Violences antisémites : l’heure est venue pour les médias de se taire.

Publié le 27 Mai 2014

Dimanche, 13 h 10. À l’heure où je commence à rédiger ce papier, nous ignorons l’identité du tueur de Bruxelles, auteur de la « fusillade » au Musée juif de Belgique. En parcourant les dépêches du jour, j’apprends en outre que deux jeunes hommes juifs ont été roués de coups, samedi soir, alors qu’ils se rendaient à la synagogue de Créteil. Dans les deux cas, doute et prudence sont de rigueur dans les miradors de l’information. Pas d’amalgames… Nous flairons déjà, dans ce silence obtus, la piste du criminel à barbe. Nul besoin d’un profond « décryptage ».

Au Figaro, on parle de l’« incident » et de la « fusillade » de Bruxelles. Au Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, on évoque une « situation inquiétante et persistante due à la stigmatisation d’Israël […], autant que des divagations anti-juives de prétendus humoristes, idéologues, extrémistes de droite et de gauche, tels que Dieudonné ou Soral ». Où étaient-ils, ces ennemis publics, hier soir entre huit et neuf heures ? Ont-ils un bon alibi ?

17 h 45. À Bruxelles, la quatrième victime est morte. La police fédérale belge révèle que l’assassin « est de corpulence moyenne, athlétique et se déplace souplement » ; mais les vidéos ne permettent de tirer aucune conclusion quant à son « profil ». Un témoin parle d’un « barbu de type européen ». Je lis d’autre part que le tireur a pointé directement sa kalachnikov – arme de prédilection des djihadistes – sur le visage et la gorge. Les criminologues appelleraient cela une « signature ». Merah tirait dans les têtes à bout portant.

Le pape, François Hollande et le rabbin Margolin, de leur côté, montrent du doigt « le spectre de l’antisémitisme » – nébuleuse idoine à la confusion des responsabilités. Parallèlement, les victimes de Créteil attestent que leurs agresseurs étaient « deux jeunes Maghrébins ». Surprise de taille. Soral et Dieudonné sont blanchis. Pour éviter tout débordement, cette nouvelle a été fermée aux commentaires.

Lundi, 10 h 05. L’horreur de la « fusillade » a cédé la place à l’horreur du« vote populiste ». C’est ça, la grande menace. Les meurtres n’ont pas été revendiqués. Quelques heures encore, et les victimes seront ensevelies par l’actualité, et surtout par l’abstention des consciences.

Lundi, 16 h 30. À propos des faits de Créteil, le ministère de l’Intérieur diffuse un communiqué qui « ne donne pas de précision sur les circonstances de l’agression ». À Bruxelles, « la piste terroriste est privilégiée ». L’homme serait proche des milieux islamistes radicaux. Signe qui ne trompe pas : il a filmé son crime avec une petite caméra « GoPro ».

La vérité éclate au grand jour : l’heure est venue pour les médias de se taire.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Marie-claire Muller 28/05/2014 17:26


















Dominique, 66 ans assassinée au musée juif de Bruxelles.
Ses amis décrivent une femme discrète, droite, qui avait quitté Paris pour fuir les pesanteurs d'un climat hostile aux juifs.
Baroukh Dayan Haemet






Epicure 27/05/2014 17:27


Que le Figaro fasse des fautes de Français pareilles a de quoi alarmùer sur l'avenir culturel de la France...


Une fusillade est un échange de coups de feux entre deux groupes armés ou bien il s'agit d'une décharge de coups de feu...(neutre) On définit une fusillade  assassinat par une "Exécution par
fusillade"