UBU LOI – Une radio hongroise condamnée pour une – mauvaise? – blague sur les animaux

Publié le 22 Juin 2012

En Hongrie il est déconseillé d'insulter les annimaux. C'est une amende que vous risquez! Sans doute le droit à la différence poussé à l'extrême.  Quel progrés n'est-ce pas! A quand une loi qui permettrait de condamner ceux qui assassinent les annimaux sans étourdissement dans les abattoirs halals.

Gérard Brazon 

Une radio musicale hongroise, Neo FM, s'est vu infliger une amende de 250 000 forints (800 euros) par le tout puissant Conseil des médias (MT), l'exécutif du NMHH, l'organe de contrôle des médias, pour avoir fait des blagues sur des animaux. Le MT a estimé que la radio montrait "un mauvais exemple aux enfants". Le MT est composé uniquement de proches du Fidesz, le parti au pouvoir du premier ministre conservateur, Viktor Orban.

En février, lors de l'émission matinale satirique "Boomerang", les présentateurs s'étaient moqués d'animaux en voie de disparition, comme le panda, "qui ne gênera personne, car il ne fait rien d'autres que s'asseoir sur son postérieur et manger", ou les tortues "qui ont déjà assez vécu".

DÉRIVE AUTORITAIRE

C'est une militante d'une ONG pour la protection des animaux qui a alerté le MT, qui lui a donné raison estimant que ses – mauvaises ? – blagues pouvaient être nocives pour le développement des mineurs. Le MT a estimé que "les présentateurs ne peuvent avoir un comportement qui ne soit pas exemplaire pour des enfants", et qu'en faisant ces blagues le matin, la radio n'avait pas respecté la loi. La décision du MT est sans appel.

Un des blogs politiques les plus importants en Hongrie, Velemenyvezer, qui a révélé l'affaire jeudi, estime que cette "affaire absurde" confirme "nos craintes les plus sérieuses, car la loi permet (aux membres du MT) de remodeler le paysage médiatique hongrois à leur propre image, selon leur propre guise". "Une autorité médiatique ne peut fonctionner correctement que si plusieurs partis politiques y sont représentés. Sinon, le 'mantra' du Fidesz sur la protection des mineurs peut rapidement devenir une norme générale", estime un des responsables de blog qui craint une dérive autoritaire.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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