« Voix des sans voix », le vécu ordinaire de huit femmes des banlieues. par Caroline Alamachère.

Publié le 28 Septembre 2013

Tout se dit sur les femmes des banlieues. Soumises, battues, résignées, rebelles ou apeurées, leur condition suscite les fantasmes les plus vifs, à raison souvent, mais avec des nuances toutefois, des contre vérités aussi parfois, et en tout cas une méconnaissance certaine de la réalité du terrain.

Par Caroline Alamachère pour Riposte Laïque

Olivia Jamont a décidé d’aller à la rencontre de huit de ces femmes pour mieux comprendre leur histoire, leur réflexion sur l’avenir quand on est une femme des cités, leur appréhension d’un monde occidental qui ne leur était pas destiné et la relation délicate, houleuse, pour ne pas dire incompatible avec la culture d’origine qui les étreint tout au long de leur enfance et bien au-delà.

Devant elle-même user d’un pseudo, signe d’une époque où écrire est devenu un exercice qui peut vous coûter cher, l’auteur nous expose sa difficulté à recueillir des témoignages de femmes parfois très méfiantes, réticentes, terrifiées par le danger qu’une telle confession impliquerait si elle venait à se savoir, les autres déversant par contre avec bonheur et soulagement des vérités trop longtemps contenues dans un entretien aux allures de salvatrice thérapie.

Qu’elles soient françaises d’origine, maghrébines, subsahariennes, jeunes ou plus âgées, ces femmes de la banlieue sont pleinement conscientes qu’elles vivent dans des zones sinistrées, ultra machistes et communautaires, des zones de non droit, et qu’elles ne peuvent en aucun cas revendiquer de bénéficier des mêmes libertés que les autres femmes de ce pays même pour des choses aussi basiques que s’habiller comme elles le souhaiteraient.

Certaines ont compris que pour vivre en paix il fallait faire semblant et tricher. Elles ont délibérément choisi l’anesthésie confortable du silence afin d’acheter leur relative tranquillité au sein de leur communauté, faisant le choix du moins pire. Toutes ont témoigné anonymement pour ne pas faire de bruit, pour se protéger d’abord de leurs proches. Mieux vaut vivre aliénée dans un silence douloureusement feutré qu’étaler son mal-être sur la place publique, l’honneur du clan est à ce prix.

« Ma famille ne m’enferme pas dans ma chambre quand je rentre le soir, et on ne m’a jamais forcée à porter le voile. Mais cette paix sociale, je l’ai achetée par mon silence et ma dissimulation ».

Tout se sait et tout se dit dans la cité et les filles qui ne se plient pas aux diktats islamiques deviennent des filles perdues, pourries, en un mot : françaises.

La délation est dans ces quartiers un véritable art de vivre, marquant du sceau de l’infamie ceux qui ne respectent pas les commandements divins, avec la peur inhérente à la pression du jugement de l’autre, la crainte sourde de mal faire, d’être condamné et puni si on sort du rang.

Eriger le non-dit, le mensonge, la dissimulation et la frustration comme mode de vie, voilà ce que génère l’islam. Acheter la paix sociale et sa propre paix est à ce prix. Les filles obligées de porter le voile par poids social, pour l’ordre, pour se prémunir de toute critique, y compris celles ciblant leurs parents.

Et puis cette obsession sexuelle permanente, inhérente aux mâles musulmans, l’œil immédiatement libidineux et la bouche bavant devant une paire de seins pourtant couverts.

Dévaluées jusqu’à être considérées comme des « vagins sur pattes », conscientes du poids et de l’immuabilité de leur condition avec laquelle elles ont dû apprendre à composer, elles savent bien d’instinct que jamais les lois républicaines ne primeront sur la loi ethnique et religieuse du clan et que leur pays d’accueil n’a aucun pouvoir de préserver leur vie.

Elles vivent sur le même sol que nous autres mais dans un monde parallèle, inaccessible de fait aux autochtones incapables d’appréhender des coutumes aussi lourdes à porter que la terre sur le dos d’Atlas, condamnées à la double vie, schizophrènes et mineures  à vie au pays des combats féministes d’antan. Deux territoires pour un même pays…

Nombre de ces femmes rendues fatalistes pour ne pas sombrer dans la folie ou la mélancolie abandonnent en route des études rendues inutiles par la perspective du mariage obligé qui fera d’elles des pondeuses respectables, mais pas pour autant respectées, et des esclaves domestiques.

Salimata n’est pas dupe et constate avec ce qui lui reste d’espoir dans les yeux que la femme musulmane des cités, aussi intégrée et intellectuellement brillante soit-elle, ne pourra jamais s’affranchir de son aliénation culturelle et idéologique, parce que sa route est déjà tracée par d’autres, immuablement. « Vous resterez toujours une des leurs : une Noire musulmane qui devra, à terme, épouser un musulman, faire des enfants, et rester à la maison ».

Elle raconte la transformation, le chemin vers la radicalité de ces jeunes garçons qui, une fois frappés du cancer islamique, génèrent des métastases qui se répandent sur leurs proches, sur leurs sœurs marquées du sceau de la pureté, cette sacro-sainte pureté nécessaire à la cohésion du groupe et à la satisfaction d’Allah. Des femmes véritablement sacrifiées avec la bénédiction des bien-pensants complices et détenteurs autoproclamés des droits, des femmes condamnées au mensonge et à la dissimulation, au nom du respect des cultures, enfin les cultures des autres.

Salimata pleure au souvenir de son amour de jeunesse interdit, remercie de pouvoir enfin parler à quelqu’un d’extérieur à sa cité afin de soulager sa conscience sans la peur du jugement, comme un petit morceau de liberté échappé de ses lèvres.

Elle évoque sa famille qui a tout fait pour la faire renoncer à faire des études. Le coran ne suffit-il pas au savoir ?

Pourtant son dieu qu’elle est censée révérer l’abandonne finalement, comme ses sœurs, dans sa mouise, ce dieu qui n’est somme toute rien de plus qu’un atavique rituel désincarné et mécanique mais furieusement dévastateur.

Le refus d’assimilation est patent, la laïcité par ailleurs totalement inconcevable. Les églises sont honnies et interdites : y pénétrer serait le signe d’une trop grande proximité avec les Français perçus comme des ennemis dont il faut s’écarter. C’est le constat d’Aline, violemment rabrouée chez elle par une niqabée à qui elle faisait visiter son appartement, simplement parce que sa fenêtre donnait sur une église et qu’il était honteux qu’une telle horreur visuelle ne soit pas dûment stipulée dans l’annonce.

Il y a aussi Meryem convertie à l’islam, la « vraie religion », que le seul souvenir de son prénom de baptême rebute. Meryem soutient mordicus que l’amour d’Allah lui est venu de nulle part mais évoque tout de même son amie proche de l’imam et son fiancé musulman. S’auto-enfermant dans son mur de tissu -mais au nom de sa liberté- elle clame son bonheur de s’abandonner dans la pureté et l’adoration, même si parfois cette ancienne étudiante en Lettres s’interroge et doute, des doutes très vite évacués et planqués sous l’opportun tapis de l’abandon de soi à Allah qui lui sait tout et décide de tout.

Meryem ne cache pas un certain mépris pour les non musulmanes seulement préoccupées par leur ego et par les plaisirs matériels, comme si les musulmanes ne couraient pas les H&M et Zara, comme si leurs hommes ne dépensaient pas des fortunes en mobiles dernier cri ou en écrans plats, comme si les trafics de drogue ne se justifiaient pas par l’amour de l’argent, comme si les jeunes ne se trouvaient pas pris « entre la Mecque et l’Iphone », comme si enfin percevoir mensuellement les allocations familiales sans travailler ne relevait pas de l’amour immodéré pour le matériel, pour les bienfaits gratos du monde de ces si égoïstes occidentaux.

Un autre monde enfin, celui de l’école et de ses pressions, les jugements des enfants sur les parents de leurs camarades vite repérés et accusés d’être insuffisamment musulmans jusqu’à devoir parfois même faire intervenir l’imam afin qu’il tranche, les récriminations de parents outrés que leur fille ait été contrainte de tenir la main d’un garçon pour traverser la rue lors d’une sortie scolaire, les élèves qui font des malaises en classe pendant le ramadan mais qu’on laisse à leur triste sort « parce qu’on ne peut rien faire ».

Cette Voix des Sans Voix est le petit rai de lumière de ces femmes des banlieues, ignorées, mal comprises, influençables par nécessité, hostiles parfois, condamnées au silence et à l’abnégation par la peur légitime qu’engendre leur propre idéologie et par le mur épais qui les sépare d’un monde contemporain méfiant par savoir, ou au contraire trop bienveillant par ignorance, vis-à-vis de l’islam et de ses coutumes profondément machistes, sadiques, sclérosantes, agressives, mortifiantes. Ce livre est un appel à l’écoute de femmes emmurées vivantes dans des voiles ou des cages d’escalier. Qu’elles soient musulmanes ou non elles sont condamnées soit à s’en sortir de toute urgence, soit à léguer l’héritage de leur oppression à leurs filles et petites-filles. Voix des Sans Voix est aussi une bouteille à la mer jetée dans un répugnant et hypocrite océan de bien-pensance passif et complice, coupable d’un excès de complaisance et qui, malgré des discours humanisants de façade, se trouve complètement déconnecté du cœur, de la raison, de l’humain.

Caroline Alamachère

Voix des sans voix couverture

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

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mika 28/09/2013 15:29


Et si la Burqa était transparente ? Micro
trottoir (humour)



https://www.youtube.com/watch?v=mWuDgtK6ZbU