Un printemps social en 2013 ? Rien n’est moins sûr… par Jacques Philarcheïn

Publié le 11 Juillet 2012

Jacques Philarcheïn - Riposte-Laïque

Parmi tous ceux qui ont voté Hollande, il s’en trouve de nombreux à penser que ce vote favorisera la revendication sociale. Leur raisonnement est simple : mieux vaut Hollande que Sarkozy, parce qu’il sera plus facile de descendre dans la rue, de revendiquer et, le cas échéant, d’obtenir. C’est à peu près ce même raisonnement, d’une indicible naïveté, qui m’a poussé à voter pour une Ségolène Royal, que je détestait pourtant, en 2007, lorsque j’étais encore dans ma naïve période gaucho-républicaine… Mes collègues ont tous ou presque tous voté Hollande en 2012 pour des raisons similaires, des raisons d’intérêt corporatiste (genre : Hollande protègera les enseignants et limitera les suppressions de postes) ou, pour les plus idéalistes, au nom du progrès social interprofessionnel (genre : Hollande sera clément avec tous les mouvements sociaux).

Pourtant, il va bien falloir que toute l’engeance gauchiste atterrisse et reprenne contact avec le principe de réalité. Il existe une foule de raisons pour lesquelles un printemps social à la française a toutes les possibilités de… NE PAS se produire.

1) La première réside dans l’inféodation des centrales syndicales au gauchisme politique.

Loin que les syndicats défendent à présent les droits des salariés, ils ne soutiennent plus guère que les prérogatives du gaucho-mondialisme : immigrationnisme, islamophilie, inversion des valeurs, complaisance à l’endroit de ceux qu’on appelle pudiquement les « jeunes », sans compter leur vieille ambiguïté structurelle, leur amicale inimitié avec les forces capitalistes (les oligarques syndicaux et patronaux ont, par exemple, la fâcheuse habitude de fréquenter les mêmes cercles, voire les mêmes loges, et cela ne date pas d’hier). Les syndicats sont donc devenus de vrais nuisances pour le salariat. Sur le terrain, les syndicalistes de base sont encore capables de gérer des dossiers et de rendre service à des collègues dans le pétrin ; j’ai moi-même fait partie de ces syndicalistes-là. Mais au niveau national, il n’est plus rien à espérer des centrales. Et les syndicalistes de base eux-mêmes, s’ils manifestent souvent un dévouement et un désintéressement qu’il faut saluer, restent malgré tout, pour la plupart, infectés par l’idéologie gaucho-mondialiste. Et ceux qui rompent avec cette religion politique, Pierre Cassen, Fabien Engelmann, moi-même, et d’autres, se retrouvent toujours à la porte du syndicat, soit qu’ils l’aient prise eux-même, soit qu’ils aient été exclus. Dans un tel contexte, il est clair que les syndicats n’appelleront pas à descendre dans la rue contre l’administration Hollande : si Nicolas Sarkozy cristallisait la haine des gauches, François Hollande, lui, apparaît comme le gentil camarade-président normal, auquel les gauches ne doivent surtout pas toucher. Ceux qui rêvaient d’un nouveau Léon Blum et d’un Front Populaire vont avoir le réveil bien rude.

Certes, la crise systémique allant en s’amplifiant, de plans d’austérité en plans d’austérité, il arrivera peut-être un moment où la colère et la revendication sociales ne pourront plus être contenues par des discours lénifiants et des promesses dérisoires. Mais alors, les manifestations prendront une allure encore plus gauchiste, les revendications salariales les plus légitimes et les plus précises cohabiteront avec des mots d’ordre gaucho-mondialistes ahurissants du style « Gardons nos emplois, ouvrons nos frontières » (j’invente bien entendu, mais ces slogans imaginaires sont à l’image de ce que le gauchisme peut produire dans un peuple totalement lobotomisé). On rejouera la farce des Indignés et d’Anonymus en plus grand ; des gourous gauchistes s’arrogeront la direction du mouvement social aux quatre coins des villes ; la revendication sociale sera noyée dans un flot d’imbécillités stériles qui finira par épuiser les grévistes et les manifestants les plus convaincus, ce qui est le but. Sans compter que, social-traître jusqu’au bout, le gouvernement de Normal Premier finira peut être par faire donner la troupe : tant que les coups de matraques et les arrestations n’atteignent point la vraie racaille, mais seulement les doux rêveurs, fussent-ils un peu éméchés, l’administration Hollande ne risque pas grand chose.

Enfin, les patriotes (même les plus sociaux, et j’estime en faire partie) vont-ils rallier des grèves et des manifestations organisées par des syndicats gaucho-mondialistes à genoux devant l’immigration de masse et les pressions de l’islam politique ? C’est très peu probable.

2) La seconde raison réside dans la servitude volontaire, et sociale, et sociétale, des masses.

Cette seconde raison s’agrège à la première. L’Histoire et l’expérience la plus quotidienne montrent que les peuples sont capables d’encaisser des souffrances inouïes sans réagir, et même en bénissant leurs bourreaux. La Boétie nous apprend que les peuples ont l’habitude de se soumettre au tyran avant même que celui-ci n’ait formulé la moindre exigence, avant même, donc, que la tyrannie ne soit vraiment installée. La servitude volontaire est un vice conditionnant, dont la lâcheté n’est qu’une conséquence, comme d’ailleurs l’ignorance, qui, loin d’être un défaut passif, constitue en réalité un aveuglement volontaire, n’étant pire sourd ou pire aveugle que celui qui ne veut pas entendre ou voir. Les gens choisissent leur ignorance et leur lâcheté, avant même que le pouvoir ait installé les moyens matériels de la terreur et de l’offuscation.

Ces considérations un peu générales valent autant d’un point de vue social que d’un point de vue sociétal. L’exemple que je connais le mieux est celui de l’éducation nationale, mais on pourrait le transposer, avec des différences notables il est vrai, à n’importe quelle entreprise privée ou publique.

Commençons par l’aspect social. Les collègues ont systématiquement tendance à accompagner les projets, les uns en protestant pour se donner des airs de révolutionnaires, les autres avec une complaisance qui n’élève pas leur dignité. Sur le mode faux rebelle ou vrai servile, le collègue accepte et approuve ce qui le détruit (dans l’éducation nationale, ce sont toutes ces mesures pédagogistes qui ruinent l’autorité des savoirs et des enseignants). Les exceptions à la règle j’approuve-ce-qui-me-détruit sont rarissimes. Le symptôme de cette servitude volontaire sociale est le déficit chronique de syndicalisation du salariat, et même l’antisyndicalisme primaire et viscéral de ce même salariat. Cela vaut d’ailleurs qu’on s’y arrête un instant.

Le Lecteur va m’interpeler : « Comment, Philarchein ? Vous conservez le fantasme d’une syndicalisation massive du salariat, alors que vous dites le plus grand mal de ces syndicats inféodés au mondialisme, après avoir vous-même quitté FO en claquant la porte ! » En effet, il y a paradoxe. C’est qu’il ne faut pas confondre la démarche d’un patriote qui se dé-syndicalise après avoir mesuré la dérive antipatriotique des syndicats, avec l’attitude irresponsable du salarié moyen, du salarié-masse pour pasticher le style d’Ortega y Gasset, qui crache en permanence sur le syndicalisme tout en profitant du dévouement des délégués syndicaux, et parfois du combat des grévistes, sans jamais donner en retour. La première attitude est un choix politique douloureux (car le syndicalisme reste, dans le principe, une bonne chose créée, dans le sillage du marxisme originel, pour militer contre la misère du salariat). La seconde attitude est celle de l’homme-masse, de l’individu-système qui attend tout du dévouement des autres sans rien donner de son énergie ou de son argent : cette seconde attitude, tissée d’ingratitude et de veulerie, est, à proprement parler, criminelle. Lorsque je demande à un syndicat de me défendre, je me syndique, je prends une carte, éventuellement je donne un coup de main. Ou alors, si je me dé-syndique, j’assume le risque de ne plus me défendre que tout seul. Ceux qui vampirisent le dévouement de collègues engagés et très exposés sans autre gratitude que l’étalage d’un discours antisyndical tonitruant, ceux-là se comportent, au sens strict, en parfaits salauds.

Du reste, sans vouloir refaire l’Histoire, je gage que si les salariés avaient massivement investi leurs syndicats, ces centrales ne seraient jamais devenues ce qu’elles sont aujourd’hui, c’est à dire des cénacles gaucho-mondialistes coupés du réel. Combien de fois j’ai fait la grève, tout seul, pour défendre les droits des enseignants ! Combien de fois ces individus incapables du moindre militantisme, du moindre acte de courage, m’accusait en retour des conséquences de leur inaction (« Vous, les syndicats, vous n’obtenez jamais rien ! »). Voilà pour la servitude volontaire sociale. Le paradoxe est que le salarié patriote finit par adopter le même refus du syndicalisme que le salarié-masse ingrat et veule, mais pour des raisons diamétralement opposées. Lorsque le patriote s’engage au-delà du syndicalisme, l’homme-masse (l’individu-système) reste en-deçà du syndicalisme, très en-deçà.

Puis, il y a l’aspect sociétal de la servitude volontaire. Cela concerne d’autres thèmes, en clair tout ce qui déborde du cadre très limité de la stricte revendication professionnelle. Il ne s’agit plus seulement de salaires, de postes ou encore de retraites ou de sécurité sociale. La question devient plus vaste : quelle société voulons-nous pour nous-mêmes, pour nos enfants ? Cette société multiculturelle, gaucho-mondialiste, sotte, ingrate et sans solidarité nous rend-elle heureux ? Toutes ces questions de fond valent qu’on les pose. La servitude volontaire, sociétale, consiste en ceci qu’on refuse délibérément de se les poser. Souvent les syndicalistes dévoués (j’en ai fait partie) n’échappent à la première servitude volontaire (sociale) que pour tomber dans la seconde, plus profonde encore, plus profondément destructrice des peuples. En réalité, le sociétal est la vérité du social, contrairement à une opinion syndicaliste répandue qui voit dans le sociétal un ensemble d’épiphénomènes insignifiants. Le sociétal ne se réduit pas au mariage homosexuel ou aux modes musicales. La revendication patriotique est éminemment sociétale, puisqu’elle indique et engage un choix de société. Du reste, le mariage gay ou le rap racaille révèlent, eux-aussi, comme phénomènes, comme symptômes, un certain choix de société. Rien n’est insignifiant. Tout fait sens. Et, malheureusement, l’érudition sociale des grands syndicalistes ne permet pas d’analyser ces phénomènes profonds, premiers, plus significatifs en définitive que les remous sociaux.

Ce long développement m’amène à la conclusion suivante : le salarié est, en général, borgne, ou, bien pire, aveugle ; en ce cas, il est doublement esclave, de toutes les servitudes sociales, c’est-à-dire professionnelles, et sociétales, c’est-à-dire politiques. Esclave consentant, au travail, et en dehors du travail. Employé servile, vacancier débile. Difficile d’imaginer alors qu’un peuple de salariés aussi lobotomisés, en définitive aussi indignes, puisse un jour initier un mouvement social digne de ce nom, capable d’améliorer vraiment le sort du salariat. On en revient aux conclusions de la première partie : ou il ne se passera rien, ou le pays sera secoué de manifestations gaucho-mondialistes détournant la grogne sociale vers des revendications infantiles et toxiques. Résultats des courses : rien. Ou alors le chaos.

3) La troisième raison réside dans l’utilisation de la racaille comme garde-chiourme antisociale.

D’où viennent la complaisance et les protections inouïes dont bénéficie la racaille de la part des institutions étatiques, ou même de certaines organisations privées ? Il semble qu’une telle inversion des valeurs ne soit pas seulement imputable au « satanisme » politique animant les oligarchies actuelles, nationales et transnationales. Ce « satanisme » existe sans doute, et il y a tout lieu de penser que des gens omnipotents se délectent, au sommet de la pyramide sociale, de nos souffrances et de nos désespoirs. Il y a une vraie jouissance à contempler les crimes impunis de la racaille lorsqu’on est soi-même à l’abri, un peu comme l’enfant regarde avec fascination le combat inégal d’une mouche et d’une araignée. Nul doute que des mobiles totalement irrationnels, purement psychologiques, je devrais dire psychopathologiques, tissés de sadisme et d’imbécillité, investissent depuis longtemps le cerveau reptilien des maîtres du monde. Nous, peuples européens, peuple français surtout, sommes un parc d’attraction pour oligarques, un jardin des supplices vu d’en haut par des « Illuminatis » qui trouvent ainsi du spectacle et des sensations fortes à peu de frais. Peut-être même que ces facteurs psychologiques, « sataniques », irrationnels, sont antérieurs à tout autres facteurs…

Mais il n’est pas douteux non plus qu’il existe des raisons matérielles, économiques, au devenir-racaille du monde, et il nous faut malgré tout rester un peu marxiste dans notre analyse.

D’abord, la racaille, c’est aussi un marché, et qui rapporte. Il y a les objets achetés par la racaille, qui ne vole pas toujours ce dont elle s’empare. Et il y a toutes les activités commerciales induites par la présence de la racaille, ne serait-ce que le marché de la protection civile, de la sécurité, des armes de défense… Je laisse aux économistes le soin de chiffrer correctement les profits industriels et commerciaux engendrés par l’omniprésence de la racaille dans un seul pays comme la France.

Et puis la racaille, c’est surtout la police de délégation la plus efficace au monde. Des émeutiers pour briser les émeutes, qui l’eût cru ? Le Lecteur se rappellera des analyses du lumpen-proletariat chez Marx : au XIX° siècle, les pouvoirs publics utilisaient les racailles de l’époque pour tirer sur les grévistes et les manifestants, je l’ai d’ailleurs brièvement rappelé aux Assises de l’Islamisation. La racaille est donc une garde-chiourme très efficace pour briser les soulèvements légitimes, quitte à lui laisser perpétrer un grand nombre d’émeutes (celles-là, du moins contenues dans certaines limites, ne frappent que les braves gens, et non pas les oligarchies). En outre, si vous recrutez cette « police de délégation » dans des populations importées qui haïssent ou méprisent nos usages, si vous pimentez les choses d’une bonne dose de violence islamique et djihadiste, votre garde-chiourme sera d’une efficacité maximale. Pour achever votre œuvre, présentez cette racaille comme la victime perpétuelle du racisme, de l’exclusion et du colonialisme occidental, et plus personne n’osera lever le moindre petit doigt contre elle. Du reste, les gens qui écrivent contre elle, moi par exemple, se retrouvent fréquemment en correctionnelle. Si mes souvenirs sont bons, Karl Marx accusait déjà la perfide Angleterre d’entretenir sur son sol une caste de voyous importés d’Irlande, alcooliques et brutaux, qui servaient à briser les grèves des salariés britanniques. Aujourd’hui, nous avons des « Vladimir » qui s’y entendent à merveille pour casser la gueule des lycéens et des salariés dans les manifestations, et, plus généralement, pour paralyser tout un pays sous la chape de plomb de la violence. Et il est probable que les « Vladimir » soit autrement plus efficaces encore que les Irlandais de Marx…

Pour toutes ces raisons, il est difficile de croire à un printemps social en France en 2013. Ou alors, un printemps qui virerait au cauchemar…

Jacques Philarcheïn

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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clemence 11/07/2012 13:00


le syndicats seront débordés par les coordinations, attendez et vous verrez !