Une campagne présidentielle où se déversent chaque jour les mensonges, les ruses et les triples salto. Paul-Marie Coûteaux

Publié le 19 Mars 2012

Par  Paul-Marie Coûteaux

Paul-Marie CoûteauxLa campagne de Nicolas Sarkozy pose à l’idée même de démocratie un problème moral autant que politique : à quoi se réduit l’exercice démocratique quand une campagne présidentielle offre à un candidat majeur une tribune d’où se déversent chaque jour les mensonges, les ruses et les triples salto de plus en plus vertigineux du pur cynisme ?

Les exemples surabondent : il n’est pas supportable d’entendre le candidat Sarkozy promettre qu’il «gouvernera par référendum » alors que, à la différence de ses prédécesseurs, il n’y eut pas recours une seule fois au cours de son quinquennat, et que, sur le sujet, la supercherie du prétendu « mini traité » de Lisbonne a biffé d’un trait le résultat du dernier référendum en date, celui du 29 mai 2005 sur la Constitution européenne.

Il n’est pas supportable d’entendre celui qui n’eut de cesse d’ouvrir les frontières et bat le record d’immigration, remettre en cause les accords de Schengen dont, ministre de l’Intérieur, il fut l’artisan de l’application la plus intégriste; alors que, lors des réunions tenues à Bruxelles au cours de l’automne dernier pour examiner leur révision, la France n’était même pas représentée.
Il n’est pas supportable d’entendre un candidat, en principe au fait des affaires publiques, proposer d’imposer les Français vivant à l’étranger alors qu’il ne peut ignorer que la mesure est inapplicable sans renégocier de multiples conventions sociales avec nos voisins qui ne le veulent pas.

Mensonges, roueries, insolence, mépris d’un peuple dont le président de la République joue la méconnaissance des questions techniques : on passe du grand Guaino au grand guignol.

Marine Le Pen est pleinement justifiée à dénoncer un cynisme qui mine la démocratie. Les défenseurs de la souveraineté du peuple, tous ceux qui gardent en mémoire la rigueur pédagogique du Général De Gaulle, tous les démocrates authentiques savent que la démocratie est aussi une morale et doivent réfléchir à ce phénomène : soit ils font barrage à un candidat pour qui l’élection à la fonction suprême n’a plus rien de sérieux; soit ils le prennent au mot, tendent la main aux patriotes sincères de la majorité, et esquissent les lignes d’un rassemblement souverainiste que seul garantira un large succès de Marine Le Pen le 22 avril prochain.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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