Un rappeur apostat devient la cible à abattre d’un jeu en Iran

Publié le 8 Juin 2012

Tout va bien chez les malades du dieu Allah. Chez nous les rappeurs peuvent cracher leur haine, leur racisme anti blanc, anti céfranc, nul curé, nul prêtre de la République ne prononce quoi que ce soit. On devrait leur payer le voyage en Iran. J'ai demandé à une amie iranienne de me traduire le texte. 

Gérard Brazon

http://keyhani.blog.lemonde.fr/2012/06/07/un-rappeur-apostat-devient-la-cible-a-abattre-dun-jeu-en-iran/

Un rappeur apostat devient la cible à abattre d’un jeu en Iran

Le jeu "Tirer sur l'apostat"

Le jeu n'a rien d'extraordinaire: viser l'homme qui apparaît de temps en temps au coin de l'écran et le tuer par un clic. La cible: Shahin Najafirappeur iranien en exil depuis 2005, qui a dernièrement osé chanter une chanson qualifiée de blasphématoire par le clergé en Iran.

Sorti début mai, le morceau s'appelle Naghi, du nom du dixième imam chiite. Dans cette chanson, dont le refrain est "Ô Naghi! Maintenant que l'imam caché dort, nous t'appelons, toi!", Najafi aborde une série de sujets sensibles pour la société iranienne: sanctions, flambée des prix, une récente affaire d'escroquerie de trois milliards de dollars mais aussi des sujets moins politiques tels que la virginité des Iraniennes et les opérations de chirurgie esthétique des seins.

A la diffusion de ce titre, plusieurs religieux ont prononcé une fatwa exigeant l'assassinat du rappeur pour "blasphème". La première autorité iranienne à confirmer l'apostasie de Shahin Najafi a été Mohammad Jafar Montazeri, chef de la Justice administrative, qui a également demandé à ce que le rappeur soit puni pour son acte.

Le site internet "l'Organisation du Pur Art Islamique" a créé le jeu "Tirer sur l'apostat" dans ce contexte."Que tous les amoureux de la famille du prophète Mahomet, qui souhaitent du fond du coeur l'application de l'ordre d'assassinat de Shahin Najafi, puissent s’entraîner", peut-on lire dans la notice du jeu. Pendant la partie, vous gagnez 250 à 500 points de plus chaque fois que vous parviendrez à viser les CD et les microphones qui surgissent régulièrement à l'écran.

Dans le décor du jeu apparaissent les noms des "vrais marionnettistes cachés derrière cette affaire": les chaînes de télé BBC (en persan) ou Manoto (chaîne d'expatriés iraniens, diffusée en farsi depuis Londres), des sites internet comme Balatarin (site collectif, recueillant des liens concernant l'actualité iranienne) mais aussi des services à l'usage des internautes tels que Twitter ou Google+.

Et si jamais vous perdez la partie, on vous félicitera tout de même d'être "mort en martyr". Puis une phrase vous sera adressée pour vous consoler : "Ce n'était qu'un essai! Mais nous le tuerons sans aucun doute, même si nous devons mourir en martyr!"

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

Commenter cet article