Valeurs Actuelles:Lettre aux lycéens par le professeur Bernard DEBRE

Publié le 18 Novembre 2010

Publié le mercredi 3 novembre 2010,  

Vous avez 15 ou 18 ans et vous manifestez contre la loi sur les retraites ; c’est votre droit, bien qu’à votre âge il m’aurait semblé nécessaire que vous appreniez à l’école voire pour certains à l’université, que c’est votre vie que vous jouez aujourd’hui.

Ce que vous n’aurez pas appris maintenant, vous ne l’apprendrez jamais plus ; Le monde est ouvert et la compétition qui est devant vous sera impitoyable.
Les enfants du monde, en tout cas ceux qui ont la chance d’aller à l’école, l’ont compris. Regardez-les penchés sur leur livre, avides de se construire une vie.
Vos slogans m’ont surpris et attristé :
"Je ne veux pas travailler jusqu’à 62 ans !"
Mon Dieu ! Vous voilà déjà si vieux, si jeunes ! Vous n’avez donc le goût ni de la compétition ni de l’effort ? Croyez-vous que le monde va vous attendre ?
Votre retraite, dans cinquante ans, vous y pensez déjà, mais avec les critères d’aujourd’hui ; n’oubliez pas qu’alors l’espérance de vie sera de plus de 90 ans, presque de 100 ans ! Vous vivrez au crédit de la société pendant quarante ans ! Une jeunesse qui n’a plus envie de se battre construira une nation morte.
Ceux d’entre vous qui voudront réussir iront aux Etats-Unis, ailleurs en Europe ou en Chine. Les autres subiront la présence implacable des étrangers qui viendront prendre votre travail. Vous deviendrez leurs serviteurs attristés et amers !
Ce sera trop tard !
Ces slogans que vous répétez sans réfléchir sont vides de sens. Regardez plutôt avec émerveillement le monde qui change, participez aux découvertes, façonnez-le avec enthousiasme, reprenez foi en l’avenir, redressez la tête au lieu de lever le poing.
Votre deuxième erreur, la plus terrible, c’est de croire que ceux qui travailleront un peu plus longtemps vous prendront vos emplois ! Quelle erreur !
Vous imaginez, comme les ..., que le travail se partage, que vous n’aurez que les emplois libérés par les "vieux"… Mais c’est tout le contraire ! Plus il y aura de monde au travail plus il y aura d’emplois. Penser le contraire, c’est ne pas croire en l’avenir ni même au progrès. C’est la marque mortifere d’une nation qui ne croit plus en elle.
Votre troisième erreur ferait sourire si vous ne l’annonciez pas avec conviction.
Vous voulez que les études soient prises en compte dans le calcul de vos retraites…
Voilà la boucle enfin fermée. L’État se charge de tout, de la maternelle à l’université, puis de soixante à cent ans ! Mais pour payer des retraites, il faut que certains travaillent. Simple détail, dites-vous, sans pour autant trouver le moyen de fournir les ressources nécessaires.
Apprenez, cultivez-vous, battez- vous pour être les meilleurs dans ce monde en perpétuelle effervescence ! N’attendez pas que les autres le construisent, vous risqueriez d’être abandonnés sur le bas-côté de l’Histoire.
Cette énergie que vous mettez à manifester, mettez-la au service de votre créativité, de votre intelligence pour être les meilleurs. Moi qui traverse le monde, je suis triste quand je vous entends.
Remettez-vous au travail et surtout n’écoutez pas les démagogues qui se servent de vous comme paravent. Ils vous demandent de tuer la France alors que vous devez la faire vivre et gagner !
(Valeurs Actuelles du 28 octobre 2010)

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Francis CLAUDE 18/11/2010 13:05



merci Gérard de votre réponse mais si vous trouviez une solution pour que vos reponses soient plus lisibles ce serait bien(bleu marinr sur noir dur dur a voir)



Francis CLAUDE 18/11/2010 11:23



Trés belle lettre du bun professeur Debré...en espérant quelle est un peu plus d'inpact que celle aressée a ses anciens étudiants en médecine de religion musulmane...un coup d'épée dans
l'eau!


mais pour les gamins des lycés il me semble que ce sont surtout les parents qui sont a blamer laissant les enfants sans éducation aucune. 



Gérard Brazon 18/11/2010 12:10



Les parents ne sont pas à blâmer parce qu'ils laissent leurs enfants qui sont sous leur responsabilité faire ce qu'ils veulent. La tyrannie comme le jour ou les parents et les maîtres ont peur
des enfants disait en gros Platon.