Une sénatrice crie famine! Alors, petit rappel des indemnités des élus.

Publié le 22 Juillet 2011

A chaque fois que l'on demande ses revenus à un élu, pour un peu il vous arracherait une larme. Les plus faux cul (le plus souvent à gauche) cache une partie des indemnités. Sans doute parce qu'ils ont un peu honte des discours qu'ils tiennent et la réalité de leur situation. Mais cette sénatrice des Verts, Madame Alima Boumedienne-Thierry du même parti que Cécile Duflot, de la même engeance que Cohn Bendit, Noël Mamère, et j'en passe crie famine. A pleurer...

Gérard Brazon

 

CONFIDENTIEL ATLANTICO:  Avec des revenus supérieurs à 10 000 euros par mois, la sénatrice Europe-Écologie Les Verts, Alima Boumediene-Thiery voudrait convaincre les services de l'Etat que sa situation financière est précaire et contourner les critères sociaux d'admission dans un internat public afin que son fils y soit accepté.

La sénatrice qui se trouvait pauvre... Amusant.

Si, pour François Hollande, on doit être considéré comme riche à 4000 euros par mois, pour la sénatrice Europe-Écologie, Alima Boumediene-Thiery, 10 000 euros par mois ce n'est pas encore assez  !

Cette dame a, en effet, écrit le 26 mai 2011 au ministre de l’Education, Luc Chatel, pour lui demander d’intervenir en faveur de son fils dont la demande de placement en internat dans un collège public sur Paris a été rejetée selon des « critères sociaux ».

« Avis négatif de l’assistante sociale » regrette Alima Boumediene-Thiery dans son courrier où elle s’emploie à expliquer qu’une sénatrice, dans sa situation, a besoin de l’aide de l’Etat pour s’en sortir. « Je reverse chaque mois 1200 euros au parti politique auquel j’appartiens, je paie également un crédit immobilier à hauteur de 1500 euros (…) In fine, je dois vivre avec près de 2000 euros ».

En réalité, le salaire net d’un sénateur s’élève à 5400 euros par mois et surtout, Mme Thiery oublie de rappeler qu’elle bénéficie de 6240 euros de frais de mandat non imposables, hors dépenses de taxis prises en charge par le Sénat. Ne reculant devant aucun argument pour convaincre le ministre, elle confie plus loin ne pas être certaine d’être reconduite dans son mandat au mois de septembre et donc de se « retrouver sans revenus ».

Pour mémoire, le salaire moyen en France est légèrement supérieur à 2000 euros nets selon l'INSEE. Quant au salaire median, il est de 1500 euros nets (50% des Français gagnent moins, 50 autres % gagnent plus).


 

 

Ce que gagnent les élus du bon peuple France

La mise à jour de ce qu'ils gagnent vient d'être faite. Rappelons que ce que gagnent les élus, c'est tout simplement les crédits qu'ils se votent eux-mêmes, sur nos impôts.

 

Vous remarquerez qu'à chaque vote d'augmentation, il ne manque pas une voix, droite et gauche sont tous d'accord, 100% de votes favorables ! Qui dit mieux ?

POUR UN DEPUTE

Indemnité parlementaire 6 720 € 

Crédits pour les collaborateurs 8 469 €

Indemnités de frais de mandat 5 592 € 

Total 20 781 € soit 136 314 F

 

 

 

 

 

POUR UN SENATEUR

Indemnité parlementaire  6 720 € 

Crédits pour les collaborateurs  6 826 € 

Indemnités de frais de mandat  5 592 € 

subvention au groupe politique  1 289 € 

Total  20 427 €  soit 133 991 F

 

 

 

 

 

 

 

 

A noter que ces indemnités sont en augmentation de 2 027,60 €  par mois par rapport à 2002....+ 11 % !

A CELA S'AJOUTENT LES AVANTAGES EN NATURE SUIVANTS :

1) Les crédits pour collaborateurs et indemnités de frais de mandat sont NON IMPOSABLES.

2) Voyagent gratuitement en Première sur l'ensemble du réseau SNCF, plus les prestations de couchage (couchettes et voitures-lits) gratuites, mais demi-tarif pour leur conjoint.

3) Disposent de quarante allers-retours en avion gratuits par an entre Paris et leur circonscription.

4) Disposent de la flotte de voitures du Palais-Bourbon pour leur déplacement en région parisienne, et quand les voitures manquent, disposent des taxis parisiens.

5) Correspondance parlementaire gratuite et peu ou pas contrôlée.

6) Disposent d'un forfait global de communications comprenant à la fois les abonnements à quatre lignes téléphoniques et Internet, et le coût des communications.

7) Peuvent emprunter 500 000 F à 2% sur dix ans.

 

8) Retraite à 55 ans. Mais la pension de député se cumule avec toutes autres retraites pour lesquelles l'élu a cotisé dans le cadre d'une autre activité professionnelle. Pour un fonctionnaire, c'est génial car pendant qu'il est député ou sénateur, son avancement de fonctionnaire se poursuit normalement ! Ainsi le parlementaire fonctionnaire part à la retraite avec sa retraite de parlementaire (minimum 2 591,63 € soit 17 000 F par mois si deux mandats) PLUS sa retraite de fonctionnaire à taux plein, après avancement normal ! Elle n’est pas belle la vie ?

Songons à de Gaulle.

Il était ce qu'il était, chacun en pense ce qu’il veut, mais, quand il est parti après avoir démissionné en 1969, il avait droit à cinq ou six retraites cumulables : général de Brigade, ancien secrétaire d'état à la Guerre sous Paul Reynaud, Ancien président de la République, Président de plein droit du Conseil Constitutionnel, Président de plein droit du Conseil d'Etat, etc.  Il les a toutes refusées, toutes , sauf celle de Général de Brigade, son grade le plus élevé atteint dans l'Armée en 1939, avant d'être nommé secrétaire d'Etat à la Guerre par Paul Reynaud).il a déclaré avoir assez avec ses droits d'auteur de ses Mémoires.

Depuis quand les députés perçoivent-ils ce jackpot ?

il est du plus haut intérêt de le rappeler ici.

Jusqu'au printemps 1983, les députés ne percevaient nullement des indemnités scandaleuses. De Gaulle (dont on peut penser ce qu'on veut par ailleurs, nous sommes bien d'accord, mais il avait quand même de la dignité et un certain sens de l'Etat et du service public) leur avait appris ce qu'est le service de l'Etat ! c'est ainsi que le député de base percevait une indemnité mensuelle égale à la moyenne du plus bas et du plus haut traitement de la fonction publique. Au printemps 1983, cela représentait à peine 20 000 frs/mois soit environ 3040 €.

Mais au printemps 1983, tout changea : les petits nouveaux socialistes, élus deux ans auparavant et qui avaient tant salivé sur l'assiette au beurre pendant 23 ans, de 1958 à 1981, trouvaient en fin de compte la pitance tant désirée bien maigre.....Alors Pierre Joxe, grand méchant loup marxiste devant l'éternel,(fils à papa de Louis Joxe ministre de Gaulle) imagina une double astuce pour faire cesser cette terrible insuffisance. Il n'eut aucune vergogne, car c'est justement au printemps 1983 que le méga coup de massue d'austérité s'abattit sur les français : fin de l'indexation des rémunérations salariées sur les prix, emprunt forcé, tour de vis fiscal, dédit de l'état sur les traitements de la fonction publique (l'accord salarial signé avec Delors en décembre 1982, qui prévoyait une augmentation étalée de 8% pour compenser l'inflation encore très forte de l'année d'avant, fut unilatéralement rompu par l'Etat et remplacé par un blocage sine die, ce qui revenait à baisser ces traitements de 7,5% d'un seul coup, mieux que Laval en 1934...).

Alors pour éviter à nos pauvres petits nouveaux députés les affres de cette austérité qui devait pour de longues années faire s'envoler le chômage et faire réapparaître des miséreux dans nos rues, Pierre Joxe, à la cloche de bois, prit simultanément deux mesures :

1) l'indemnité parlementaire serait désormais fixée à la moyenne des traitements le plus haut et le plus bas des TRAITEMENTS HORS ECHELLE des fonctionnaires (c'est-à-dire du début de carrière de l'échelle-lettre A et du traitement du président de la Cour de Cassation). Comme le début de carrière de l'échelle-lettre A est copieusement plus élevé que le début de carrière du fonctionnaire le moins bien payé, cette disposition entraîna une augmentation mécanique de VINGT HUIT POUR CENT de l'indemnité parlementaire (au moment même où les traitements de la fonction publique étaient bloqués en violation de l'accord salarial signé six mois auparavant). Merci les socialo-communsite!

2) et il était institué une indemnité mensuelle NON IMPOSABLE, du même ordre de grandeur que l'indemnité parlementaire, destinée à financer les frais d'un collaborateur salarié. Aucune obligation n'était prévue pour dire à quel salaire devait être payé le collaborateur en question, si bien que le député pouvait y nommer quelqu'un de sa famille, ou sa petite amie ou son petit ami à un salaire d'un coût de loin inférieur à l'indemnité perçue. Autrement dit, la différence entre les frais réels du collaborateur et l'indemnité pour frais de collaborateur devenait tout simplement, pour le député, un revenu supplémentaire exonéré d'impôts.

En contrepartie, l'indemnité parlementaire devenait imposable....mais seulement pour la moitié ! ce qui revenait presque au même que la situation antérieure non-imposable, pour peu que le député ait une femme et des enfants.

Il faut noter que le vote de ces dispositions à l'Assemblée fut acquis A L'UNANIMITE.

A ceux qui pourraient objecter que les députés ne pourraient plus se passer de collaborateurs (ce qui est faux, mais admettons-le un instant), voici ce qu'il faut répondre :

OK pour les collaborateurs, nous ne voulons pas les mettre brutalement au chômage. MAIS LA PLUS ELEMENTAIRE HONNETETE COMMANDERAIT DE LES FAIRE REMUNERER DIRECTEMENT PAR L'ETAT COMME DES FONCTIONNAIRES D'UN CORPS PARTICULIER QU'IL RESTERAIT A DEFINIR.

Ces fonctionnaires seraient astreints au secret professionnel le plus rigoureux et à la neutralité, privés de droit de grève comme les policiers, et n'auraient le droit d'être affiliés à aucun parti politique ni aucune société secrète. Ils devraient avoir la nationalité française et, à leur recrutement, pouvoir exciper d'un casier judiciaire vierge. Leur devoir de réserve serait total : aucune déclaration publique connectée de près ou de loin à leur fonction. De plus, tout manquement à leurs devoirs ainsi définis entraînerait la révocation immédiate et sans pension.

Ainsi il serait impossible à un député de se mettre dans la poche la différence, nette d'impôts, entre ce que lui coûtent vraiment les collaborateurs et ce qu'il perçoit pour eux.

Une autre solution, si on ne veut pas de fonctionnaires nouveaux, consisterait à ne rembourser aux députés que ce qu'ils ont réellement dépensé pour rémunérer leurs collaborateurs (salaires+cotisations sociales), sur présentation de justificatifs, et bien entendu avec un plafond de dépenses à ne pas dépasser sous peine, pour le député, de payer de sa poche tout dépassement.

Mais dans le cas où on choisirait la seconde solution, il serait indispensable d'interdire à un député de recruter quelqu'un de sa famille directe, c'est-à-dire : conjoint ou ascendant ou descendant en ligne directe.

Mais ce n'est pas tout : ces augmentations phénoménales étant passées comme une lettre à la poste, ces messieurs les petits nouveaux députés furent mis en appétit. L'appétit vient en mangeant, c'est bien connu ! Aussi quelques semaines plus tard, pourquoi se gêner ? l'Assemblée vota A L'UNANIMITE le principe d'un second collaborateur, et d'une indemnité non imposable correspondante, dans les mêmes conditions que pour le premier collaborateur....au départ cette indemnité était un peu moins élevée que celle pour le premier collaborateur (mais rassurez-vous, à peine moins élevée), et cette microscopique différence s'estompa par la suite.

Depuis, les députés, qui se votent eux-mêmes leurs augmentations, ont trouvé le truc pour échapper à l'austérité qu'ils ont inaugurée au printemps 1983 et dont ils n'ont jamais été capables de sortir les français depuis :

Pendant que les traitements de la fonction publique et des salariés du privé augmentaient dans des proportions ridiculement faibles, voire pas du tout (ce qui augmentait très peu l'indemnité parlementaire), ils pouvaient à volonté augmenter les indemnités pour frais de collaborateur. Et ils ne s'en sont certes pas privés ! Ainsi, ils augmentent régulièrement chaque année de 10 à 15% ! Quand on sait qu'elles sont non imposables, et que le salarié collaborateur lui, était augmenté à la sauce austérité, c'est- à-dire à coups de dixièmes de pour cent, il y a de quoi nourrir les plus légitimes révoltes !

Ces mesures Joxe n'ont pas concerné immédiatement les sénateurs, mais ce n'était qu'une question de temps : bientôt, eux aussi eurent droit à cette généreuse réforme...

Pauvre sénatrice d'Europe Ecologie- Les Verts. Toujours aussi faux-culs ceux là!

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Sébastien 22/07/2011 19:57



Je constate que des personnalités politiques ont le culot de se plaindre de leurs situations personnelles, mais je me demande s'ils ont réellement conscience de ce qu'est la véritable précarité
dans notre pays, où il y a des gens qui ne savent pas forcément s'ils vont pouvoir manger un vrai repas demain, s'ils vont pouvoir dormir au chaud. Et c'est le cas parfois de personnes qui
travaillent. Je vous passe en exemple cet article que j'ai lu hier


http://www.midilibre.fr/2011/07/21/elle-se-retrouve-a-la-rue-avec-ses-ados,359192.php


Il y a parfois un grand fossé entre les élus et les citoyens lambdas



berger sophie 22/07/2011 19:50



Je lui ai écris ma façon de penser, faites comme moi


a.boumediene-thiery@senat.fr 



Francis CLAUDE 22/07/2011 19:11



sincérement je la pleind c'est une malade mentale pour oser ce plaindre alors que des millions de français vivent au smic et sans parlé des retraités dont je fait partie...


cela noud fait également comprendre la facilité qu'ils et elles ont a tourner leur veste et accepter le dictats des islamistes pour obtenir leurs voies