Toute une fratrie jugée à Aix pour une vaste affaire d'abus de biens sociaux et de travail au noir

Publié le 13 Novembre 2012

Source La Provence

La famille aura déboursé plus de 200 000 euros pour les cautions des frères en détention provisoire.

La famille aura déboursé plus de 200 000 euros pour les cautions des frères en détention provisoire.

Photo illustration Sophie Spitéri

 

Tout ce qui était fait par les membres de la famille Bouchaker, au sein de la famille Bouchaker et au profit de la famille Bouchaker n'était pas condamnable.

Ne boudons pas notre plaisir de constaster qu'au lieu de Vladimir c'est bien Boubaker. Ndlr Gérard Brazon

  Encore moins pénalement. C'est entre les lignes, et quand ils n'étaient pas victimes d'amnésies foudroyantes à la barre, le message qu'ont délivré au tribunal les sept prévenus : trois frères, deux soeurs (une 3e était absente), un papa et un beau-frère. Et chez les Bouchaker, qui dit famille, dit solidarité.

Alors on a monté des sociétés, en famille, on les a gérées en famille, on a bien sûr employé la famille, et toute la famille... s'est donc "gavée", alors que l'Urssaf et les impôts couraient après les cotisations obligatoires ! Retour sur une fraude qui aurait, selon les calculs de l'accusation non réfutés par la défense, atteint plus de 1,3 million d'euros en deux ans, de 2006 à 2008, en vidant les comptes très fournis - grâce sans doute à un talent commercial mais surtout à un large panel d'employés au black- de leurs entreprises !

"Mais où est l'argent ?"

En 2002, à Gignac, la société de sécurité et gardiennage FAR Sécurité voit le jour ; Fariz, 42 ans aujourd'hui, en est le gérant. Elle sera liquidée en 2007. Un an avant, c'est AK sécurité qui est créée, dirigée elle par Hakim, l'aîné de la fratrie, qui est passé par une école de commerce et enchaîne les mots recherchés, parfois inopportuns, devant le tribunal. Elle disparaîtra en 2008. Entre-temps, la famille a ouvert une 3e entreprise, FBS sécurité, avec pour gérante de paille, Sabrina, une soeur. "Je ne m'occupais pas de leurs affaires, quand mon frère me demandait de signer un document, je le faisais. Et quand il s'agissait de venir retirer de grosses sommes à la banque, il venait avec moi", lâche en audition à la PJ, celle dont la procureur Battini reconnaîtra qu'elle a été la plus honnête.

"Une belle qualité que le père de famille met en avant, mais l'honnêteté c'est plus beau quand on la pratique", percute-t-elle. Donc, les frères montaient des boîtes, ne déclaraient quasiment personne, engrangeaient des bénéfices, faisaient des chèques ou des dépôts sur les comptes de leurs proches pour ensuite récupérer la majeure partie. Abus de bien social à l'état pur. Enfin, c'est l'enquête de la police judiciaire qui le dit, car eux ne se rappellent de rien, même pas des sommes folles qui ont transité sur leurs comptes.

"Pourquoi aviez-vous versé 30 000 euros à votre soeur, qui a fait peu après deux gros retraits ?", demande la juge Imbert. "Vous me demandez à moi ce qu'elle faisait de son argent ? Je ne suis pas curieux de nature", lâche Hakim. "Et ces 200 000  que vous avez dépensés ? Vous ne vous en souvenez plus ? C'est incroyable le détachement que vous avez avec l'argent. Je vais finir par prendre ces oublis pour des outrages", s'impatiente la magistrate. Seul Amir, le petit frère, se souvient qu'il a déposé 50 000 euros sur ses comptes, retirés pour payer la caution de remise en liberté de son frère Fariz ! "C'est extraordinaire de payer la caution de libération avec l'argent d'une société pour laquelle il est mis en examen", s'étouffe la juge. "Mais où est l'argent ? Peut-être dans les biens immobiliers de la famille en Algérie...", suppose le procureur. Parce que mis à part deux Mercèdes, un salon en cuir et un quad, autant dire peanuts, on sait en tout cas qu'au total, la famille aura déboursé plus de 200 000 euros pour les cautions des frères en détention provisoire, et que ça n'est pas pour l'Urssaf - qui réclame 151 000 euros - que leurs deniers ont été dépensés ! "La société AK Sécurité, en 2006, a facturé 18 000 heures de gardiennage et a déclaré 6 624  de salaires !", s'étrangle l'avocat de l'Urssaf.

Pour les deux plus impliqués, Fariz et Akim, des peines de 2 ans et 18 mois de prison avec sursis assortis d'amendes de 500 000 et 350 000 euros, étaient respectivement requises.

En défense, Me Gérald Pandelon demandait, en dix minutes chrono, la relaxe. Un élan d'héroïsme motivé par un arrêt de la chambre criminelle de la cour de cassation, de 2004, "qui dit qu'on ne peut pas prévenir d'abus de biens sociaux des gérants d'EURL (Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) parce qu'ils sont imposés sur les revenus et non sur les sociétés !" Coup de poker dont on saura s'il a été payant, le 16 janvier prochain, date du délibéré.

 

Romain CAPDEPON

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Faits Divers- Sociétés

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Banro 15/11/2012 00:31


"Pour les deux plus impliqués, Fariz et Akim, des peines de 2 ans et 18 mois de prison avec sursis assortis
d'amendes de 500 000 et 350 000 euros, étaient respectivement requises."


C'est pas avec sursis qu'il faut les condamner mais les expulser hors de France !


 


 


 


 

Jacques COUTELA 14/11/2012 08:33


Enccore des "CHANCES POUR LA FRANCE", c'est comme ça qu'il faur dire???  moi je les appelles autrement...