Youssef Al Qaradawi : l’homme de l’année par Guy Millière

Publié le 13 Janvier 2012

Divers magazines, en Europe et en Amérique du Nord, ont désigné la personnalité qui leur semblait mériter le titre d’homme de l’année. L’hebdomadaire américain Time a porté son choix sur les « manifestants », ce qui lui a permis d’amalgamer, de manière trouble et porteuse de confusion, les gauchistes du mouvement Occupy Wall Street à New York, les gens du mouvement des tentes à Tel-Aviv, et les émeutiers qui, de Tunis au Caire, et de Benghazi à Damas, ont participé au mouvement que d’aucuns osent encore nommer le « printemps arabe ».

 

Pour ce qui me concerne, j’aurais pu désigner Oussama Ben Laden : il a, de fait, été éliminé d’une balle dans la tête par un commando de Navy Seals, mais, dès lors que l’objectif qu’il poursuivait était l’embrasement du monde musulman, l’avancée de l’islam radical, la restauration du califat et la défaite des Etats-Unis, on pourrait dire qu’il est en train de remporter un triomphe à titre posthume.

 

Le monde musulman s’est effectivement embrasé de manière assez large, et l’incendie va sans doute continuer à se propager. L’islam radical a remporté des victoires probantes. La restauration du califat n’est pas une réalité pour le moment, mais c’est une perspective qui ne semble plus impensable, si on veut bien raisonner en voyant dans le califat, non pas un pouvoir établi de manière officielle, mais un empire officieux, qui règnerait sur les esprits de la communauté des croyants. La défaite des Etats-Unis au Proche-Orient est, pour l’heure, sans appel, grâce aux bons soins de Barack Hussein Obama.

 

Ben Laden étant mort, mon choix personnel se portera sur le chef spirituel des Frères Musulmans : Youssef al Qaradawi. De fait, par ses discours relayés par Al Jazeera partout où il y a des communautés musulmanes sur terre, et tout particulièrement dans les pays musulmans, Youssef al Qaradawi exerce une autorité qui n’a pas d’équivalent à l’époque actuelle.

 

Les Frères Musulmans sont au pouvoir, sous différents noms de partis ou de mouvements, en Tunisie, en Libye et au Maroc. Ils sont aux portes du pouvoir en Egypte et au Yémen. Ils bénéficient du soutien du Qatar et influencent nettement le gouvernement turc.

 

Si le régime Assad tombe en Syrie, ils prendront très vraisemblablement sa place. Le Hamas, qui en est l’émanation, a renoué les liens avec eux, et l’Autorité Palestinienne, sentant dans quel sens le vent se mettait à souffler, s’est rapprochée d’eux en s’ouvrant au Hamas. La monarchie saoudienne ne leur est pas du tout hostile. La Jordanie subit leur poussée, et finira sans doute par céder. Il restera l’Algérie, mais ce n’est, je pense, qu’une question de temps.

 

La position qu’occupent aujourd’hui sur la scène planétaire les Frères Musulmans est le résultat le plus visible et le plus flagrant de l’embrasement du monde musulman. Elle est l’incarnation évidente de l’avancée de l’islam radical. Le chef politique des Frères Musulmans en Egypte, Muhammad Al Badi, a lui-même parlé sans détour de califat, ces derniers jours.

 

Comme l’a noté Barry Rubin dans un récent article, personne, dans la presse occidentale, n’a cité les propos de Muhammad Al Badi. Les journalistes occidentaux préfèrent tenter de parler encore de « printemps arabe », même s’il n’existe plus aucune trace de celui-ci, si tant est qu’il ait jamais existé ailleurs que dans les fantasmes de quelques salles de rédaction et d’une poignée d’heureux et très minoritaires détenteurs de Smartphones, à Tunis, au Caire et à Alexandrie.

 

Nul, parmi les « envoyés spéciaux » occidentaux, n’avait daigné noter le retour triomphal au Caire, sur la désormais célèbre place Tahrir, de Youssef al Qaradawi après la chute d’Hosni Moubarak.

 

Aucun journal, radio, aucune chaîne de télévision en Occident n’a jugé utile de citer la phrase utilisée par Ismaël Haniyeh – le calife de Gaza -, lors de la visite officielle qu’il vient d’effectuer en Turquie : « le printemps arabe se transforme en un printemps islamique ».

 

Ce sont pourtant des paroles pas du tout anodines, et, qui plus est, porteuses de rectitude, d’un point de vue islamique s’entend. J’ai été l’un des premiers, dès la chute de Moubarak, à parler d’hiver islamique. Mais pour Muhammad Al Badi, Ismaël Haniyeh, Youssef al Qaradawi, c’est effectivement le printemps. L’été suivra, et il promet d’être chaud.

 

Si le régime Assad tombe, la suite est déjà écrite. Si le régime iranien devait lui-même choir, la perspective du califat se rapprocherait également de Téhéran. Et Youssef al Qaradawi est son porte-voix. Ses relais sont innombrables : en France, l’UOIF est affiliée auxFrères Musulmans, mais ce sont des « islamistes modérés », comme on dit à l’UMP et au Parti socialiste, bien sûr ; aux Etats-Unis, le CAIR, principal groupe de pression musulman, est lui-même affilié aux Frères Musulmans.

 

Un journaliste américain de talent, Daniel Greenfield, qui tient le blog Sultanknish a dépeint l’année écoulée comme « l’année où nous avons perdu l’Afghanistan, l’Irak, la Turquie, l’Egypte, la Tunisie et l’essentiel du Moyen Orient », et son énumération participe d’une description lapidaire mais exacte.

 

La défaite des Etats-Unis ainsi décrite s’est accomplie grâce aux bons offices de Barack Hussein Obama, disais-je.

 

Cela non plus n’est pas dit par les media occidentaux. Pour des commentateurs occidentaux réputés sérieux, c’est donc un hasard si Barack Obama a prononcé une série de discours sur l’islam ayant culminée au Caire, en juin 2009, en présence de ses invités d’honneurs : les représentants des Frères Musulmans.

 

C’est aussi un hasard si Barack Obama a mis toute son ardeur à pousser Ben Ali, puis Moubarak vers la sortie, avant de se consacrer à aider Nicolas Sarkozy à éliminer Kadhafi. C’est encore un hasard, si Barack Obama fait la démonstration d’élans fraternels vis-à-vis de Recep Tayyip Erdogan et a reçu Nouri Al Maliki au moment où il abandonnait l’Irak, contre l’avis de l’état-major américain.

 

Un hasard, si l’administration Obama tient les Frères Musulmans pour des interlocuteurs légitimes et coopère avec eux de plus en plus étroitement ? C’est un hasard, enfin, si, avant de laisser à nouveau le pouvoir aux talibans en Afghanistan, Barack Obama a choisi un intermédiaire pour mener les négociations : qui n’est autre que Youssef Al Qaradawi lui-même !

 

On observe que le hasard fait tout de même admirablement les choses ! Et si c’est le hasard, Youssef al Qaradawi le maîtrise vraiment très bien. Barack Obama le maîtrise assez bien lui-même. Sauf aux yeux des aveugles heureux de l’être et de le rester, bien entendu.

 

Guy Millière

 

@Metula News Agency

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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island girl 13/01/2012 22:42


 Cette vieille momie braillarde ...l'homme de l'année ! ridicule ! comme l'hypocrite détestable prétencieux Barack qui déteste les europeens mais qui ne fera plus long feu ...yes,he can GET
AWAY !