Une crèche va s'implanter sur le marché de Noël à Paris

Publié le 24 Novembre 2011

Par Aude Seres du Figaro

Une crèche va s'implanter sur le marché de Noël après une valse-hésitation de la Mairie. 

Une crèche sur les Champs-Élysées ? Le sujet est sur le bureau de Bertrand Delanoë qui, lundi soir, n'avait pas encore tranché sur la demande de la paroisse Saint-Pierre de Chaillot (XVIe) d'offrir un toit à Marie et Joseph sur la plus belle avenue du monde, dans l'un des 160 chalets du marché de Noël qui a ouvert samedi dernier.

En tout cas, si l'Enfant-Jésus débarque finalement sur les Champs-Élysées, ce sera au terme d'un accouchement pour le moins agité, voire d'un véritable chemin de croix… Aux dernières nouvelles, le maire de Paris ne voit «pas de difficulté» à la présence de santons à quelques encablures de la Concorde, mais à condition que cette crèche n'ait pas «une connotation religieuse trop prononcée.» (Plus faux-cul tu meurs tout de même. ndlr Gérard Brazon)

Difficile, à première vue, pour des santons d'un mètre de haut fabriqués par des religieuses de la congrégation de Bethléem. En réalité, la mairie ne veut pas de prosélytisme. Et a demandé à la paroisse de s'engager à ce qu'il n'y ait ni animations ni présence humaine à côté du chalet. Autant d'éléments qui correspondent au projet d'origine, souligne-t-on à la paroisse. Celle-ci devrait donc accepter ces conditions, ce qui permettrait de débloquer le dossier.

À Reims ou à Strasbourg, la présence d'une crèche sur le domaine public ne pose aucun problème. Mais à Paris, la Mairie marche sur des œufs, notamment après les manifestations de chrétiens intégristes devant le Théâtre de la Ville.

Un chalet mis à disposition 

L'affaire remonte à décembre 2010 : Marcel Campion, le roi des fêtes foraines et Dominique de Causans, vice-président du conseil pastoral de la paroisse Saint-Pierre de Chaillot prennent date pour la mise à disposition gracieuse d'un chalet pour y placer une crèche l'hiver suivant. Selon Marcel Campion, elle figurait bien dans le dossier détaillé déposé à la Ville début septembre. «Mais lors d'une réunion de calage mi-octobre après l'attribution du marché, mon interlocuteur à la mairie m'a opposé un refus pour cette crèche», se souvient le forain. Un refus confirmé à la paroisse quelques jours plus tard. À l'Hôtel de ville, on assure que les «instances dirigeantes de la Mairie n'ont été saisies de ce sujet que très récemment». L'âne et le bœuf qui piaffent d'impatience de crécher face au Pavillon Élysées-Lenôtre devraient bientôt emménager.

Figaro Magazine

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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