Un document confidentiel sur les prières de rue à Marseille!

Publié le 25 Octobre 2011

Un document confidentiel sur les prières de rue à Marseille que La Marseillaise s’est procurée, plaide pour la réduction du nombre de lieux de culte.

Extraits.

 

« Si rares sont les individus radicalisés au point de soutenir les jihadistes, le fondamentalisme aurait progressé au point de gagner la majorité de la population musulmane ». Cette étonnante considération n’est pas une analyse de la situation en Libye post Khadafi mais un extrait d’un rapport sur l’islam marseillais.
Il s’agit d’un document de travail, non signé mais émanant de la sous direction de l’Information générale des Bouches-du-Rhône (ex renseignements généraux), n’ayant pas vocation à être diffusée. Et il traite des salles de prière musulmanes de Marseille. Une note blanche que La Marseillaise s’est procurée pour en publier quelques extraits.
La « note » date de mars 2011, lorsque Marine Le Pen qualifie les prières de rue musulmanes « d’occupation ». Scandale médiatique, l’Intérieur se doit de réagir et commande à ses services un point sur la situation marseillaise.
L’introduction se veut sobre, « le nombre de cas de prières sur la voie publique est peu élevé au regard d’autres grandes villes de France ou d’Europe ». Mais les sept pages d’analyse suivantes fournissent une analyse bien éloignée des réalités du terrain (lire ci-contre) et clairement orientée. Une vision négative de l’islam qui décrit en creux la doctrine de l’Etat Sarkozy concernant cette religion.

« Le cas comorien »

Curieusement, la communauté comorienne est une des cibles. On se souvient qu’elle fut ensuite choisie par le ministre de l’Intérieur quelques mois plus tard comme origine supposée de la flambée de la délinquance.
Sur la mosquée de la rue Gaillard dans le 3e arrondissement, l’analyse est cinglante : « Cette mosquée ne se veut que comorienne, lieu d’un islam empreint de tribalisme (…). D’évidence, l’existence de cet endroit est un obstacle direct à la bonne insertion des Comoriens dans l’espace marseillais, sorte de marginalisation volontaire ». Plus loin, sont fustigées les écoles coraniques mises en place par cette même communauté : « loin d’éveiller les spiritualités et les esprits, cela les enferment encore davantage dans une boucle culturelle et accroît d’autant leur repli communautaire ».

« Population fragilisée »

Le comportement de certains imams est ici raconté sans concession. La vie sexuelle de l’un d’eux « qui au moins à deux reprises a fauté avec la femme d’un de ses fidèles, démontrant que la fidélité peut ne pas être réciproque ». Le rapport n’est pas plus tendre avec les musulmans dans leur ensemble, cette « population fragilisée, peu informée et peu cultivée y compris sur les préceptes de sa propre religion, se retrouvant entre les mains d’imams auto-proclamés, guère plus compétents que leurs ouailles mais suffisamment charismatiques pour obtenir leur suivisme ».

« Reconcentrer les lieux de culte »
Le document défend une thèse : le problème des prières de rue est une conséquence des divisions internes à l’islam marseillais. « L’abondance de salles à Marseille est en majeure partie le reflet de divisions de tous ordres, obédientielles, aussi bien que nationalistes, ethniques voire affairistes qui opposent les musulmans marseillais». La solution proposée ici est de « reconcentrer les lieux de culte » ce qui « permettrait une professionnalisation des imans, des économies d’échelles, forcerait les fédérations et les obédiences au consensus et éloignerait les intérêts extra-nationaux, facilitant en outre les rapports et l’observation par les partenaires institutionnels. Non pas plus de mosquées mais mieux de mosquées. »

Grande mosquée trop visible
La construction d’une grande mosquée serait alors une solution consensuelle. Non, pourtant, considère le rapport : « Cette construction dominant tout un secteur à l’habitat par ailleurs peu élevé, visible de la plupart des artères principales environnantes et appelant à la prière par un signal lumineux, est généralement considérée comme agressive au point qu’un référendum local sur le sujet pourrait donner des résultats à tout le moins équivalent et peut-être même plus prononcés que la votation organisée dans la confédération Helvétique l’année dernière ».
Pour le document, l’édification de nouvelles mosquées n’est une solution que si leur architecture est « discrète » pour limiter « leur impact visuel sur le paysage urbain ».
La solution sous-tendue est donc paradoxalement la « réduction » du nombre de lieux de culte à Marseille pour faciliter l’intégration d’une religion qui se vit « à côté de la société française », et ainsi limiter les prières de rue.
L’intervention de l’Etat en la matière serait quasiment appelée de leurs vœux par les musulmans eux-mêmes : « Il est intéressant d’observer que la plupart des musulmans trouvent naturel pour un Etat d’organiser la pratique religieuse, au besoin par des mesures fortes, et que beaucoup font même souvent part de leur incompréhension de la neutralité de la France en la matière ».
Le rapport cite même en exemple l’Etat algérien qui « dicte le sermon du vendredi à tous les imams du pays et qui missionne des observateurs (…) qui ont toute prérogative pour les fermer au besoin en temps réel ». Pas vraiment la laïcité à la française.


Benoît GILLES et Philippe PUJOL


Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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isabelle 26/10/2011 08:54



Finalement, notre respect de la laïcité nous joue des tours.


Si les musulmans s'étonnent de la non-intervention de l'Etat dans leurs affaires religieuses c'est qu'ils n'ont rien compris à notre mode de fonctionnement. Et je suppose qu'ils la prennent pour
de la faiblesse, ce qui les autorise à toujours tenter plus.


En attendant, je trouverais assez cocasse le sermon du vendredi dicté par l'Elysée.