Tunisie : le « cyclone salafiste » appelle à l'excision.

Publié le 21 Février 2012

De Marianne 2 que l'on ne peut soupçonner d'anti islamisme! Merci encore aux 40% de "français de papiers" qui ont voté pour un parti islamique! 

Gérard Brazon

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(Dessin de Louison)
(Dessin de Louison)
Il a osé le dire. Rached Ghannouchi, le leader d’Ennahda, le gourou du nouvel islamisme d’Etat, s’est offert une déclaration attendrie et compréhensive sur  ceux qu’il appelle «  les frères salafistes » dans une interview au quotidien saoudien Okaz. Voici des extraits de ses propos, relevés par plusieurs sites d’information tunisiens : 

« Nous ne pensons pas que l’approche de l’intimidation et les distorsions pratiquées par certaines forces dites modernistes réussiront à faire plier le phénomène du salafisme en Tunisie. Par contre, nous sommes appelés en tant que Tunisiens à nous adapter aux différents courants et à vivre ensemble dans le cadre du respect mutuel de l’Islam et des vraies valeurs de la modernité » 

Le problème est que ce discours, plein d'une pieuse empathie, tombe au plus mal : un prêcheur venu d’Egypte, un certain cheikh Wajdi Ghanim, invité par plusieurs associations religieuses ( Pour l’apprentissage du CoranPour la prédication et autres douceurs bigotes) déclenche un nouveau scandale. L’homme est une star et une télé-star salafiste. Ghanim défend l’excision, l’ablation du clitoris, qu’il qualifie avec ravissement « d’opération esthétique ». 

Il appelle à l’application de la charia, ce qui est du reste parfaitement contradictoire avec son goût pour la mutilation des petites filles au rasoir : la charia est affreusement prolixe sur les châtiments corporels. D'autant plus que l’excision n’est mentionnée dans aucune tradition islamique ni dans le Coran. Les textes qui la recommandent sont totalement trafiqués, comme le soulignait le grand imam de la Mosquée Al Azhar au Caire en 1997 pour justifier son interdiction.

L'excision, une pratique ancestrale

De toute façon, l’excision est pratiquée autant chez les Coptes, les chrétiennes d’Egypte, que chez les musulmanes. Cette horreur remonte à la nuit des temps, celle des Pharaons. Jusqu'à aujourd'hui, puisque malgré les lois, les filles du Nil n’en sont toujours pas préservées : en 2008, on estimait à 70% le nombre d’Egyptiennes excisées ! 
Ce combat prioritaire des féministes — là-dessus fermement soutenues par Suzanne Moubarak, l’épouse du Raïs déchu — est aujourd’hui dénoncé par les salafistes, plébiscités à plus de 20% de voix aux législatives en Egypte. 

Les Frères musulmans, crédités de 50% des voix à ces mêmes élections, ne sont pas très clairs non plus sur le sujet.  
« L’excision, c’est un débat en Islam » m’avait déclaré au Caire en décembre 2011 une candidate du parti Liberté et Justice, la branche politique des Frères Musulmans. Cette « sœur », Omaima Kamel, médecin et m'affirmant être très engagée sur le terrain de la misère féminine. Visage angélique, drapée dans un beau voile bleu, le Dr Kamel bredouillait ainsi avec un embarras manifeste : 
«  Bon… Je ne vais pas pousser les gens à l’excision… mais je ne peux pas l’interdire… je ne peux pas dire que c’est un crime… parfois il y a des indications… » Avec de pareilles alliées, les malheureuses Egyptiennes risquent de suivre encore longtemps le chemin du sang et de la honte.

Bonjour extrémisme, antisémitisme et intégrisme

Revenons en Tunisie. Wajdi Ghanim a donc fait sa tournée à Tunis, et dans de nombreuses villes. Les salafistes avaient vu grand pour lui offrir un succès extraordinaire, et tant les voilées intégrales que les longues barbes étaient au rendez-vous. On se demande si les dames en noir, invisibles mais bien présentes, avaient vraiment envie d’être excisées. Etaient-elles seulement au courant de qui les avait manipulé, instrumentalisé, chosifié ? 
En tous cas, à l’un des rendez-vous, sous le chapiteau d' El Kobba, dans la toute proche banlieue de Tunis,  « il y avait au moins 5 000 personnes » constatait la jounaliste Zohra Abid, du site Kapitalis
Tous les observateurs ont également été témoins d’une déferlante de slogans antisémites, dans le style de ceux qui avaient accueilli Ismaïl Haniye, Premier ministre Hamas de Gaza, le 5 janvier dernier, à l’aéroport de Tunis :  « Dehors les Juifs, dehors ! Nous sommes prêts ! » (Notons que c'est ces palestiniens que défendent les bobos de France qui sous couvert d'antisionisme peuvebnt déclarer leur antisémitisme; Ndlr Gérard Brazon)


Saigner les femmes, saigner les juifs : l’horrible bal pornographique des fantasmes intégristes battait son plein. 
 
Mais le lendemain, quel choc ! C’est le sursaut. Les avocats et de nombreuses associations montent un collectif, animé notamment par Bouchra Bel Haj Hmida, une opposante de toujours à la dictature d’hier et qui n’entend pas céder à la suivante. Ils portent immédiatement plainte pour atteinte aux droits élémentaires de la personne humaine, enjoignant le gouvernement de mettre un terme à de tels débordements. 

Ils sont appuyés par Emna Menif, fondatrice du mouvement Kolna Tounes, qui organise un meeting de mobilisation. Tous ceux qui ont fait la révolution sont dans la salle. Ceux qui en ont récolté les fruits sans prendre une balle ni une grenade lacrymogène, eux, sont au pouvoir. Une rumeur terrible court : il y aurait eu des petites filles excisées après le passage de Wajdi Ghanim. Ce n’est pas encore vérifié. 

La révolte paie : le ministre de la Santé, tout islamiste qu’il soit, est forcé de monter au créneau. Il rappelle dans un communiqué les conséquences catastrophiques de l’excision, l’adhésion de la Tunisie aux conventions internationales qui interdisent les mutilations génitales et appelle les médecins tunisien à rejeter formellement cette pratique. 
Personne, cependant, que je sache, n’a osé virer manu militari du sol tunisien Wajdi Ghanim, qui devait s’en retourner, repu d’anathèmes et de vivats, ce vendredi dans son Egypte natale.  

En revanche, pendant que se déroulait tranquillement sa tournée, on a arrêté pour de bon des « perturbateurs ». Des journalistes, figurez-vous. Ceux du quotidien arabophone Attounissia qui s’était amusé à mettre en une un footballeur d’origine tunisienne, Sami Khedine, de nationalité allemande, et qui enlaçait sa fiancée à la poitrine sans autre voile que les paumes du bien-aimé. Enfer et damnation ! Directeur, directeur de la rédaction et rédacteur ont été immédiatement déférés au parquet  pour «  trouble à l’ordre public ». Ils risquent entre 6 mois et 5 ans de prison.
Montrer la beauté d’un corps de femme amoureuse, c’est un crime dans la Tunisie islamiste. Défendre la mutilation au rasoir du sexe des petites filles, c’est une opinion. 

Pour protester contre ce qu’on appelle désormais à Tunis « le cyclone salafiste » et les horreurs qui se succèdent, une manifestation est prévue samedi 18 février, à midi au Bardo. Devant ce même Parlement, dont les révolutionnaires du 14 janvier refusent qu’il devienne la chambre d’enregistrement de la grande régression.

Martine Gozlan

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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Mireille Helme 21/02/2012 18:53


C'est l'horreur! mais toutes les femmes qui ont contribué à élire un parti islamiste en Tunisie ne peuvent que s'en prendre à elles-mêmes et à ceux qui les ont manipulées...on récolte ce qu'on a
semé.


 

Polux 21/02/2012 18:34


Dans quelques temps nous auront peût-être une loi qui autorisera le remboursement de l'excision par la sécu. comme pour la circoncision...vas savoir !? Tout çà, bien sûr, sous couvert de
l'hygiène !!!

marco 21/02/2012 17:03


Décidément,il y a touours autant de malades mentaux dans leur monde! ! !