PACTE REPUBLICAIN: mode d'emploi

          J’ai souvent entendu, bien trop souvent entendu l’expression pacte républicain. Comme beaucoup de Français, je pensais que cette expression venait de l’histoire de France, de nos vaillants ancêtres postrévolutionnaires. Liberté Egalité, Fraternité trois mots qui allait bouleverser l’Europe à défaut du monde.

Robespierre, Danton, Saint Just, Desmoulins, Madame Roland, etc. Tous ont fini sur la guillotine comme celui qui était devenu le représentant facile de l’oppression absolue : le Roi.

Le pacte républicain scellant le passage d’un temps d’oppression et d’injustice à un temps de liberté et de bonheur ? Tous les scolaires (je l’espère) savent que la 1er République se termina dans le sang de la terreur. Plusieurs milliers de morts dans les grandes villes. Le sang coulait à flot, et les noyades de l’ami Carrier à Nantes furent gigantesques par leur nombre plus de 10 000. Voici ce qu’il disait : ici on emploie une toute autre manière pour se débarrasser de cette engeance (les catholiques vendéens) On met tous ces coquins dans des bateaux qu’on fait couler ensuite à fond. On appelle cela « envoyer au château d’eau ». En vérité si les brigands se sont plaints de faim, ils ne pourront pas se plaindre au moins qu’on les fasse mourir de soif (...) Le pacte républicain serait-il basé sur un crime contre l’humanité ? Un crime jamais dénoncé par nos bonnes âmes qui l'auraient oublié? Eux, si prompte à dénoncer les crimes de l’esclavage et de la colonisation. C'est impossible voyons.

- Ce n’est donc pas la 1ère République qui a inventé ce pacte républicain.


La 2ème
dura si peu et son Président s’appelait le Prince Président Louis Napoléon Bonaparte. Il a rétabli le suffrage universelle abolit par les Républicains.

- Ce n’est donc pas la 2ème République qui a inventé le pacte républicain.


La troisième République s’installa sur les débris d’un empire qui avait amené la France à l’égal de l’Angleterre et fit de la France un pays moderne à travers sa révolution industrielle: les chemins de fer et la profonde transformation des villes comme Paris. Avec, certes, comme en Angleterre, les injustices sociales qui allaient avec.

Pour mémoire, il fallut attendre 1893 pour concrétiser par les lois de Jules Ferry, les projets de Victor Duruy sur l’école gratuite. Avec comme différence notable qu’elles devaient êtres laïques. Mais avant lui, il y eut les lois Guizot qui déjà scolarisaient la majorité des enfants de France en 1882. Jules Ferry ait une icône de la république mais il ne fût pas le seul et il n’était pas parti de rien. La république s’installa donc en catimini à la suite de l’amendement Wallon à 1 voix près.
La France en 1873 était monarchiste et non républicaine. Le sait-on ? La France du peuple se moquait bien du pacte républicain. L’assemblée était composée de Bonapartiste, de légitimistes et d'Orléanistes. Quelques républicains élus surtout dans les grandes villes. L’héritier de la couronne impérial (Napoléon IV) se fit tuer dans l’armée anglaise en Afrique du Sud. L’héritier de la couronne royal (Henri V) refusa la couronne pour cause de drapeau blanc. Donc, la république comme un pis allé. La troisième dura soixante quinze ans et se termina par le désastre de 1940. Bien pire que celui de Sedan qui ne fût jamais pardonné au second empire. La fuite des Députés socialistes et l’installation de Philippe Pétain avec leur aval.

Est-ce dans cette république que s’instaura le pacte Républicain ? Pas plus.

Car en fait qu’est-ce que c’est le pacte républicain de nos jours ? Il n’a jamais été défini. Il ne figure dans aucun texte constitutionnel. Il se résumerait nous disent nos biens pensants d’aujourd’hui, sur à la générosité de la France, sur son accueil fraternel des miséreux, sur sa tradition de l’immigration et d’intégration ainsi que sur l’asile politique. Ce pacte s’appuierait sur le fameux triptyque : Liberté, Egalité, Fraternité vu plus haut auquel s’ajoute désormais la Laïcité. Mais en fait, ce pacte est très récent dans sa conception. Il est une vue d’une gauche dictatoriale sur la pensée politique. C’est George Orwell qui disait que la gauche est antifasciste mais pas antitotalitaire.

           Sous la troisième république les socialistes de l’époque tenaient des propos et avaient des idées qui les positionneraient dans le camp de l’extrême droite aujourd’hui.

Prenons le cas de l’étranger. Il ne fût pas toujours ce "sans papier" cher à la gauche d’aujourd’hui.

C’est Paul Colliard ministre socialiste de la troisième République qui émet le 31 Décembre 1918 une circulaire : réservant dans tous les cas aux travailleurs nationaux les emplois que ceux-ci sont aptes à remplir et n’accueillir les demandes émanant de travailleurs étrangers que sous cette réserve expresse qu’il n’y saurait être satisfait tant qu’il est possible de répondre à l’aide de la main d’œuvre nationale aux offres d’emploi dont disposent les offices (Maison de l’emploi de l’époque)

C’est bien une loi de la république française du 22 juillet 1923 sur « l’encouragement national à donner aux familles nombreuses qui s’adresse aux familles de nationalité française qui résident en France avec au moins trois enfants en dessous de treize ans.

C’est une loi de 11 août 1926 voté à la quasi unanimité par la chambre. Uniquement son titre vous donnera une idée de ces socialistes et radicaux-socialistes de l’époque et sur la pensée profonde de la république française. Loi en vue d’assurer la protection du marché de travail national » Les dispositions sont draconiennes pour l’étranger.

- Interdiction à un employeur d’embaucher un étranger qui ne possède pas une carte d’identité avec mention travailleur.

- Interdiction à un étranger d’occuper une autre profession que celle pour laquelle la carte de travail lui a été accordée.

- Obligation faite à l’employeur d’inscrire sous 24 h les travailleurs étrangers sur un registre spécial.

Monsieur Jean Lerolle Député démocrate chrétien déclare : il n’est pas admissible que des travailleurs français soient privés de travail dans les usines, les ateliers ou les magasins, alors que des travailleurs étrangers occupent leur place.

C’est Edouard Herriot radical-socialiste qui fait voter le 10 août 1932 une loi de protection de la main d’œuvre française. Tous les étrangers devront être munis d’une autorisation spéciale.

Imaginez les réactions de nos bien pensants si la droite évoquait seulement le fait, la possibilité d’une protection des travailleurs français face aux clandestins que la gauche s’évertue à appeler "sans papier".
Alors le pacte républicain cher à nos socialistes d’aujourd’hui est-il un héritage des socialistes d’hier ? La droite naturalise 100 000 étrangers par an (en 2008, idem en 2009) Elle a régularisé 30 000 clandestins. Gageons que si nous étions sous la troisième république et sous un gouvernement de gauche de l’époque, cela aurait été impossible.

C’est Charles Lambert membre du parti radical (Parti de la dame Taubira) qui disait en 1931 au sujet de l’immigration : il est injuste que des ouvriers français puissent être dépossédés de leur emploi ou privé de leur pain par des ouvriers étrangers. Diable !

C’est Paul Ramadier du groupe socialiste député de l’Aveyron on ne conçoit pas que la frontière soit encore ouverte à certaines introduction d’ouvriers étrangers. Raciste Paul Ramadier ?

Je passe sous silence la note précises faîte aux préfets de Camille Chautemps pour obtenir le plus de renseignement possible sur les travailleurs étrangers. Il n’y avait pas la CNIL ni la HALDE.

La gauche donneuse de leçons devrait revoir ces classiques.

Le 03 Mai 1936 c’est la victoire du Front populaire. Tandis qu’Hitler réarmait l’Allemagne le gouvernement de gauche du Front populaire nationalisait. Ce furent à cette époque de grandes avancées sociales. Congés payés, délégués du personnel, les quarante heures, etc. Tandis que la gauche se souvient de ces conquêtes sociales, elle oublie le pendant. Toute médaille à son revers.

C’est Roger Salengro ministre socialiste de l’intérieur qui répond à une question posée sur les expulsions d’ouvriers étrangers de Lorraine. Les décisions prises à l’égard des étrangers expulsés à la suite des incidents de Moyeuvre-grande (Ville minière en Moselle) ont toutes étaient motivées par des raisons graves : l’attitude particulièrement violente des intéressés qui, parfois, ont manqué de correction (sic) la plus élémentaire à l’égard des autorités locales, justifie pleinement de telles mesures. On pourrait sourire au regard des manifestations agressives et parfois violentes d’aujourd’hui sans compter les agressions de policiers par des étrangers.

Même l’expulsion est considérée comme une double peine alors que, pour la gauche de l’époque, elle allait de soi. Autre temps autre mœurs. Il n’y a que la mémoire socialiste qui a flanché.

Ou est le pacte républicain ? C’est le même socialiste Roger Salengro héros de la gauche pour cause de suicide qui, dans le même discours, répondait : il (le gouvernement) ne saurait tolérer que des étrangers abusent de l’asile qui leur est offert en intervenant dans les conflits politiques et sociaux. Même Jean Marie le Pen ne le dit pas.

C’est toujours le même socialiste Roger Salengro qui refuse d’accueillir des étrangers fuyant le régime nazi. Je pourrai vous énumérer un certain nombre de texte de cette eau là. De Jean Jaurès, de Léon Blum en passant par l’article dans l’Humanité en première page signait par Jacques Duclos en 1935 : la France aux français. Serait-il nauséabond ce journal communiste de l’époque ?

Pourquoi s’en étonnait puisque c’est le même Jacques Duclos qui négocia en 1940 à la Kommandantur allemande situé à l’hôtel Lutétia la réapparition du journal l’HUMANITE interdit par la troisième république pour cause de défaitisme. Les même qui collaborèrent jusqu’en Juin 1941. Ce qui vaut pour l’étranger vaut également pour d’autres dossiers. On n’est pas responsables de ses grands-parents diront les uns. On n’est pas non plus obliger de faire comme si ils n’avaient pas existé.

La gauche n’a donc pas de leçon à donner mais elle ne s’en prive pas. Après tout, la droite aime prendre des claques. Même quand elle est au pouvoir, elle favorise et nomme des hommes de gauche à des postes d’excellences.

Aujourd’hui, la gauche et les associations inféodées à celle-ci se réclament du pacte républicain, des grands principes républicains. Mais de quoi parle-t-elle ? De ce qu’elle ignore ou ne veut pas se souvenir. La République n’a jamais été, aussi loin que l’on puisse remonter, la bonne fille accueillante de l’Europe. Celle ou l’on peut venir et faire bombance ou pour le moins y trouver un statut, des services médicaux gratuits, des services sociaux et des allocations diverses. Non pas que je conteste le fait qu’un homme malade ne puisse pas être soigné sous prétexte qu’il est étranger mais simplement que la France n’a pas à rougir et qu’elle a aussi le droit de dire NON lorsqu’elle estime devoir le faire. Comme le faisait la gauche avant guerre quand elle gouvernait y compris au moment du Front Populaire. Un Front populaire qui était aveugle vis-à-vis de son voisin allemand et qui à fait de la France de l’époque une armée sans arme derrière une ligne Maginot inutile. A la débâcle, elle se lava les mains à Bordeaux et vota les pleins pouvoirs à un vieillard de 84 ans, Philippe Pétain. La suite nous la connaissons tous.

Non la gauche et les associations inféodées ne devraient pas se sentir le droit de dénoncer des prétendus dérives fasciste alors qu’elle-même, en son temps, avant guerre et pendant de longues années, a gouverner dans l’intérêt de la France en se préoccupant des français.

C’est donc une politique qu’elle devrait juger fasciste si ce parti et ses inféodés étaient cohérents. Mais ils devraient dénoncer Léon Blum, Salengro et même Jaurès.

Léon Blum, Maurice Thorez et Roger Salengro le 14 juillet 1936


Imaginons si ces hommes revenaient au pouvoir aujourd’hui. Imaginons leurs réactions face à la montée du communautarisme. Face à l’islamisation rampante qui se fait actuellement. On peut affirmer qu’à leurs yeux, sans trop se tromper, le Front National passerait pour un parti de modérés.

Comment ne seraient-ils pas étonnés voire stupéfait de cette idée du regroupement familiale voulu sinon exigé par l’ONU, mis en place par la droite (Giscard et Chirac) qui a transformé l’immigration de travailleurs contrôlés en immigration de repeuplement avec toutes les conséquences culturelles et cultuels que l’on connait aujourd’hui.

Ce qui me fait dire, qu’en dehors de toutes considérations de personnes, j’aimerai bien que nos assemblées retrouvent, des hommes ayant ce sens de l’état et l’amour de la patrie chevillé au corps. Même si ils n’étaient pas non plus des anges et qu’ils aient commis de graves erreurs.

Toutefois, je ne peux m’empêcher d’ajouter que la France, de Charles VI à Napoléon III fut une grande puissance militaire et culturelle, une référence dans le monde quoiqu’en dise la gauche bien pensante et les bobos. La république, depuis 1875, après avoir vécu sur les acquis de ces centaines d’années monarchiques, en fit un petit pays dans une Europe dominatrice dont même sa langue est en pleine perte de vitesse. Alors, le pacte républicain ?

Gérard Brazon

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