Un printemps européen et une fin de l'Euro par - Charles Gave

Publié le 29 Mai 2011

Publié avec l'autorisation de l'auteur : 
Nous venons d’avoir, dans les pays arabes, une série de révoltes et de révolutions qui ont amené a des changements politiques que la plupart des experts considéraient il y a encore quelques mois comme inenvisageables. 
A l’origine de ces bouleversements une réalité toute simple : les pays en question étaient gérés en dépit du bon sens, au profit exclusif d’une caste de profiteurs toujours très proches du pouvoir, les élections étaient une farce, les jeunes malgré des études parfois fort longues ne trouvaient aucun travail, l’économie était écrasée par le poids des fonctionnaires (45 % en Egypte par exemple), le niveau de vie s’écroulait avec le prix des matières premières qui s’envolait, l’endettement tant intérieur qu’extérieur ne faisait que monter, non pas pour payer des dépenses d’investissements mais pour régler les dépenses de fonctionnements … 

Bref, pour tous ceux qui ont vingt ans aujourd’hui dans ces pays là, le futur apparaissait quelque peu bouché, et la solution était de se retrouver dans la rue pour organiser un énorme monôme et demander le départ des dirigeants incompétents. 

Ici ou la , ils y réussirent et il reste bien sur à espérer que les nouveaux dirigeants ne vont pas être pires que ceux qui viennent d’être chassés du pouvoir, ce que le futur nous dira. 

Place à l’Europe de l’Euroland.  Qu’y voyons nous ? 


A Madrid, à Athènes , à Lisbonne, des foules gigantesques défilent dans les rues pour manifester contre la baisse de leur niveau de vie. 
En Espagne, le taux de chômage des moins de trente ans dépasse 40 %. 
En Irlande, en Espagne , en Grèce, les jeunes s’exilent et de ce fait les populations baissent. 
L’endettement des Etats atteint des niveaux cataclysmiques et trois pays Européens sont en faillite déclarée, le FMI ou l’Allemagne leur dictant la politique économique qu’ils doivent suivre. Ils ont donc perdu toute Souveraineté.


Nous voyons des systèmes bancaires a la dérive dans ces mêmes pays, mais aussi dans d’autres qui essaient de faire croire qu’ils sont a l’abri. Si l’Allemagne a accumulé mille milliards d’euro d’excédent commerciaux en suivant depuis dix ans une politique stupidement mercantiliste eh bien cela veut dire que les banques allemandes ont mille milliards de papiers émis par les Grecs, les Irlandais, les Espagnols, les Français ou les Italiens dans leurs bilans.

Qui préfériez vous être ? Le Grec qui a la Mercedes ou la banque qui détient la promesse de payer du Grec ? Le système bancaire Allemand a 450 billions de fonds propres pour 10000 milliards de prêts bancaires, soit un coefficient de Réserves de 4.5 % alors que le minimum d’après Bale 2 devrait être de 8 % Et ainsi de suite…

 
Nous voyons une banque centrale Européenne en quasi faillite puisque son bilan est chargé de papiers qui ne valent pas grand-chose : Un exemple entre mille : la BCE détient 70 milliards d’obligations Grecques achetées a l’émission (c’est-à-dire a 100) et qui valent au mieux 50, ce qui se traduit par une perte de 35 Milliards d’Euro alors que son capital n’est que de 10 milliards 
Nous voyons les déficits extérieurs de la France se creuser régulièrement sous l’effet de la perte de compétitivité que subit notre pays tant pour des raisons internes qu’externes 
Nous voyons l’Italie n’avoir aucune croissance depuis plus de 10 ans 
A l’origine de tous ces désastres, un élément et un seul : ce monstre financier qu’est l’Euro, dernière grande construction technocratique du xx siècle finissant, après le communisme, le fascisme, le nazisme, le programme commun… ultime manifestation de ce qu’Hayek appelait la « présomption fatale », c’est-à-dire l’idée qu’une idée qui a germé dans la tète d’un technocrate et qui n’a aucun rapport avec la réalité pourrait marcher. 
Mais ce que je trouve de plus atterrant, c’est la réaction de la classe politique ou financière dans son ensemble. On a l’impression que tout ce petit monde est un peu comme un lapin pris dans des lumières des phares de voitures. Ils ont bâti un système qui ne peut pas marcher (ce que chacun peut voir) et dont on ne peut pas sortir (ce que chacun commence a déplorer), et ils se sentent faits comme des rats, tout politicien, banquiers centraux, ministres des finances qu’ils soient. L Euro qui était censée amener a la convergence des économies, a la résorption des déficits budgétaires, a une harmonie Européenne parfaite nous a amené exactement aux résultats inverses de ceux qui étaient annoncés par ses thuriféraires. Et pour comble d’embarrassement, ce sont eux , les responsables du désastre qui doivent le régler… et ca , ca me fait plutôt sourire. 

Dans un livre paru en 2003 (Des Lions menés par des Anes), j’avais expliqué pourquoi l’Euro allait échouer, et j’avais décrit les mécanismes qui allaient amener a son échec. Je tiens a assurer le lecteur que je ne tire aucune satisfaction de ce que mes analyses se soient révélées convenables tant les souffrances créées par ce désastre ont été immenses et vont continuer a l’être pendant encore quelques temps 
Mais par contre, je suis très satisfait de voir que cette imbécillité économique va disparaitre tant elle était une machine a fabriquer de la croissance étatique (c’est a dire de la stagnation économique) et a favoriser les mauvais investissements. 


Dans un système de prix libres, les investissements se font en fonction de la rentabilité marginale du capital investi. 


Dans le monde de l’ Euro, comme l’idée de base était que la productivité en Allemagne était la même qu’en Grèce, ce qui n’était pas vrai dans les secteurs concurrentiels , ils se faisaient dans les secteurs concurrentiels en Allemagne et dans l’immobilier en Espagne. Comme je l’avais écrit a l’époque, tout cela va nous amener a trop de maisons en Espagne, trop d’usines en Allemagne et trop de fonctionnaires en France… 
La fin de l’Euro qui se profile est donc une extraordinairement bonne nouvelle. Chaque fois qu’une institution dont le but annoncé est de réduire ma Liberté disparait, je me réjouis et j’achète des actions 
Je prends donc un pari : si l’Euro venait a disparaitre, ce qui parait de plus en plus probable, les marchés des actions baisseraient pendant 15 jours et monteraient pendant 15 ans, ce qui n’aurait rien d’étonnant puisque les actions sous performent les obligations depuis la création de l’euro. 
Un point pour conclure : je refuse depuis des années d’acheter des financières européennes et tout ce qui de prés ou de loin dépend des états en Europe, car nous arrivons à la fin non seulement de l’euro mais de ce que j’ai appelle le social clientélisme. Aujourd’hui les banques sont devenues des machines à financer les déficits budgétaires et donc je n y touche pas 
Et si quelqu’un a du cash il peut le garder en obligations courtes allemandes ou Suédoises, ou en dollars US s’il partage ma conviction que là bas aussi, le social clientélisme touche à sa fin 
Une chose est sure : quand le mur de Berlin est tombé , je me suis réjouis. Vivement que ce nouveau mur tombe également. 
Charles Gave

pour lafaillitedeletat.com le 25 mai 2011 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Nancy VERDIER 29/05/2011 21:29



Ce qui me frappait depuis 10 ans, c'est que la Grande-Bretagne conservait la Livre Sterling. Je me souviens que vers 2002, on avait dit qu'elle avait 2 ans pour se convertir à
l'Euro. Et puis rien n'a changé. Sans doute que les premiers constats de blocage économiques étaient déjà visibles et du coup les Anglais sont restés en Livre Sterling. Cependant leur monnaie a
quand même chuté et l'inflation s'est fait sentir en Angleterre où la vie est très chère. Pendant ce temps, le dollar a également chuté par rapport à l'Euro. Autrement dit, aucune monnaie ne
tient la route aujourd'hui, pas plus l'Euro que le Dollar ou la Livre. La Chine par crainte de ne pas exporter, maintient artificiellement le Yen à un bas niveau. Résultat, le dollar canadien,
jadis inférieur au dollar américain, se maintient bien et au même niveau que le dollar australien. Et le franc suisse continue de grimper (valeur refuge comme l'or).  Mais les questions
monétaires ne sont pas l'économie. Ce qui ne va pas en France, c'est notre taux de chômage, la désindustrialisation,l'immigration à outrance, notre dette abyssale et la convergence
forcée par le système européen avec 27 états qui ont des économies divergentes et disparates. Voilà la vraie folie : une Europe à plusieurs vitesses et une seule monnaie, qui n'autorise
aucune souplesse, aucune dévaluation. Mais comme le dit Charles Gave, l'Allemagne ne va pas mieux, car elle a toutes les qualités que la France n'a pas (industrialisation, peu de chômage,
peu de déficit intérieur) mais ses banques détiennent une partie des dettes des états en faillite,ce qui revient au même. La France est déjà en faillite. Nous fonctionnons au quotidien avec des
prêts bancaires. Les banques, la finance internationale continuent de s'enrichir sur notre dos. Si nous avions le contrôle sur notre monnaie - Banque de France - nous pourrions fabriquer notre
monnaie et régler au moins le problème de cette dette. Avant de disparaître, l'Euro va s'envoler, une dernière fois (grâce aux spéculateurs), puis ce sera la chute finale, en même temps que
d'autres états avoueront leur faillite : l'Italie et la France.  Avec la Belgique qui n'a toujours pas de gouvernement, on peut dire que l'Europe est en lambeaux. je n'ai pas écrit de livres
comme Charles Gave, mais j'avais l'intuition qu'il ne fallait surtout pas rassembler les anciens pays de l'Est sous une même réglementation. Il fallait garder les 6 ou 8 pays d'origine comme
noyau européen et rassembler les pays libérés du communisme dans une organisation annexe avec accords particuliers progressifs. J'espère que les économistes qui se penchent sur ces problèmes
aujourd'hui ont des solutions, des Plans B.  



Claude Germain V 29/05/2011 19:32



Extraordinaire analyse confortée par celle plus recente de Marine Le Pen .Je pense qu'il faut se preparer a une grande surprise ,qui si elle se réalise suivant les prévisions de ce spécialiste
,verra la fin irrémédiable du parti Socialo-stalinien et de son complice l 'UMPS .Que ces messieurs-dames qui nous ont mis dans le pétrin n'esperent pas tourner leur veste .La population
républicaine française a les noms des collabos et il n'y aura pas encore une autre fuite à Varennes .


PS : ici au Pays Basque j'ai eu l'occasion de discuter avec des personnes travaillant dans 2 grandes entreprises locales ,des gens à la Cgt ,Cfdt , Fo et autre Cgc je ne pense pas que ces gens
soient des menteurs ,d'aprés les nouvelles que j'en ai ,a titre individuel, syndiqués de gauche ou de droite ils vont non seulement voter pour ,mais sont sur que Marine le Pen va faire un carton
,et pourtant parmis eux il y a des féroces du syndicalisme ,mais l'exaspération sociale et politique arrive a son paroxisme de colére contre les deux partis complices et traitre à la France,