Victoires progressives de l’islam djihadiste Par Lucien SA Oulahbib

Publié le 19 Janvier 2015

Les interdictions, de fait, maquillées en "annulation" faussement sécuritaires se multiplient, par exemple comme empêcher le film L'Apôtre d'être diffusé parce qu'il parle de la conversion d'un imam au christianisme (même le film Timbuktu a été déprogrammé par un maire UMP); ne parlons pas des rassemblements interdits de Riposte Laïque (18 janvier) ou de Pegida en Allemagne . Et de plus en plus le bouc émissaire semble tout trouvé : ce serait la critique de l'islam (réduite à "l'islamophobie") qui serait au fondement du djihadisme ! CQFD n'aurait pas mieux dit le fameux Monsieur de La Palice dont nous saluons le retour (ainsi Bruno Lemaire : " il faut être ferme envers le terrorisme")…

Alors qu'en réalité c'est bien parce que le monde entier refuse de se convertir à l'islam tout court que le djihadisme trouve sa raison d'être, sa pointe radicale tuant "au nom de Dieu" ce qui est le plus grand des blasphèmes.

Mais loin d'en arriver évidemment à cette conclusion qui soit disant "amalgame" (alors qu'il n'en est rien puisque l'islam n'est pas une race mais un corpus et une pratique) la Secte Sociale-étatiste (SSE) nihiliste et cynique au pouvoir multiplie, en coulisses, les gages de soumission, tout en les maquillant évidemment en village Potemkine avec la façade Charlie Hebdo qui vient ainsi masquer le vide, absolu, d'une pensée et d'une pratique annonçant maintenant un ravalement cosmétique de "la République", la "laïcité", etc,  multipliant depuis lors les journées d'étude et de réflexion inutiles comme appeler à des prêches en français alors que l'arabe est considéré comme la seule langue de prêche possible, tandis que la plupart des mosquées sont financées par des pays pratiquant l'islam radical dénoncé pourtant ; ces colloques au fond servant ainsi bien plus à occuper le narcissisme de la Secte  au pouvoir qu'à trouver de réelles solutions. 

Sa réaction (on ne change pas une équipe qui perd) est somme toute assez humaine néanmoins : certes, sa politique depuis des décennies est à la racine de ce qui se passe aujourd'hui, mais elle ne peut, dans les faits, la contrecarrer puisqu'elle en vit. Elle ne peut donc que gesticuler dans les mots et dans les images, tout en montrant du doigt des bouc émissaires, en agitant le chiffon "extrême droite" au moindre refus desoumission.

Un exemple de sa déroute totale (malgré les succès de librairies) ?… Son analyse de la mobilité sociale en panne -la fameuse crise de l'ascenseur social" qui serait parait-il le volet social principal du repli identitaire multiforme actuel- revient, en fait, à discréditer la volonté d'un jeune à faire boulanger comme son papa alors qu'il est sommé de faire "mieux" que lui (ou comment se moquer également qu'un jeune diplômé puisse préférer l'ambiance de son boulot alimentaire ou qu'une jeune diplômée de la "diversité" arrête sa trajectoire universitaire pour devenir directrice d'une parfumerie) alors qu'ils devraient quitter cette "aliénation" qu'est le "travail" pour "monter", faire partie de "l'élite", ce qui pourtant ne veut rien dire ou alors est purement quantitatif, car souvent il vaut mieux faire le travail dans lequel l'estime de soi est au mieux que de se couler dans un moule asséchant.

Sauf que ce sectarisme au pouvoir a incité le maintien d'un collège unique (unilatéral en fait) dans lequel par ailleurs on s'ennuie (rêvassant alors à devenir dictateur respecté avec harem à la clé dans les califats en gestation) puisque l'enseignement diffusé est de plus en plus lénifiant redondant trompeur réduisant par exemple l'altérité à la différence, au relativisme, au nihilisme excluant la confrontation émulatrice qui affine au lieu de conserver seulement le quant à soi, passant sous silence le refus des États dits "arabes" d'accepter la partition en 1947, refusant de souligner que l'analyse des inégalités et de la mobilité est complètement fausse puisque à ce compte la lutte contre les inégalités est un succès en Corée du Nord ou naguère dans la Chine de Mao étant l'écart bien moindre des revenus réels sous le régime communiste.

Comme quoi l'analyse des écarts n'est pas le seul critère tangible n'en déplaise à un Piketty  qui au fond participe également à cette réduction du réel à quelques paramètres que l'on monte en épingle alors que la hausse des rejets civilisationnels n'a qu'une faible part sociale, les djihadistes en action ne recrutant pas en majorité parmi les plus miséreux contrairement à l'analyse pavlovienne ou behavioriste d'un Plenel décidément en position d'avoir servi sans doute de modèle type pour le livre "Soumission" de M.H.

On dirait donc presque, une semaine à peine après "la-plus-grande-manifestation-depuis-la-Libération", d'avoir atteint en réalité et de plus en plus le degré zéro de la pensée et de l'action.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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