Tunisie:criminaliser l’atteinte au sacré. A quand les premiers égorgements à Tunis.

Publié le 7 Août 2012

Qu'en pense le Tunisien Bertrand Delanoé, Maire de Paris qui trouvait formidable la révolution tunisienne et disait à la presse dans C'dans l'air: "nous les tunisiens,  sommes heureux". Le même qui débaptisa une place pour lui donner le nom du suicidé tunisien qui, par cette action, et bien involontairement de fait, aurait déclenché cette révolution.

Une révolution de printemps, la première dans l'ancienne Ifriqiya romaine et chrétienne, autrefois grenier à blé de l'Empire et qui aboutira finalement à la privation de la plus élémentaire des libertés: celle de critiquer le pouvoir y compris les religions. Avec l'islam, c'est la dictature qui est en marche et avec elle la pauvreté des peuples!

Gérard Brazon

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Lors de son 9e Congrès (du 12 au 16 juillet), Ennahdha avait préconisé de criminaliser l’atteinte au sacré. Ses députés n’ont pas tardé à passer aux actes en déposant une loi en ce sens.

Comme pour faire diversion et occuper l’opinion, de manière à détourner l’attention du public des problèmes concrets du pays et des bourdes à répétition des ministres, Ennahdha, le parti islamiste qui dirige la coalition au pouvoir, n’a pas trouvé mieux que de déposer, mercredi, un projet de loi afin de punir l’atteinte au sacré.

«Nous avons procédé aujourd’hui même au dépôt d’un projet de loi incriminant les atteintes au sacré», a ainsi déclaré Habib Khedher, rapporteur général de la commission de rédaction de la Constitution. Selon ce juriste et représentant d'Ennahda à l'Assemblée nationale constituante (Anc), , qui s'exprimait sur la radio Shems FM, le texte codifie les atteintes au sacré et prévoit une peine de prison allant jusqu’à deux ans et quatre ans de réclusion en cas de récidive.

Les Nahdhaouis ne perdent pas leur temps. A peine deux semaine après leur premier congrès public tenu du 12 au 16 juillet, qui avait préconisé de criminaliser l’atteinte au sacré tout en s’engageant à «garantir la liberté d'expression» (quelqu’un a-t-il décelé une contradiction dans cette position?), les voilà qui passent aux actes.

Le projet de loi dresse une liste des valeurs, lieux et objets sacrés: Dieu et le prophète Mohamed, tous les prophètes, tous les livres saints, les mosquées, les églises et les synagogues notamment. Ils n’ont pas osé ajouter les bureaux et bâtiments d’Ennahdha (assimilés récemment à des mosquées par Noureddine El Khademi, ministre des Affaires religieuses), mais au rythme où vont les choses, cela ne saurait pas tarder?

La nouvelle loi codifie également la nature des atteintes et leur degré de gravité entre «l’injure, la profanation, la dérision et la représentation d’Allah et de Mohamed», qu’interdit l’islam.

L’Anc n’a pas encore décidé de la date à laquelle le projet serait soumis aux débats mais on peut déjà prévoir que les députés de l’opposition se feront un devoir de critiquer ce texte liberticide, mais qu’au final, le vote tranchera en faveur d’Ennahdha et de ses alliés et porte-voix, les soi-disant mouvements laïcs, CpR et Ettakatol.

Quant aux écrivains, artistes et intellectuels, ils sont prévenus: la liberté d’expression est en voie d’être définitivement circonscrite dans un pays jadis doté d’un Etat séculier et qui est en passe de transformer en une république islamique à l’iranienne.

Imed Bahr

Du même site: Kapitalis

 

L’auteur, Français natif de Tunisie, qui s’est installé, à l’âge de la retraite, dans son pays natal, tire la sonnette d’alarme: une dictature islamique est en train de s’installer, plus répressive que celle que l’on a connue.

Par Jean-Louis de Sousse*


Je suis Français né en Tunisie, depuis toujours, je me suis dit que  quand je prendrai ma retraite, j’irais m’installer en Tunisie avec mon épouse. Mes parents sont également nés en Tunisie, mon père habitait Tunis, vers Bab Souika, ma mère, habitait chez ses parents à La Goulette. Mon père travaillait au tramway qui est le TGM d’aujourd’hui, nous étions heureux. En 1958, il nous a fallu  partir.

Pendant des années, je venais passer mes vacances dans diverses stations balnéaires avec toujours autant de plaisir. Mon désir de revenir en Tunisie ne s’est jamais estompé et j’ai pu enfin concrétiser mon rêve.

Depuis quelques temps je me suis donc installé. Mais depuis les choses ont évolués dans ce pays que je trouvais merveilleux. La révolution était passée par là. Une si belle révolution dont j’étais aussi fier que si j’étais un vrai Tunisien, une révolution qui ouvrait en grand les portes de la démocratie. C’en était fini de la dictature, de la peur des gens qui ne pouvaient pas s’exprimer de peur d’avoir derrière lui un  policier, enfin la liberté de penser. Enfin, c’est ce que je pensais

Malheureusement, le réveil a été rude, en fait d’une vraie démocratie et la fin d’une dictature, ce que je retrouve est pire. Pour le moment, j’ai l’impression de retrouver une dictature, mais une dictature islamique. Où est passée cette démocratie que tout le monde attendait? En fait, j’ai l’impression de faire un immense retour en arrière.

Une régression totale.(A laquelle on peut associer les Tunisiens "français de papiers"!

J’ai l’impression que la liberté chez le Tunisien, c’est de faire n’importe quoi. J’avais déjà fait quelques billets d’humeur sur ce site concernant notamment la circulation anarchique, un autre sur la saleté qui prend une tournure inimaginable.

Auparavant, quand j’étais en France j’étais fier de dire que la Tunisie était un pays très propre en comparaison avec l’Egypte qui m’étais apparu, lors d’un voyage, d’une incroyable saleté. Maintenant, tout doucement, la Tunisie prends le même chemin.

J’ai également fait un billet d’humeur sur la police que l’on trouve dans tous les coins de rues, mais il n’a pas eu les honneurs de la diffusion (peut-être que la censure est passée par là.)

Tous les jours quand je lis les différents articles, j’ai de nouvelles surprises. Une dictature islamique est en train de s’installer tout doucement, plus répressive que celle que l’on a connue.

Ce gouvernement qui ressemble plus à une équipe de repris de justice qu’à une équipe gouvernementale. Qui prends des mesures «abracadabrantes», privilégiant son parti plutôt que les Tunisiens, voulant instaurer une rigueur inconnue jusqu’ici.

Le rêve des Tunisiens vire au cauchemar; espérons qu’ils vont se reprendre lors des prochaines élections, sinon, je pense que c’est la fin de libertés. Les étrangers qui, comme moi, se réjouissaient de la vie dans ce beau pays risquent de faire leurs valises et les Tunisiens seraient définitivement privés de leurs libertés.

* L’auteur, qui a voulu garder l’anonymat par respect pour ses amis tunisiens, a préféré utiliser le pseudonyme Jean-Louis de Sousse.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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LA REINE DE SABA 07/08/2012 19:32


Nos zélites savent mieux que nous ce qui se passe dans ce pays et dans tout le Maghreb : Les RG leur rendent quotidiennement des comptes.... Alors pourquoi jouent-ils aux débiles et laissent-ils
cette vermine pestilentielle envahir aussi l'Occident ?? çà ne leur suffit pas de voir les massacres et les horreurs du Maghreb ?  Nous avons les moyens de faire sauter le nid de serpents,
là d'où partent toutes ces horreurs, nous avons les moyens techniques de les tenir par les couilles !! Bon sang il n'y a pas que les marchands de pétrole qui doivent imposer leurs délires face à
notre civilisation tellement plus avancée !!! Nous aussi, nous devons montrer notre force et faire taire une bonne fois pour toutes ces stupidités qui tiennent lieu de religion à des analphabètes
pour mieux enrichir quelques leaders qui n'en ont rienà foutre de Mahommerde !!

DURADUPIF 07/08/2012 17:16


Comme si avec des musulmans on pourrait faire une révolution qui engendrait une société de droits, s'apuyant sur une Constitution dont l'article premier déclinerait les droits de l'Homme et les
grandes valeurs de la Démocratie. Pauvres doux rêveurs dont font partie hélas nos zélites toujours habillés en Père Noêl depuis 40 ans.

lombard 07/08/2012 11:06


bonjour mr Jean Louis de Sousse


je crains qu il y ai jamais de prochaine élection.....