Transparence de Hollande par Minurne

Publié le 10 Avril 2013

Minurne

"Il ne faut pas s'offenser que les autres nous cachent la vérité, nous nous la cachons si souvent à nous-même" (La Rochefoucauld). Les socialistes, les autres aussi d'ailleurs, devraient méditer cette maxime.

 

Nous sommes partis depuis quarante quelques jours à la course à qui sortira le plus vite son flingue à transparence. Mais rien n'est comparable dans les déclarations faites, du coup les documents produits ne servent qu'à souffler un rideau de fumée. Côté EELV on a évalué des biens à leur prix d'achat, quand ceux-ci ont été achetés il y a vingt-cinq ou trente ans il sont donc déclarés à une valeur très basse, côté UMP on a donné une estimation actualisée, ce qui est un peu plus franc mais ne vaut pas grand-chose non  plus, puisqu'un bien ne vaut que ce qu'il est payé le jour où il est revendu. C'est tout le problème de la valeur, les assureurs le savent et s'en servent pour justifier de moindres remboursements et rouler leurs clients : un bien a une valeur d'achat, une valeur d'usage, une valeur fiscale, une valeur de revente, une valeur de remplacement à l'identique, etc. Si déclaration il doit y avoir, il faut d'abord en définir les règles avec précision pour qu'un contrôle soit possible.

 

Le plus drôle est que les ministres ont eu à produire une déclaration de patrimoine en entrant en fonction, or celles que certains font aujourd'hui sont parfois sensiblement différentes de celles de mai dernier et toujours dans le sens d'une minoration. La pauvreté est à la mode !

 

Pour définir si un élu est riche ou pas, il faudrait connaître au minimum son patrimoine et ses revenus. Certains ne sont propriétaires de rien parce qu'ils ont toujours loué ou occupé à titre gratuit leurs logements et eu des voitures officielles, par contre ils cumulent des revenus multiples et, comme Bartolone le président de l'Assemblée nationale, sont en réalité très riches. Sans compter les avantages en nature : logements, voitures, domestiques, voyages gratuits, télécommunications gratuites, etc.

 

Et en supposant que l'on arrive à une évaluation à peu près juste de son patrimoine et des ses revenus en regard des critères définis, comment savoir si l'élu n'a pas des biens à l'étranger, ou dans des SA ou SCI multiples au nom de son épouse ou de parents. C'est la question que les Nantais se posent au sujet du projet de "Manhattan de l'Ile de Nantes" dans lequel la SNCF cède des friches industrielles à des sociétés dont il est impossible de connaître les actionnaires en s'adressant au Tribunal de Commerce sous prétexte d'éviter la spéculation, l'ex-directeur de cabinet de Ayrault l'ayant fait classer "sujet sensible". Or le bruit court que des participations auraient été prises par des membres de la famille du Premier ministre. Cela dit, une rumeur ne fait pas un coupable.

 

De toute manière, il y a quelque chose de parfaitement illogique dans la démarche actuelle. Pendant une semaine, le  président et le gouvernement nous ont répété sur tous les tons et les yeux dans les yeux que l'affaire Cahuzac était l'affaire d'un homme seul qui ne remettait pas en cause l'intégrité du président, des ministres et des élus. Et tout d'un coup il faut en urgence une loi pour contrôler l'honnêteté de ces mêmes élus soupçonnés d'être tous des menteurs et des voleurs.

L'ennui pour eux, c'est qu'au moment même où ils se vantaient d'être "plus blancs que blanc", comme disait Coluche, Jean-Noël Guérini, faisait voter par le Conseil Général des Bouches-du-Rhône, dont il est le président, la prise en charge par les contribuables du département des frais d'avocat et de justice consécutifs à ses multiples mises en examen. En résumé, il volait les contribuables et maintenant il leur fait payer les frais du procès. Comme moralité socialiste, on pourrait mieux faire et, dit Michel Cardoze, "On payait les ordures, maintenant on paie leurs avocats".

 

D'ailleurs, si le parjure, le mensonge, la dissimulation d'actifs à l'étranger, l'argent gagné de façon douteuse étaient propres au seul Cahuzac, il n'y aurait aucun besoin de légiférer "en urgence" pour tous les élus. Cela explique que 88 % des Français pensent que les élus, tous les élus, sont corrompus et mentent comme des arracheurs de dents.

 

Ainsi, au pire cette loi est inutile et ne sert qu'à distraire le pays des vrais problèmes auxquels le gouvernement et le président n'apportent toujours aucune solution efficace. Au mieux elle ne fera que gêner un petit peu les tricheurs qui sont légion et trouveront sans grande difficulté d'autres ficelles pour dissimuler l'argent malhonnêtement gagné.

 

Ce projet de loi sur la transparence est une poupée gigogne qui cache des projets moins avouables. Il comporterait, par exemple, l'interdiction de conserver et d'exercer son métier après avoir été élu. Facile à dire quand on vient de la fonction publique et qu'on bénéficie du privilège de retrouver son emploi avec toutes les promotions triennales et augmentations de salaire intervenues pendant les dix ans au minimum de sa législature  (5 ans de mandat et 5 ans de chômage à 100 % !), mais souvent plus.

 

Un bon exemple vient d'en être donné par Claude Bartolone. Bartolone qui donne des leçons de morale à Cahuzac a été fonctionnaire il y a 25 ans, puis maire, conseiller général (Seine Saint-Denis), président du Conseil général, député de la 9ème circonscription. En mai 2012, il a demandé et obtenu de Hollande d'être réintégré par décret dans la préfectorale. En juillet, juste le mois légal suivant la promulgation du décret au J.O.R.F., il a fait valoir son droit à la retraite : retraite de préfet hors cadre sous statut spécial à taux plein, le top. Le voilà donc avec toutes les indemnités auxquelles il peut prétendre en Seine Saint-Denis, plus sa paye de député et les primes défiscalisées qui vont avec, plus son indemnité de président de l'Assemblée, plus une belle retraite de préfet. Au total, même en appliquant les règles de plafonnement des cumuls, un peu plus de 30 000 € /mois. De plus, il a un domicile de fonction au Conseil général en Seine Saint-Denis et l'Hôtel de Lassay à Paris, les voitures et les domestiques qui vont avec. Tout est parfaitement légal, c'est incontestable, mais est-ce moral ?

 

Si c'est un ouvrier, un employé, un cadre d'entreprise, ou un membre d'une profession libérale qui est élu, ces privilèges exorbitants n'existent pas : tous perdent leur emploi et leur salaire, sauf des cas exceptionnels comme ces avocats dont le cabinet est important et où, étant dirigeants, ils peuvent s'absenter sans que cela porte préjudice à l'entreprise. L'égalité et la justice si chères au président et aux socialistes voudraient que les fonctionnaires ne puissent être élus que s'ils démissionnent définitivement de la fonction publique. Ils seraient alors au même niveau de risque que leurs collègues du secteur privé. Si cette disposition n'est pas mise dans la loi, il n'y aura plus que des fonctionnaires à l'Assemblée et au Sénat où ils sont déjà surreprésentés, ce qui explique l'inefficacité  et la docilité aux instructions du gouvernement de ces deux institutions en comparaison du travail effectué dans des parlements d'autres pays où les élus venant du secteur privé sont majoritaires.

 

Autre anomalie, la loi prévoirait l'inéligibilité à vie pour les élus ayant menti à leurs collègues. Ainsi les élus seraient moins bien traités que les grands criminels et autres délinquants qui bénéficient de peines plafond, de peines avec sursis, de remises de peines et d'amnisties ? N'est-ce pas messieurs Ayrault, Harlem Désir et des dizaines d'autres ? Cela dit, cette disposition n'est peut-être qu'un vice délibérément introduit dans la loi pour la faire annuler sitôt votée, les guignols qui nous gouvernent ont déjà fait le coup avec celle sur la taxation à 75 % des plus haut revenus.

 

Cette loi, si elle est votée, sera un coup d'épée dans l'eau : elle sera retoquée ou ne sera pas appliquée. Parce que, si elle était appliquée, Assemblée et Sénat seraient rapidement vidés et ne resteraient que des petits nouveaux comme Marion Le Pen qui n'ont pas encore eu le temps de s'enrichir ! Mieux vaudrait exiger la publication par les élus de leurs dernières déclarations fiscales sur le revenu et le foncier, et donner à une section du Trésor public les moyens juridiques d'enquêter sur l'origine de l'argent déclaré au lieu d'enfermer les dossiers des élus dans les coffres de la Direction Générale du Trésor où, s'il est malin, Cahuzac a eu l'occasion de les consulter. Inutile de créer un "Haute autorité Bidule-machin" comme le demande Ayrault, elle ne fera que générer des postes supplémentaires de fonctionnaires et des frais de fonctionnement gigantesques. J'ai toujours été surpris de voir qu'en très peu de temps des gens ayant toute leur vie vécu sur le dos des contribuables arrivaient à se constituer un capital supérieur au million d'euro, et parfois de beaucoup supérieur, comme le couple Hollande-Royal ou Jean-Luc Mélenchon par exemple. Et puis les électeurs de ces élus fonctionnaires-millionnaires ne sont-ils pas les mieux placés pour évaluer leur fortune réelle et juger si les déclarations sont sincères ou pas ? Raison pour laquelle Mélenchon ne veut pas entendre parler de publication du montant de son patrimoine et de ses revenus.

 

Maurice D.

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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island girl 11/04/2013 09:56


Mai 2013 approche ...imagine there's no ...

mika 11/04/2013 09:30


http://www.impots-economie.com/le-mensonge-de-francois-hollande-sur-sa-declaration-de-patrimoine/

Epicure 10/04/2013 20:37


Quand on vit aux frais de la Princesse avec 20mille Euros par mpois il ne reste donc qu'à placer son argent dans les paradis fiscaux. Ils en ont tous et c'est pourquoi la Droite ,'a pas moufté au
tout début...


Depuis ils ont tous fait mouvements vers des gens de paille.... et ils montent aux créneaux, sûrs d'eux...


Tous absolument tous pourris.


mais les autres paris sont identiques: ce sont les Partis qu'il faut interdire ainsi que les Candidats. (voir Etienne Chouard)