Traite des êtres humains par Mokhtaria Bensaâd

Publié le 4 Juillet 2011

Traite des êtres humains: Ksentini s'en prend au département d'Etat américain
 

par Mokhtaria Bensaâd du Quotidien d'Oran. 


La Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'homme (CNCPPDH), présidée par Me Farouk Ksentini, a condamné avec force le rapport du département d'Etat américain sur «la traite des êtres humains» qui classe l'Algérie dans une liste noire, et s'interroge sur le responsable de cette propagande contre l'Algérie. Me Farouk Ksentini qualifie le rapport de «manœuvre pour porter atteinte à la réputation de l'Algérie, qui vient de se remettre sur pied et de reprendre son rôle traditionnel sur la scène internationale». 

Le président de la CNCPPDH a démenti de façon catégorique, dans une déclaration au site de la radio nationale, l'existence d'une quelconque activité de trafic humain en Algérie, pour la simple raison que la législation algérienne est claire et rigoureuse sur ce chapitre». 

Il considère, d'autre part, qu'il s'agit d'accusations dont le seul but est de nuire à la réputation de l'Algérie et de la fragiliser. Me Ksentini argumente sur cette question qu'«il n'y a pas d'autre motif qui soit raisonnable qui justifie le classement de l'Algérie dans cette liste». Un rapport à dessein politique, c'est l'analyse qu'avance le président de la commission à propos de ce rapport dont les conclusions sont contraires, estime Me Ksentini, à la réalité de la société algérienne. 

Selon ce qui a été rapporté dans ce document, l'Algérie est désormais sous surveillance, classée parmi les pays «dont le gouvernement ne se conforme pas pleinement aux normes minimales et ne déploie pas d'efforts importants pour agir en ce sens». Les pays de catégorie 3 peuvent faire l'objet de sanctions : suspension des aides non humanitaires, refus de financement pour la participation aux programmes éducatifs et d'échanges culturels, opposition des Etats-Unis à des aides du FMI et de la Banque mondiale. 

Le département américain s'est basé pour faire son rapport sur la situation des migrants illégaux qui subissent le plus le trafic humain. Le chapitre «Algeria» mentionne que c'est un pays où «des hommes, des femmes et des enfants subissent le travail forcé et le trafic sexuel». Il s'agit, le plus souvent, d'hommes et de femmes subsahariens entrés volontairement mais clandestinement en Algérie avec l'aide de passeurs dans le but d'aller en Europe. 

Tamanrasset est considéré, selon le rapport, comme le lieu par excellence de cette traite des êtres humains. Le rapport ne relève aucun progrès en matière de poursuites ou de travail d'identification des victimes, notamment chez les populations vulnérables comme les femmes étrangères et les migrants illégaux. L'Algérie, relève le document en citant des membres de la société civile, est devenue, avec le resserrement sécuritaire en Europe, un pays de destination de l'immigration irrégulière et du trafic humain. Le coût du voyage d'un migrant «vers ou à travers» l'Algérie a augmenté en raison d'une plus grande répression. Le rapport révèle par ailleurs qu'un rapport de 2011 a identifié 23 enfants algériens et six hommes comme victimes de trafic en Norvège. 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Vanpyperzele 04/07/2011 16:28



 





 







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L'esclavage musulman











A l’heure où les tentatives de culpabilisation de l’Occident se font délirantes, Louis Chagnon ouvre le dossier de l’esclavage musulman.











L’histoire de l’esclavage est à l’actualité, utilisée comme outil pour soutenir des revendications communautaristes, elle est falsifiée pour introduire la seule critique de
l’Occident. Ne pouvant pas reprendre toute l’histoire de l’esclavage, je rappellerai rapidement quelques données élémentaires.

L’esclavage se perd dans la nuit des temps et les noirs n’en ont pas été les seules victimes, comme les Occidentaux n’ont pas été les seuls esclavagistes. Le mot «esclave» vient
du mot «Slave», les Slaves païens ont en effet fourni les contingents les plus nombreux d’esclaves pendant le haut Moyen-âge, vendus par les Vénitiens aux arabo-musulmans. Si
esclavage et colonisation se sont rejoints aux XVIIe et XVIIIe dans le commerce triangulaire pratiqué par des commerçants, et non par des colons, l’esclavage n’est pas inhérent à
la colonisation occidentale, il existait des millénaires avant et exista après. Bien au contraire, la colonisation entraîna la disparition de l’esclavage dans les colonies. Avant
même la colonisation de l’Afrique, les Européens avaient agi pour faire supprimer l’esclavage en Tunisie: «Après les trois mois de règne de son frère Othman, le fils de Mohammed
bey, Mahmoud bey (1914-1824), se vit contraint par les puissances européennes à supprimer l’esclavage, malgré la perturbation économique que devait entraîner cette brusque mesure
(1819).» . Lorsque les Français sont arrivés en Afrique du Nord et en Afrique noire au XIXe siècle, ils ont trouvé des esclaves. L’esclavage était pratiqué par les Arabes et les
noirs depuis des siècles. Les ethnies noires se réduisaient en esclavage entre elles et ce sont des chefs noirs qui par des razzias alimentaient les négriers occidentaux aux XVIIe
et XVIIIe siècles, ce qu’on oublie trop souvent de rappeler. On estime que fin XVIIIe et au début du XIXe en Afrique noire, un quart des hommes avaient un statut d'esclave ou de
travailleur forcé. C'étaient des prisonniers de guerre ou des prisonniers pour dettes. La guerre et les dettes étaient les sources traditionnelles où s’approvisionnaient les
marchands d’esclaves. Mais, si les Occidentaux supprimèrent l’esclavage, ils laissèrent le travail forcé.

Les Arabes réduisirent en esclavage pendant des siècles, non seulement des noirs, mais aussi des chrétiens par des razzias sur les côtes occidentales et la piraterie barbaresque:
«Plus que des marchandises pillées, les Barbaresques tiraient profit des captifs. Le Chrétien cessait d’être un infidèle qu’on arrachait à son pays pour devenir un objet de
négoce, dont on essayait de se débarrasser le plus vite et le plus cher possible.» . L’église catholique les racheta pendant des siècles. C’est cette piraterie qui fut un le motif
essentiel de la colonisation de l’Algérie.

Pour illustrer ces propos, je vous propose de lire un texte écrit par le général E. Daumas et A. de Chancel, publié en 1856 . Rappelons qu’à cette époque, la France n’est présente
en Afrique que sur le littoral algérien et qu’à cette date elle avait aboli l’esclavage depuis huit ans, en 1848. Le Sahara n’est pas encore bien exploré et il n’existait à cette
date aucune colonie française en Afrique noire. Le général Daumas dont le but était de recueillir des informations sur les peuples du sud saharien, s’était introduit dans une
caravane qui partait de Metlily, en Algérie, pour se diriger vers un royaume musulman du sud saharien, du nom d’Haoussa, ayant pour chef le sultan Bellou le Victorieux et pour
capitale Kachena , leurs habitants appelés à l’époque Foullanes étaient arabes. Ces caravanes trans-sahariennes furent les pourvoyeuses d’esclaves pour le bassin méditerranéen et
les Arabes du nord pendant des siècles. Les Foullanes avaient soumis tous les royaumes noirs échelonnés sur les fleuves Niger et Sénégal. Aujourd’hui, ce royaume se situerait sur
la frontière entre le Niger et le Nigeria. Dans un passage de son livre, il relatait les informations sur les conditions et les préceptes réglementant l’esclavage chez les
musulmans. C’est ce passage que j’offre à votre lecture. Il se place dans l’esprit des gens qu’il accompagne et qu’il rencontre, il utilise le pronom «nous» pour représenter en
fait les algériens de la caravane ou les habitants de la région. Je n’ai pas actualisé l’orthographe et l’ai laissée telle que le général Daumas l’utilisa:
«Au centre de la place était posé par terre un énorme tambour qu’un vigoureux Nègre battait à tour de bras avec un bâton tamponné. (…) C’est le tambour du sultan; jamais il n’est
battu que pour convoquer l’armée. (…)
« Voici la volonté du serki :
« Au nom du sultan Bellou le Victorieu











Gérard Brazon 04/07/2011 17:39



J'ai fait plus sieurs articles sur ce sujet. Là aussi il est bon de rafraîchir les mémoires. Merci.