, de sa force, de son odeur, de ses paroles odieuses, de ses coups. Elle veut fuir, elle ne peut pas. Il prend son temps. Il lui lèche le visage, lui mord la joue, lui parle d'amour. La frappe. Elle ne comprend pas. Il arrache ses vêtements, la torture, la viole à plusieurs reprises, variant les plaisirs, de toutes les façons possibles. Elle veut s'évanouir. Elle ne s'évanouit pas. Il y a du sang. Elle crie. Il la frappe encore. La fait taire. Lui écrase sa grosse main sur la bouche, jusqu'à lui briser la mâchoire. Elle avale son sang. La souffrance est telle qu'elle donnerait tout pour s'évanouir. Elle voudrait mourir. Elle ne s'évanouit pas. Elle ne meurt que dans sa tête.

« Il l'a manipulée dans tous les sens au point qu'elle voyait ses jambes passer derrière elle. C'est une véritable horreur. Il ne pouvait pas ignorer son état », a expliqué un neurochirurgien au procès. Pour le spécialiste, la douleur de la jeune femme fut extrême, permanente. Lui, le prédateur, ça ne l'a pas freiné, les suppliques. Au contraire, ça lui a donné du cœur à l'ouvrage. Il a choisi de nier l'âme de cette femme, de cette chose qui n'existe que pour le satisfaire. Il prend son temps. Recommence. Encore et encore. Le calvaire va durer des heures. Toute la nuit. Les viols, les coups. Les mots, la torture. (...)

Celui qui vient de prendre son existence se nomme Zakaria. Il a déjà été condamné pour agression sexuelle. Pendant qu'il est interpellé par les policiers, les chirurgiens de Besançon parviennent à sauver les membres supérieurs de sa victime. Ils ne peuvent rien faire pour ses jambes. Pauline passera le reste de ses jours dans un fauteuil roulant, dépendante de soins lourds, sans parler des dégâts psychologiques, qu'aucune thérapie ne pourra jamais effacer.

Les faits se sont déroulés en octobre 2004. Zakaria a été condamné une première fois, puis a fait appel. Pour sa défense, l'homme prétend qu'il n'a pas pris conscience de la gravité des blessures de la jeune femme pendant qu'il la violait. « Mon client n'a jamais eu la volonté de commettre des actes de torture et de barbarie lorsqu'il violait la victime », a expliqué son avocat. Pas le mauvais gars, ce Zakaria. L'agresseur que tout le monde rêverait d'avoir. Le violeur idéal. Consciencieux, compréhensif, prévenant. On s'étonne presque qu'il soit condamné à nouveau.

Et surprise, la cour de cassation casse ce jugement, pour vice de forme. On pousse à nouveau Pauline dans l'escalier. La justice la replonge dans sa nuit infernale.

Zakaria a une nouvelle fois été jugé en 2010, après six ans d'attente pour la malheureuse paraplégique. Zakaria s'est de nouveau défendu, a de nouveau été condamné, à la prison à perpétuité avec 22 ans de sureté. Un verdict réservé aux assassins. Et c'est bien ce qu'il est. Pauline a obtenu le huis clos. Elle a obtenu de ne pas croiser le regard de son bourreau. Hantée par ses souvenirs, elle a demandé à son avocat de simplement dire aux jurés combien Zakaria avait « bousillé sa vie ».

C'est à partir de ce genre de fait que le citoyen normalement constitué pose son journal et s'interroge.

Pourquoi Besançon, vieille ville provinciale à la réputation plutôt bonne, a-t-elle été le théâtre d'un crime aussi épouvantable? Pourquoi ce drame n'a-t-il pas intéressé les médias nationaux, censés « distiller la peur » à la première occasion ? (...)

Tout citoyen peut demander des comptes à son administration, proclame la Déclaration des droits de l'Homme, au nom desquels on protège les droits fondamentaux de gens comme Zakaria. Tout citoyen peut légitimement se demander si sa sécurité est bien assurée. Alors on se documente, comme je l'ai fait, en petit journaliste provincial. D'abord sur sa ville, puis son département, puis sa région. Puis sur d'autres contrées. Puis on finit par dessiner le tableau de l'insécurité de la France entière. Et de faits en rapports, d'articles en rencontres, de crimes en investigations, on découvre l'ampleur du désastre. Et on se dit qu'il faut l'écrire. Ce bouquin n'est pas celui d'un sociologue, d'un politicien ou d'un militant. Il ne veut convaincre personne. Il raconte ce que l'on voit quand on s'efforce de regarder. Personne ne va venir vous prendre la main.

Ce livre n'est pas là pour vous dire ce que vous avez à faire. Ce livre se lit comme un compte-à-rebours, du chapitre dix au chapitre zéro. Un décompte avant un décollage, ou avant une explosion, c'est ce que nous allons tenter de déterminer. Par commodité, chaque fait cité ne renvoie qu'à une seule source médiatique, dans lequel le fait en question a été exhaustivement relaté. Mesdames et messieurs, accrochez vos ceintures, enfilez vos lunettes 3D. Bienvenue dans la réalité. »

Ouvrir les yeux est nécessaire. Mais cela ne suffit pas : il faut aussi se donner les moyens d'agir efficacement. Des solutions existent et nous devons nous faire entendre si nous nous mobilisons tous. Si vous ne l'avez pas encore fait, il est urgent que vous participiez à notre grand référendum sur la Justice. Ne restons pas passif face à la barbarie..

Chaque voix compte pour que la Justice de notre pays nous protège de ces grands prédateurs et se préoccupent davantage des victimes !

Laurence Havel

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Pivoine 13/02/2013 15:32


"Pourquoi ce drame n'a-t-il pas intéressé les médias nationaux, censés "distiller la peur" à la première occasion ?" 


Parce qu'il s'appelait Zakaria, tout simplement.

mika 13/02/2013 13:42


Interview de Laurent Obertone : La France orange mécanique


https://www.youtube.com/watch?v=cP9Z_KpryXY