Yusuf al Qaradawi: « Il faut obéir au Prophète, même s’il commande de tuer ». Traduction Nancy Verdier

Publié le 6 Décembre 2012

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par  
Raymond Ibrahim 4 décembre 2012
Traduction Nancy Verdier 

Originally published by the Gatestone Institute.

 

 

Dr Yusuf al-Qaradawi, l'un des membres les plus influents du clergé islamique dans le monde, auteur de plus de 100 livres sur la doctrine musulmane, directeur de l'Union internationale des savants musulmans, et chef spirituel des Frères Musulmans, soutient que les musulmans doivent obéir aux commandements de Mahomet, prophète de l’islam, jusqu'à commettre des meurtres. Serait-ce le même Dr Qaradawi que des universitaires américains comme le professeur John Esposito de Georgetown (professor John Esposito ) ont congratulé pour s’être engagé dans une «interprétation réformiste de l'islam et de sa relation à la démocratie, le pluralisme et les droits de l'homme »?

Passée inaperçue en Occident, cette déclaration a été faite par Qaradawi il y a deux ans dans son programme arabe populaire, Al-Sharia wa Al-Haya (la "charia et la vie") (Al-Sharia wa Al-Haya) , diffusée par Al-Jazira pour une audience estimée à 60 millions de personnes dans le monde.

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Qaradawi appelle à une obéissance aveugle au prophète Mohamed - jusqu'au meurtre

Vers la fin de l'émission, l'animateur a demandé à Qaradawi ce qu’il pensait de la déclaration que le cheikh Ahmad Hassoun, grand mufti de Syrie, avait faite auparavant à une délégation américaine: «Si [le prophète musulman] Mohamed m’avait demandé de rejeter le christianisme ou le judaïsme, c’est lui que  j’aurais rejeté »

Visiblement ému, Qaradawi a éclaté en ces termes:
 Aucun savant de l'islam ou même musulman moyen ne prononcerait jamais de telles paroles. Si vous croyez que Mohamed est le messager d'Allah, alors vous devez lui obéir - car il n’ordonne que ce qui est bon. Donc, même s’il vous dit de tuer, vous devez le faire -... L'histoire de notre prophète Moussa [Moïse], quand Al-Khidr tue le garçon et que Moussa  dit: «tu as tué et tu as fait ! » Mais ensuite [Khidr] révèle  pourquoi il a tué le garçon, et pourquoi il a percé le bateau. Donc, nous ne pouvons pas déformer les faits pour plaire aux gens. Puissent les gens se satisfaire  de la Vérité [les enseignements de la charia], et  non des enseignements mensongers.

 

Le Grand mufti de Syrie a dit beaucoup d'autres choses concernant sa bonne volonté envers les chrétiens ce qui a suscité la colère de Qaradawi. Par exemple, devant un grand rassemblement chrétien en Syrie, où il était invité comme conférencier, il a insisté qu'il n'y avait pas de différences entre les chrétiens et les musulmans:

Si le christianisme est de croire en un seul Dieu, je crois en un seul Dieu ; si le christianisme est de croire en Jésus, je crois en Jésus ; si le christianisme est de croire dans le Nouveau Testament, alors je crois dans le Nouveau Testament ; si le christianisme est de croire en l'Ancien Testament, alors je crois en l'Ancien Testament ; si le christianisme repose sur la croyance que Marie était une vierge pure, intacte de l’homme, je crois en sa virginité ; et si le christianisme est de croire en la résurrection, alors je crois en la résurrection -  alors quelle est la différence entre moi et les chrétiens?

Qaradawi, en réponse à ce discours pour le moins égalitaire, a offert une doctrine parfaitement musulmane, ce qui confirme que, oui, l'Islam croit en toutes ces choses, mais en fonction de ses propres récits, et non pas en fonction de ceux de la Bible, qui, selon les enseignements du Coran, ont été déformés. Par conséquent, si les musulmans croient en toutes ces choses que le Grand mufti de Syrie à  mentionnées, ils ne croient pas dans les principes fondamentaux du christianisme, comprenant la Trinité, la divinité du Christ ou de la résurrection et l'expiation des péchés -  par conséquent, ils rejettent le christianisme, tel qu'il est compris et pratiqué par plus de un milliard de chrétiens.

Quant à croire dans les Ancien et Nouveau Testaments, le Coran revendique qu’il y a eu jadis des "vraies" versions, mais que les textes actuels qui sont en notre possession et qui sont de plusieurs siècles plus anciens que le Coran lui-même, ont été "corrompus" (y compris, par exemple, les principes fondamentaux susmentionnés du christianisme). Ainsi, les seuls «authentiques» restes du christianisme et du judaïsme sont ceux racontés par Mohamed dans le Coran, - où l'on rencontre de nombreux sosies, comme Isa, très différent de "Jésus" qui n'a jamais été crucifié et sera de retour pour briser tous les crucifix chrétiens et tuer tous les porcs.

 

En effet, c'est cette propension musulmane à créer des personnages «parallèles» fondés sur des personnages bibliques qui explique la justification de Qaradawi à assassiner les gens dans l'obéissance aveugle au prophète. Sa référence à "Musa", fondée sur le Moïse hébreu, est une référence à une histoire - peut-être enracinée dans le Roman d'Alexandre du 3ème siècle et popularisée par le film d'arts martiaux des années 1970, le Cercle de fer -  qui, néanmoins, se produit dans le Coran, et doit donc être acceptée littéralement.

Selon le récit du Coran (18:65-82), Musa cherche al-Khidr -  «l'Homme Vert», qui possède des pouvoirs de la vue - et lui demande s'il peut suivre et apprendre de lui. Al-Khidr accepte à contrecoeur, à condition que Musa ne remette pas en cause les actions de  l'Homme Vert, jusqu'à ce que ce dernier choisisse le moment de révéler la portée de ses actes.

Cependant, l'Homme Vert commet d’étranges choses – tuant au hasard un jeune garçon et détruisant le bateau des braves gens qui ont contribué à la traversée – ce pourquoi Musa exige des réponses immédiates. L’Homme Vert explique finalement qu'il a tué le garçon parce que ses parents étaient de bons musulmans, tandis que le garçon était un infidèle qui les aurait accablés par ses transgressions ; et il a détruit le bateau des bonnes gens, car un roi était sur le point de s’en emparer de toute façon.

Telle est la vision alternative du monde et le système de valeurs de l’islam. Tout comme il a introduit des personnages parallèles fondés sur des figures chrétiennes et juives, l’islam a de la même manière, introduit un système parallèle d'éthique et de morale – système qui ne doit pas être remis en question, car, comme le montre l’Homme Vert du Coran, qui sommes-nous mortels pour savoir à quels bienfaits ces soi-disant actions bizarres ou meurtrières mèneront ? Seul le prophète d'Allah le sait -  c’est pourquoi il doit être obéi aveuglément, même s'il vous ordonne d'assassiner.

Ce qui nous amène à un autre parallèle, meurtrier dans ses implications: Tout comme un général occidental dont l’ordre de tuer ne peut être remis en question par ses soldats, - dans l'Islam, les ordres du «général» Mohamed ne sont pas sujets à question par le milliard et plus de musulmans à travers le monde, qui tous deviennent, selon l’érudit en chef Qaradawi, des «soldats» de l’islam, toujours prêts à tuer pour leur général-prophète.

 

Gatestone Institute

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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