TPE : Pour 92 % des dirigeants, les mesures du gouvernement ne donnent pas envie de devenir chef d’entreprise.

Publié le 14 Mars 2013

CICE, contrat emploi-génération, projet de loi de sécurisation de l’emploi… : toutes ces mesures gouvernementales ne suffisent pas à redorer l’image du gouvernement ni même à doper l’économie. Les dirigeants de TPE subissent toujours de plein fouet la crise et dressent un bilan sévère de la politique actuelle.

Des indicateurs dans le rouge, une morosité ambiante et un jugement sévère des actions engagées par le gouvernement : le dernier baromètre trimestriel de Fiducial* dresse un constat alarmant de la situation des TPE en France.


Une situation financière qui s’aggrave dans les TPE


18 % seulement des dirigeants se montent optimistes pour la situation économique de la France, et moins de la moitié d’entre eux sont optimistes pour leur propre activité : le pessimisme ambiant est donc bien la norme au sein des TPE.
C’est le BTP et le commerce qui affichent l’inquiétude la plus marquée, avec 68 % de pessimistes. Les secteurs les moins touchés sont les services : 58 % d’optimistes dans les services aux entreprises et 56 % dans les services aux particuliers. 
Globalement, les patrons de TPE jugent leur situation financière préoccupante (32 %, avec une hausse de 6 points en 18 mois).
Côté chiffre d’affaires, seules 13 % des TPE ont vu  leurs ventes progresser sur les 3 derniers mois, et 42 % ont même connu une baisse de leur CA de 2,8% en moyenne. Inquiétant ! Par rapport à fin 2012, la situation de la trésorerie des TPE semble s’être aggravée : pour près de la moitié des entreprises, la trésorerie est stable, pour 22 % elle est même déficitaire. Et ceux ayant une trésorerie excédentaire sont moins nombreux qu’au précédent trimestre (4 points de moins).
Un des rares signes positif se situe au niveau de la relation avec les banques : seules 25 % des demandes de crédit ont été refusées. 
Ainsi, globalement, et sans surprise, la croissance des TPE sur 2012 aura été quasi nulle (+0,2 %). Près de la  moitié des entreprises (45%) ont vu leurs bénéfices diminuer. 
Dans ce contexte, les espoirs d’améliorations semblent faibles : 21 % seulement des chefs d’entreprises pensent voir l’activité de leur entreprise s’améliorer cette année. Pire : 45 % ne prévoient pas d’embellie avant 2015, et même 31 % avant une nouvelle élection présidentielle !!


Sur le terrain de l’emploi, une situation préoccupante


Là où la situation est sans nul doute la plus préoccupante, c’est malheureusement sur le terrain de l’emploi. Comment une TPE avec aussi peu de perspectives peut-elle en effet prévoir d’embaucher ? 
Seules 11 % ont recruté au cours des trois derniers mois, en recul de 3 points par rapport à novembre 2012. 10 % des TPE ont même supprimé des postes, un indicateur cette fois en hausse de 4 points. Pire : en cas d’embauche, les CDD ont la faveur des dirigeants (51 % des embauches, en hausse de 6 points)
Ainsi, la création nette d’emploi, 4 %, est à son plus bas niveau depuis 2000. Pour 2013, 7 % envisagent d’augmenter le nombre de leur salarié, et 6 % de le diminuer, avec des créations d’emplois un peu plus nombreuses  dans les structures de 6 à 19 salariés (14 %) et  dans le secteurs des services aux entreprises  (12%).


Accords sur la sécurisation de l’emploi : le « oui, mais… » des TPE


Alors que le projet de loi sur la sécurisation de l’emploi vient d’être présenté par le gouvernement, les patrons de TPE sont encore peu nombreux  (37 %) à en avoir entendu parler. Et ceux qui en ont entendu parler ne sont que 26 %  à penser qu’il pourrait contribuer à relancer l’emploi. 
Pourtant, certaines mesures semblent être accueillies favorablement, comme l’assouplissement du contrat de travail à temps partiel en contrepartie d’une durée minimum hebdomadaire de 24 h (72 % l’approuvent). Les patrons de TPE déclarent même que certaines mesures pourraient les inciter à embaucher : simplification du recours à l’activité partielle en cas de difficultés, création d’un CDI intermittent, exonération de charges pour l’embauche d’un jeune, etc. 

Les opinions sont en revanche très négatives sur la taxation des CDD : 41 % jugent même que cette mesure aurait un impact négatif sur leur activité. Et une des mesures les plus emblématiques du projet de loi, la complémentaire santé généralisée,  ne semble pas être aussi révolutionnaire, puisque 56 % des patrons de TPE déclarent déjà proposer  ce dispositif à leurs salariés !


La cote de confiance du gouvernement en chute libre


Globalement, seuls 17 % des patrons de TPE déclarent faire confiance au gouvernement, soit une chute de 3 points par rapport à novembre 2012. A l’image du désamour des Français, les patrons de TPE affichent une réelle déception vis-à-vis des actions engagées par l’exécutif. Avec des spécificités. Ainsi, 9 % seulement jugent que l’action gouvernementale est susceptible d’encourager les patrons de TPE, de leur donner envie d’investir ou d’embucher. Pour 92 % des dirigeants, les mesures prises ne donnent pas envie de devenir chef d’entreprise. Leurs principaux griefs ? Le poids des charges et la réglementation du marché du travail. Deux grands classiques, quelle que soit la conjoncture. 

*Méthodologie du Baromètre Fiducial/Ifop : 
Échantillon de 1002 dirigeants de TPE de 0 à 19 salariés (hors auto entrepreneurs), interrogé par téléphone du 7 au 21 février 2013.

 

Valérie Talmon

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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Yves IMBERT 16/03/2013 12:15


Il est évident que la haine du mérite par le travail transparaît dans toutes les ânneries des minables au pouvoir

aupied 15/03/2013 04:18


Avec toutes les augmentations que nous falt notre cher hollande , je ne vois pas comment les entreprises pourraient s'en sortir , dans des conditions comme ça ils ne peuvent pas embauchez , pour
s'en sortir il n'y qu'une solution mais , quelque soit le gouverment passé ou actuel ils ne veuleunt pas le savoir , il faut envoyez les étrangers dans leurs pays, il faut supprimer les
allocation famillailes au dessus de 4 enfants, il faut faire comme en Chine il y a quelques années , il faut surveiller le agences chômages , il faut surveiller la sécu , c'est vrai ça donneras
du travail au gouvernement ,pour mettre en place tout ça mais il faut le faire , car notre est pays et presque au font du gouffre , au lieu de s'occuper des prôblemes de l'etranger( ils ne sont
déjà pas capable se s'occuper de notre propre pays) demander a revote pour un gouvernement capable , et sortout ne pas faire de promesse impossible a tenir

mika 14/03/2013 20:54


En France une société de cent personnes, notamment dans les services, n’est viable que si
elle s’auto finance. Pour cette typologie d’entreprises les banques ne sont que des TIRELIRES. N’attendez rien d’elles si ce n’est l’équivalent de vos avoirs. Et si d’aventure elles vous
concèdent un prêt ce sera en contrepartie de cautions solidaires sur vos biens propres faisant de vous et de votre famille leurs otages. A l’heure du départ, les plus chanceux, qui auront survécu à la concurrence aux crises et aux organismes
administratifs, verront l’ETAT s’inviter au partage du fruit de la vente de leurs actions à hauteur d’un tiers de leur valeur. Et encore, tout ça c’était AVANT…Les socialistes nous proposent de porter la part de l’ETAT à + de 60%.